APPEL .UIX DÉMOCRATES SOCIALISTES
« Les mauvais citoyens, ceux qui ne veulent rien faire pour le peuple, s'unissent pour maintenir l'égoïsme.
• Les bons citoyens doivent s'unir pour amener la fraternité.
« Ah nom de l'humanité, que tous ceux qui ont pris à cœur le triomphe di; la démocratie sociale viennent à nous.
• Quel que soit le nom de 1 homme qu'ils préfèrent, comme représentant les principes, qu'ils viennent, car les principes sont tout.
• Réunissons-nous vendredi 12 mai, ii midi, salle et jardin Dourlans, boulevard Bezons, barrière de l'Eioile.
« Provisoirement, qu'il lie vienne à cette assemblée préparatoire que les chefs de barricades, membres de bureaux ou délégués des clubs déniocraiiques.
• Salut et fraternité!
•Bennier, peintre ; Lagage, plombier^ Delbon, sculpteur; Sobrier, BeaovAis, voyageur, etc., et.»
On voit aujourd'hui l'afTiche suivante sur tous les murs de Paris:
DOUZIÈME LÉGIOX.
' « Gardes nationaux !
• Si le citoyen Barbes persiste à refuser sa démission de colonel, notre devoir est de demander sa destitution à l'Assemblée nationale.
• Organisons une manifestation.
«Alexandre Sublet,
• 69, rue Saint-Victor,
• 2* compag., 3" bataill., 12* légion.»
C'est, sans doute, une pétition q«e M. Sublet veut dire.
15 lIAi.
Paris. — La iPte de !a Fràierniie n'aura pis lien demain 14 mai : le préloxic donné par !c goiiveincnient, dsi que ions les ilélégnés ries provinces ne soni pas ariive's. Ut! bi uil sonnl, qui court par la ville, parle d'un mouvement n'ira-révolulionnaire qui devait avoir lieu au milieu de la Idlc, cl (jiic l'on voudrait comprimer.
La question polonaise préoccupe tons les espriis. A chaque gouvernement qui s'établit en Frau'.e, celle fatale question de l'ologne est la pierre de touche avi'C laquelle on réprouve. Aujourd'hui, M. Va- ¥in a déposé sur le bureau de nondireuses pétitions tendant à ce que l'Assemblée fasse, au nom de la France, une déclara- Uï)n rornielleet surtout elllcace desessyriipaihies en faveur de la Pologne.
Une certaine agitation règne dans Paris. Sur pltisiijurs points, les oiiviiers se rétiuisseni et demandent une intervention à main armée; ils onl, assure-t-on, l'iniention de prés nter à la Chaajbre une pétitian à ce t>ujel.
Le rappo! a été battn ; mais les caisses de deux tambours ont été crevées rue Gudol-de-Ma(i!oy (t rue Tronchet.
A une (n'ure, les délégués des groupes cm fait remeliro le texte de cette péii'ion, dont il était question, à M. Bûchez, président de la Chanibre.
BIM. Luiiiennais et Olinde Rodrigucs ont publié chacun un projet de constitution.
Les fonfi« continuent de tomber : le 3 pour 100 et;l à 46 fr., le S pour 100 à 68 fr. 25 c. —
Le bruit avait couru que le général Négrier avait bit apponer neuf cents fusils :\ la Chambre. Le Siècle démenl cette nouvelle. —
Un jourr:.il publiait aujourd'hui la déclaration suivante :
AUX OtIVniERS.
. « On lisait le 25 févi ier sur les murs de I^aris:
lif'ptihlique fraitçaife.
• Le goiivernenieni de la République
• française s'engai;,e à garantir l'exisience « de l'ouvilfir par le travail.
• Il recoa.'iiît que tous les ouvriers doi- « vent s'as&.)cier entre eux pour jouir de ce
• bénéfice légiime de leur travail.
• Le gouvernement provisoire rend aux
• ouvriers, auxquels il apparliciii, le mil-
• lion qui va échoir de la lisic civile.
« G.AHN(F.n PAr,i:s, maire de Paris ;
• Louis Blanc , l'un des secré-
• taires du g.mvcrncmtMil pro- " visoire. »
• Les promesses f:iiles sur les harricailes n'étant pas accomplies, et l'Assemblée nationale ayant refusé, dans la séance du 10 mai, de constituer un ministère (\i\ travail et du prog: es, les délégués ont décidé à l'imanimité qu'ils n'iraient pas à la fêle de la Concorde.
• Pour les délégués, les membres du bureau :
• Lagaiîdk, président; Besnard, Coom, LAVovE,vicpprésidenis; LEFAmE, Délit, Pi;tit, secrétaires.
• Paris, le 11 mai 1868. •
Nous commençons à croire que le général Négrier a m tort de ne pas faire porter les neuf cents fusils en question à l'Assemblée nationale.
Il est dilficilc de vivre dans une tranquillité plus apparente et dans une agitation plus réelle (jiie celle où nous vivtms. Paiis, avec toutes les apparence d'une bonne santé, est rongé par la fièvre. Chacun s'aborde en se demandant ce qu'il y a de nouveau, et s'étonne qu'il n'y ail rien.
Attendons, c'est l'orage; le premier coup de tonnerre nous dira d'où il vient.
ïh MAI.
Nous sommes avec les ultra-révolutionnaires dans une singulière dissidence.
Nous prétendons, nous, que l'Assemblée nationale, composée en partie des commissaires de M. Ledru-Kollin, el élue sous la pression de ces commissaires, nous prétendons que l'Assemblée nationale sera, avant trois mois, trop républicaine pour la Franee^ mais, humbles serviteurs du vote iniiverse!, nous attendons que le vote universel, cette suprême sagesse du pays, viennecortiger dans une seconde et par une seconde élection l'erreur de la première.
Les ultrarévolutioimaires pensent comme nous, que l'Assemblée nationale n'est pas l'exacie représenialion de l'opinion du pays; seulement eux la regardent comme en arrière de l'opinion du pays.
En conséquence, voilà ce qu'ils proposont sérieusemenl :
Une seconde ( hambie, une convention,
le mot est rxpressif, nommée J)nr ïfs ohtbs de Paris et de In pioviiice , charg(''e de pousser, de i)r('sser. d'îiipjuilloiiner l'Assrnibiée natioii.ilc; nn <'liib de jncob'iis en grand, siégeaiii duiis la même chambre, el ayant toujours la nouvelle chambre sons !a maîn, pour la faire marcher à sa faniaisie.
La proposition est tout bonnement insensée.
Nous avons parlé d'orage ; quand l'orage te prépare , les nuages courent en loui sens; d'où vient le vent en réaliic? impossible de le dire; seulenieiii quand deux nuages se rencontrent , il y â éclair et foudre.
Un des nuages courant, et ccries un des plus gros et des plus chargés d'élecii it:iié politique, c'est l.i question de Pologne. Aujourd'hui, au milieu des aniches qui constellent tous les matins les murs de Paris, on lit celle-ci :