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RÉSUMÉ MENSUEL, HISTORIOUE ET POLITIQUE DE TOUS LES ÉVÉNEMENTS

Par ALEXAIVDRli: DUllAS».

Mit* Ft'M»»ce et l' Kuroite, avnttt, ye»»€la)»$ ^t âpre» te *A février.

Los clfciions soiil icimincts d;ins toute la Fr.Tiicc, nuiis les (;iecleuis d'un grand nombre do déparlemeiiis .nuront encore à $(; réunir pour donner leurs sulTragcs à di; nouveaux ix'pié.-,enianis, ks membres du gouvcrneineni provisoire, le généra! Cavaigiiactl plusieurs anlns iionorables dépuus, ayaul reçu plusieurs mandats.

M. de Laniarliue a éié élu député onze l'ois.

Nous formons un vœu bien sincère pour CCS nouvelles élections. Nous souhaitons qu'elles ne donnent pas lieu à ces scènes de violence, à ces collisions sanglantes qui ont signale la première application du suffrage universel; nous sonliaiions (pie la réunion de l'Assemblée nationale, annihilant les pouvoirs extraordinaires des délégués du miiiisicic de l'inléricur, donne aux populations une garaniie contre les fraudes cl le sysièine d'intimidation qui ont réagi sur les votes.

Le gouvernement provisoire est- il donc sans force? N'ose-t-il doue pas eondaniuer ou ré|)rimer la révolte? Quoi, le sang coule dans les dépaitenn'nis, la garde nationale s'aime pour le maintien de l'ordre et la défense du pouvoir, et, en récompense de son r.èle, on l'insulie, on la menace, el les di-

recrours de la France républicaine gardent le sili-nce!

Qu'est donc devenue votre énergie,' RL Ledru-Rollin? Comment voire amour de l'ordre a t-il disparu, M. de Lamartine? Qui vous a fait oublcr à tous deux votre devise républicaine de liberté, d'égalité el de fraternité? Votre voix, que le peuple a trouvée si éloquente, alors que vous flétrissiez les ab';s du régime auquel vous avez subsiiiué le votre,' a-t-elle donc perdu sa force, el n'avez-vous pas pu articuler aujourd'hui votre cri d autrefois:

— Respect à la volonté du peupU;, respect aux suffrages donnés par les citoyens!

Citoyens minisires, ou aura un compte terrible à vous demander, Limoges est aux mains d'une population eu délire, Rouen a dans ses hôpitaux quarante blessés et pleure onze citoyens fi appés par leurs frères. A Elbœiif, la lutte entre les habitants, la garde nationale el la ligne dure encore, A Nantes, à Casiel-Sarrazin, à SiGirons, à .\miens, partout, les exécuteurs de vos instructions ont semé la discorde et provo(|ué la collision.

Il ne nous est pas encore donné d'apprécier l'ensemble des élections, mais il doit cependant satisfaire les amis de l'ordre, les véritables républicains, si l'on s'en rap-

(*) M. .Mcxandre Dumas, ayant voulu Riire un journal ï la portée de tous, a mis te prix de ce journal k orATHB FBA5CS p.ir an.— S'adn?sser,/fa«co rigoureniemcnt,^ U.RRioNiBn, 26, rue Neuve- Yivienno.

porte anx colères <î«e le résuiiat des voles exciic purmi ceux qui placent la souveraineié du peuple dans la violaiioa des lois.

Le générai Ciiangarnier remplace Te général Cuvaignac en Algérie.

Le général Cavaignac motive son rappel sur k: désir qu'il manifeste de prendre part aux .travaux de l'Assemblée.

Le gouvernemcmeni provisoire,

Considérant que le principe de l'égalité implique l'uniformité de costume pour les citoyens appelés aux mêmes fonctions, Arrête :

« Les rcpiésenianis du peuple porteront l'habit noir, le gilet blanc rabattu sur les revers, le pantalon noir et une ceinture tricolore en soie garnie d'une fi ange en or à graines d'épinard. Ils auront à labouionjiièie gauche un ruban rouge snr lequel seront dessinés les fasceaux de la République.

• Fait en conseil de gouvernement, le' 30 avril 18i8. •

Il y a beaucoup à parier que pas un des représentants ne prendra le costume décrété par le gouvernement provisoire, et qui n'est ([u'une mauvaise contrefaçon des modes de 1794.

2 SIAI.

Parts. — L'agitation la plus vive troublé Paris et les provinces, elle se manifeste danà certains clubs par des paroles; dans plusieurs journaux, [lar des premiers Paris ; au grand jour, par des publications de placards incendiaires.

Les républicains de la veille sont mécontents. Que voulaient-ils donc? n'oni-ils pas vu sortir de Turne électorale tous les noms qu'ils avaient recommandés à l'attention publique? Ils semblent craindre que la République soil mise en cause. Ils aspirent à la dictature, et pour avoir dans maint dépariemcnl imposé leurs candidats à l'a majorité des électeurs, ils veulent, poiirsuivant leur œuvre, imposer leisr progr anime à l'Assemblée nationale. Mais l'Assemblée n'a iien à craindre ; l'Asscniblée trouvera son protecteur naturel dans Je jieuple, dont elle est l'élue, et, malgré /a pyôclamalion des Droits de l'homme, qui prend pour pobit de départ 1 793 ef Twbcsptérre, proclaniaiion signée par J\L Ariiiaiid Barbèsj colonel de légion et représenrani diLuciiplp, l'Assemblée marchera,

nous l'espérons, dans une voie droite el sage, el les factieux ne pourront pas l'arrêter.

