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PROVINCE

Bordeaux. — On lit dans le Courrier de la Gironde :

• M. Emile Thomas a quiné notre ville hier malin, en compagnie des deux officiers de paix qni l'avaieni accompagné à Bordeaux. M. Emile Thomas a pris la roule de Paris.

<■ Kons ignorons si c'est par sympathie pour les agents de police de la République que M. Thomas s'en retourne comme il élati venu, entre les deux mueis de 1\I. Trélai, ou bien si c'est par suite dL- force majeure. •

Les nouvelles d'Allemagne et d'Italie

-sont sans importance aujourd'hui; nous

nous coatenterous de signaler le progrès

que l'insurrection continue de faire dans

les Calabres.

VENDUEDI 9 JUIN.

Soixante-dix-liuit mille électeurs ont envoyé à l'Assemblée nationale JVIM. Ptoudhou, Pierre Leroux et Lagiange.

Ces soixaiiie-dix-huii mille électeurs ont volé comme un seul homme ; c'est donc soixunie-dix-huit Tiiille républicains rouges que nous avons à Paris.

C'est moins que nous ne croyions.

Examinons les, non plus comme des volants, mais comme des combattants, car c'est ainsi qu'il faut les examiner, attendu qu'un jour ou l'autre il doit nécessairenieni y avoir combat.

Mettons parmi ces soixanle-dix-lniit mille votants : ^

Dix mille vieillards qui ne peuvenl porter les armes;

Dix mille incertains qui se laissent entraîner à voter pour la république rouge, mais qui ne se laisserout pas enlratucr à se battre pour elle;

Vingt mille polirons.

C'est quarante-cinq mille combattants valides qui restent.

Comptons donc sur (juaiante-cinq mille agresseurs, et tenons-nous prêts à repousser l'agression.

On assure que le gouvernement est résolu à ne pas laisser entrer Louis-Napoléon à rAsscmblée nationale; comme cette résolution serait une éiTurme fayte, il y a tout lieu de croire qu'elle est déjà arrêtée d:rus son espiil.

La commission exéeutive a demandé au-

jourd'hui, à litre de vote de confiance, un crédit de cent mille francs par mois, pour frais de bureaux.

Cette demande est renvoyée aux bureaux.

Les attroupements sont à peu près dissipés.

ÉTRANGER

Lojidres. — La nouvelle de l'arrestalioa de AVilliams et autres .ngiiaieurs, s'est répandue avec la rapiJiié de l'éclair dans les camps des confédérés et des chortistes. Ils sont restés consternés, car ils ne pensaient pas (|ue le gouvernemeiit oserait empêcher les meetings et punir ceux qui y prono»ceiaienldes discours. Deux des chefs arrêté» avaient été nommés commissaires la semaine dernière pour organiser certaias districts ilans la métropole.

Diverses pétitions sont présentées à la reine, pour la prier de vouloir bien ordonner que les lois soient appliquées dans toute leur sévérité aux chefs charlistcs et aux partisans de leuis meetings. Les pélilitionuaires désirent que les réunions charlistf-8 soient prohibées.

Hier, il n'y a pas eu, dans la soirée, de meetings dans Farringdoa Hall.

Hier au soir, huit cents à mille chai listts se sont réunis dans Wehber-street, pour entendre une leçon de M. Vernon, sur la question de la propriété foncière. Après la leçon, plusieurs discours \iolenis ont été prononcés et vivement applauilis. Un des orateurs ayant recommaiulé à l'assemblée d'employer la persuasion, a été mal a«ciieilli. On lui a répondu que la force morale ne valait ricu; qu'on l'avait employée trop longtemps, et que c'était ainsi que la police avait pu arrêter M. Jones et d'autres chefs.

« Croyez-vous, continue l'orateur, que, n'étant pas mieux orgaiiisi's que vous ne l'êtes aujourd'hui , l'emploi de la force physique serait prudente? (Cris : Non!

non !) Mais lundi prochain nous serons mieux organisés. •

Le président, avant de lever la séance, a déclaré qu'il panageaii l'opinion de l'orateur; mais qu'il pensait que si la force morale ne snfûsaii |>oint, il faudrait recourir à la force physique. Que l'emploi de la force physique éiait nécessaire, maintenant qu'il y avait un J. Mitcliell Anglais, M. Ernest Joues, que les espions de la police avaient arrêté, et que le devoir des

cliariisles était de délivrer leur ancien ami M. E. Jones.

L'assemblée s'est séparée après avoir donné trois vivais à J. Mitchell et trois vivats à Ernpst Jones.

Un corps considérable d'agents de police se trouvait aux environs du lieu de la réunion, prêt à intervenir si l'urdre avait été troublé.

Einest Jones, l'un des meneurs chartisles, a éié arrêté à Manchester, en venu d'un mandai délivré par M. Jardine, magistrat de Bow-sireei. Le maire de Manchester avait rrçirdu ministère de l'intérieur une notification qui le requérait de prêter main-fcrte à rexéculion du mandat. I\I. Beiwitk, premier surintendant de police, a accompagné l'inspecteur llaynes à Ihôtel des Armes de Mosley, où se trouvait Ernest Jones. Il s'est rendu sans la moindre l'ésislance, et il a été conduit en voilure à la station du chemin de fi r, puis amené à Londres. Les agents de police ont saisi ses bagages, sur lesquels on a apposé les scellés.

Il y a quelques jours, M. le comte et Madame la comtesse de Ncailly, et tous les exilés deClaremont ont visité Twidicnham. La nouvelle de l'arrivée de la famille, s'est bientôt répandue. Un grand nombre de personues qui, eu d'autres temps, ayaieni reçu des preuves de bienveillance de Louis-Philippe, se sont empressés autour du monarque déchu, lui offiant leuis hommages. Parmi ces personnes était un vieux pensionnaire du royal exilé.

Lonis-Phili('pe a causé familièrement avec lui; cet homuie a dit à l'ex-roi qu'il était cabareiier, et qu'il tenait l'auberge delà Couronne , à Twii kenham. — Eh bien ! l'ami, a dit en souriant Louis-Philippe, gardez-la bien (la couronne) ; j'ai essayé de la garder, moi, mais j'ai été forcé de la lâcher.

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