G;irnier-Pagès, 715 • S. Marie
h. De Lamartine, 643 • 5. Ledru-Rollin, hôS »
M. de Lamartine a dû faire bien des réflexions, en se voyant placé le quatrième, sur mie liste dressée par l'Assemblée, par la France, que l'Assemblée représente, ni que naguère deux millionsdevoix semblaient proclaraerle soutien, le sauveur de la République.
Une portion de l'Assemblée, sans doute, a voulu faire pnyer à M. de Lamartine le prix de son alliance avec M. Ledru-Rollin.
Un discours de M. Louis Blanc a ramené sur le tapis la grave et diflïcile question du travail.
Les tliéories socialistes qui échouent ressemblent un peu aux religions incomprises qui avortent : les apôtres qui n'ont pas réussi succombent à la tentation de se poser en martyrs. C'est un mauvais rôle lorsqu'il est sans périls ; M. Louis Blanc a pu s'en apercevoir aujourd'hui. Le monopole qu'il semblait vouloir usurper, en s'atiribuant comme une sorte de privilège la défense des intérêts du peuple, a suscité contre lui les énergiques protestations de TAssemblée entière.
L'insuccès de ses expérimentations du Luxembourg a de plus réagi snr l'accueil que l'Assemblée a cru devoir faire à sa proposition de créer un ministère da progrès et du travail.
Pour romb'e de disgrâce, M. Louis Blanc a attiré à la tribune un véritable ouvrier, M. Peupin. La manière dont il a récusé le ministère du progrès jusqu'à ce qu'on lui ail démontré l'existence d'un ministère de la routine, et surtout le brevet d'innocence qu'il a décerné à la commission du Luxembourg, en disant qu'après tout OH n'est pas coupahle quand on na rien /ait,- tout cela, exprimé avec l'accent d'une sollicitude toute fraternelle pour les classes laborieuse s, a excité les profondes sympathies de l'Assemblée.
11 UAI.
Pari». — Les quintumvirs ont nommé leurs ministres, ce sont:
Affaires étrangères: M. Bastide; soussecrétaire d'Etat, M. Jules Favre ;
Intérieur: M. Recurl ; sous-secrétaire d'Etat, M. Carteret;
Justice : M. Crémieux; Instruction publique : M. Carnot; soussecrétaire d'Etal, M. Jean Reynaud j ' Guerre, par intérim : M. Charras; Marine : le vice-amiral Casy ; Agriculture et commerce : M. Flocon ; Finances: M. Duclerc; Cultes: M. Beihmont ; Travaux publics : M. Trélat.
On s'étonnera sans doute en France el à l'étranger que les hommes choisis par MM. Lamartine, Arago et leurs collègues ne soient pas d'une plus haute notabilité, et qu'ils soient, tous ou presque tous, à leurs débuts en administration. Mais il ne faut pas oublier que la grande considération aujourd'hui, pour être quelque chose, c'est de n'avoir rien été.
Tous les journaux de Paris produisent la note suivante qu'ils sont invités à publier :
- Une imposante manifestation se prépare en faveur de la Pologne, samedi prochain 13 niaL Tous les clubs de Paris doivent porter ensemble une adresse à l'Assemblée nationale.
« Les amis de la Pologne sont invités à se rendre le samedi, à onze heures, place de la Bastille.
« Le cortège se mettra immédiatement en marche en suivant les boulevaids.
• Des mesures seront prises pour que le plus grand ordre soit observé. •
Le Moniteur publie ce soir lo décret suivant de la commission du pouvoir exécutif :
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
La commission du pouvoir exécutif. Décrète :
• Le citoyen Pagnerre, représentant du peuple, est nommé secrétaire du pouvoir exécutif ayant voix délibérative dans le conseil des ministres.
• Fait en séance, à Paris, le 11 mai 1848 .
« Les membres de la commission du pouvoir exécutif:
« Arago, Garnier-Pagès, JIarie, « Lamartine, Ledhu-Rolun. •
Aujourd'hui, le pi^ésident de l'Assemblée a lu à ses collègues la lettre suivante de la commission du pouvoir exécutif :
- ni -
« Ciloyen président,
• Les membres de lu commission du pouvoir exécutif ont reçu le message par lequel l'Assemblée nationale leur notifie oflîciellcmenl leur nomination. Pleins de reconnaissance pour celle baute marque de confiance, et pénétrés du senliment des devoirs que cette confiance leur impose, ils vous prient d'exprimer à l'Assemblée ce double seuiimcni qui les anime.
« Appuyés sur la toute puissance de l'Assemblée, animés de son esprit, puisant leurs lumières d;\ns ses discussions, leur force dans sa souveraineté, ils imprimeront prompiemeut à la République l'impulsion régulière, modérée, mais irrésistible, qu'on doit aiiendre de la mission que vous leur avez confiée un moment pour le salut du peuple.
• Signé : Abago , G.vrxier-Pagès, Marie, Lamartine, Ledku-Rollih.»
- Deux colonnes des grands journaux sont consacrées au programme de la grande fête, qui doit avoir lieu le li mai, au Champ-de-Mars.
Au lieu de donner celte description, nous renvoyons nos lecteurs aux comptesrendus des fêles de Prairial, Floréal, Fructidor et Vendémiaire.
Toujours le même plagiat des temps passés. Aous aurons les bœufs à cornes dorées, les chœurs de jeunes filles. Les vers ne seront pas de Chéiiier ou de Lebi un ; la musique ne sera pas écrite par Gossec : voilà toute la diOérence.
Pari*. — Encore une séance à peu près nulle. Trois heures ont été consacrées à discuter la nomminatioii des membres de la commission chargée de rédiger la constitution.
Le nombre 18 est adopte, et les représentants qui feroni partie de lu commiasioD seront élus pai* vote de scrutin dans l'Assemblée.
M. Napoléon Bonaparte a demandé le dépôt des pièces diplomatiques qui se rattachent aux affaires de Pologne et d'Italie.
Ce soir a eu lieu, au bazar Bonne-Nouvelle, dans le local de l'ancien Concert- Spectacle , riiianguration du Club det Femmes. \]dc foule nombreuse de curieux et de curieuses se pressaient longtemps
avant huit heures pour pénétrer dans l'enceinte où des femmes devaient venir plaider la cause de leurjpropre émancipaiioa.
La pièce suivante a été placardée hier dans quelques quartiers de Paris. Os placards étaient déchirés au fur et à mesure qu'ils étaient apposés sur les murs, excepté toulefois dans le quartier Saint-Sulpice, où une rixe assez grave s'est engagée entre quelques citoyens, les uns ayant à plusieurs reprises essayé de lacérer ces attiches, les autres étant aposlés pour veiller à leur, conservation :