On parle de la démission du général I)uvivier, qui veut renoncer au commandement de la garde mobile pour suivre les séances de l'Assemblée.

Une députation des blessés de février s'est présentée ce matin à dix heures au ministère de l'intérieur, pour réclamer le règlement définitif des récompenses nationales. La députation a été renvoyée au président de la coramiS»lon dont le siège est au Luxembourg.

Les communistes sont maîtres de Limoges. Ils ont désarmé la gai'de nationale. Le commissaire du dépav*' <nent a dû partager son autorité avec une commission, dans laquelle »e ti'ouvent les sieurs Villegoureix et Dussoubs, instigateurs des troubles , à ce que l'on prétend.

Le comité a imposé aux habitants un emprunt de 700,000 francs; on ne laisse publier qu'une seule feuille politique, le Peuple, organe avoué des communistes.

L'honorable M. Tixier, nommé représentant, s'est énergiquement refusé à céder son mandat à l'un des deux membres du comité.

La question des subsistances jette !a ptiiurbaiion dans l'arrondissement d'Av( snes. A Villeneuve (Aveyron), un rassemblement a brîilé l'urne électorale et pillé la maison du président du bureau. A Saint- Jean-PicJ-dePort, les habitants arrachent un déserteur des mains de la gendarmerie. A Ninries, le résultat des élections fait couler,le sang dans les rues. La villc"esren état de siège. ■ ■ : o .;

ti'a' tranquillité est réiablie dans Rouen. M. Dussarcl a remplacé M. le commissaire Deschamps.

Ou a découvert à Marseille une conspiration formée par le club des Travailleur* </ç la Montague. Seize individus armés ont été. arrêtés dans une maison au CheniiniVeuf de la M.-;deleine. On a trouvé un grand nombre d'armes et de munitions.

Les prévenus ont été conduits au fort Saint-Nicolas. Le but de la conspiration était d'annuler les élections par l'anéantissemeul des voles.

3 haï.

Nous ne comprenons rien à ralliiude du gouvernemeni, qui semble vouloir, sous prélexie de modération, tenir une balance égale entre la répression et l'cmeute, quand la portion sage de la population s'indigne de l'audace des perturbateurs.

Quand elle fait justice par le dédain des placards furibonds des agitateurs qui veulent nous ramener aux errements de h\ vieille démagogie, ou quand elle arrache ces afllclies incendiaires, comnieni le gouvernement n'agii-il pas? conimeni ne sévil-il pas contre les proclamaiioris du club Blanqui? comment laisse-t-il couvrir les murailles de Paris de demandes semblables à celles que nous reproduisons :

La Société re'puâlïcaine centrale au gouvernemeni provisoire.

« Citoyens, « Lîi contre- révolution vient de se baigner dans le sang du peuple. Justice, justice immédiate des assassins!

« Nous demandons :

« 1° La dissolution ci le désarmement de la garde bourgeoise de Rouen ;

« 2° L'arrestation et la mise enjugenifenl des générau.\ cl des officiers do la garde bourgeoise et de la troupe de ligne qui oui ordonné et dirigé le massacre;

« 3° L'arrestation et la mise, en jugemeul des soi-disant membres de la cour d'appel, séides nommés par Louis-Philippe, *iui, agissani au nom et pour le compte de la faction royaliste victorieuse, ont emprisonné les magistrats légitimes de la cité, ei rempli les cachots de républicains ;

« W L'éloignemcnl immédiat de Paris des troupes de ligne, qu'en ce moment même les réacteurs dressent, dans des banquets fratiicides, à une Suinl-barthélemy des ouvriers parisiens.

« Pour la société républicaine centrale, les membres du bureau,

« L.-A. Blanqli, président; « C. Lacambrc, D.-M.-P., vice-présid.; Flotte, u-ésorier; Pierre Béraud , Loroué, G. liobert, secrétaires ; Lacbambaudie, Croasse, Pujol, Juvelui jeune, Brucker, Fombericaux, membres du bureau. »

La salle des séances de l'Assemblée nationale a été ouverte au public aujourd'hui : quarante ou cinqiiante mille personnes l'ont visitée. Près de sept cenis siaUe» sont déjà

marquées pour les représentants. Sur la première banquette de gauche, au pied dô la tribune, les neuf stalles sont pour une partie des membres du gouvernement. La banquette de droite est destinée à M.Al .Lamartine, Arago, Créniieux, Carnoi et les secrétaires du gouvernemeni provisoire.

Voici l'ordre du Jour de demain; il est émané des bureaux de la questure :

ASSEMBLÉE KATlO>ALE.

Ordre du jour du Jeudi U mai lSi8.

« A midi, séance publique, réunion di s représentants du peuple dans la salle des séances.

« Aune heure précise, introduction des membres du gouvernemeni provisoire et des ministres.

« Installation du bureau provisoire.

«Immédiatement après, réunion dans les bureaux pour l'examen des pouvoirs.

« A trois heures, repiisc de la séance publique, vérification des pouvoirs, scrutins, s'il y a lieu, pour la nomination d'un président, de six vice-présidents, de six secrétaires et de trois questeurs.

« Installation du bureau déOnitif. »

Le gouvernemeni provisoire vient de décréter l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, et de tracer nn règlement pour l'administration de ces contrées.

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