‹ Le MoisChapitre 32 sur 75 · SAMEDI 10 JUI · texte numérisé non relu

SAMEDI 10 JUI

Paris. — L'Assemblée nationale est enlenrée par un développenieni inusité de forces militaires. De son côté, la foule des curieux est nombreuse.

Oii attend le prince Lonis-Napoléon.

Le nouveau député a été nommé dans trois départements, le pouvoir exécutif s'effraye de cette déniouslraiion, qui, en effet, est pour lui des plus, significatives. Quand, il y a trois mois, toutes les voix dé-

signaient M. de Lamartine comme le futur président de la Républiquî, on ne pensait pas au prince.

Au reste, cette opposition que fait sourdement le pouvoir exécutif au député de Paris, de l'Yonne et de la Sarihe, est bien maladroite. Celle terreur visible du gouvernement, à son endroit, est un piéde>ial autour duquel la population se groupe. On vomirait fermer au quatrième membre de la famille Bonaparte l'entrée de la Chambre, dont M . Thiers vient de franchir bien nicleslement le seuil.

M. Thiers est allé s'asseoir vis-à-vis le banc des minisires , juste en face de M. Flocon.

L'incident le plus important de la séance en soulevé par M. Jobez. Le journal \'0rgunisntian du travail a publié une liste de riches, c'est-à-dire de capitalistes, de banquiers et de notaires. C'e.^t tout bonnement autant d'individus signalés à lacolèie du peuple.

L'appel au pillage est flagrant.

Il y a iine conspiration socialisle contré la propriété; étrange pays où tout est remis en question; étrange époque où l'on essaye du jour au lendemain, de changer une moralité de six mille ans.

Comment donc se peut-il que de si petit* hommes puissent soulever une si grande tcmi été.

La lie for me a reproduit la liste de \'0r~ ganisulion du travail.

M. Beihmont promet qu'il se procurer.a les numéros du journal, et qu'il sévira.

Les attroupements tx)utinuent; ce soir^ en vertu de la loi, ou a arrêté huit cents peisonnes, qui oui été conduites à la Prélecture de police.

Les ministres, réunis ce malin au pouvoir exécutif, oui décidé, qu'après-demain, lundi, il serait présenté à l'Assemblée nationale des mesui es d'urgence centre l'élection de Louis-Napoléon.

Pendant que lesboulevaids Saint-Martin et Saint-Denis s'encombraient le soir de curieux, comme d'habitude, curieux qui., comme d'habitude encore, étaient dissipés sans faire tentative de résistance, des attroupements prenant un caractère plus grave se formaient dans la rue Neuve- Saint-Georges, criant: à bas Thiers, au feu la mainon de Ihiers.

Un bataillon, de pi(iuetà l'Opéra, s'empressa de se porter sur le lieu du rasseu*-

bkraent, et parvinl à le dissiper, mais avec peine.

Cependant, on est parvenu à faire comprendre au peuple que réagir coiilre M. Tliiers, élu de quatre ou cinq départenienis, c'était réagir contre la souvcraine'.é du peuple.

Si le peuple a compris' cela, comment comprendra- t-il l'annulation de l'élection de Louis-Napoléon? Louis-Napoléûii, n'estil pas, comme M. Tliiers, sous la sauvog:;rde de la !^ouvcrai^elé populaire?

Aussi, nous ne pouvons croire à ce projet du gouvernement dempciher Louis Napoléon de siéger à l'Assemblée nationale.

— On lit dans le Mémorial hordelaig :

• IVous avons trouvé dans le Moiiileur quelques renseignements sur un nommé Martin, dit Albert.

• Consulte/, au Moniteur de 1841, le rapport di.' iM. Girod (de l'Ain) au sujet du procès fait au rt-gicide Darmès, et lisez les débats de cette affaire.

« Vtus verrez qu'on y arrêta, comme complice présumé du ! égicîde. Alexandre- .\ll)( ri Martin, dit Albcr;, ouviicr mécanicien, âgé de viugl-ciiiq ans, né à Bury (Oise).

• Pour l'âge, comme pour le lieu de naissance, cela ne concorde-t-il pas exactement avec notre ex-gouvcrnani?

« Martin, dit Atberi-, était l'un des clufs d'une sociéié dite des (Communistes; il était roté pour son CNcessive exaltation démagogique. Ou saisit chez lui une grande quantité de publications, plac^aids et affiches communistes et incendiaires.

• Il fut relùclié, sa pai ticipalion à la tentative d'assassinat (aile par Darmès sitr la personne de Louis Philippe n'ayant pas été suni>aiiinicnt établie.

• Nul JDUinal de Pai is ou de la province n'a, ce nous semble, jusqu'il i signalé ces faits. Pour(|uoi ne ..ous ferait-on pas savoir au juste si le Martin dit Albert, de 18il, et Albert de 1848, ne sont qu'un seul et même personnage? «

ÉTRANGER

Londres. — Ou annonce à Londres l'arrivée pro( haine du couiie de Chiinibord — Henri V, — venant de France.

Tiietle. — L'amiral Paiker a fait déclarer nu cominautlant de l'escadre italienne, que le premier coup de canon tiré

contre Triesle, où se trouve un giand nombre de résidents anglais, serait regardé comme une déclarai ion de gtterre.

Tandis que les journaux italiens retentissent du bruit des vicioii'es du roi Charles-Aroerl, voilà c€ qu'on lit dans la Gazette d'^tKjKbovrg :

• Féi-oiie, 31 mai. — On reçoit dans ce moment des nouvelles positives sur des succès éclatants que leS troupes autrichiennes ont remportés le 29 à Curtalone, à l'ouest de Manioue, sur des troupes napolitaines et toscanes, réunies'a des corpsfrancs. Les Auïrichiens ont pris 11 canons et fait- 2,000 prisonniers, ainsi qu'un butin considérable. On ne connaît pas exactement le nombre des tués et des blessés du côté de l'ennemi. Les Autrichiens ont perdu ûOO hommes, entre autres 40 officiers de différents grades. Honneur à ces braves, morts sur une terre étrangère pour la cause de l'Allemagne ! •

Nous avions raison de dire que le mouvement allemand n'était pjs républicain, puisipie les Autrichiens tués en combattant contre l'indépendance italienne, tant mortii, dit la Gazette d'Atigsbotirij, pour la cauie de l'Allemagne.

Riigiie. — Saiut-Pétersbourg. — La Fiussie fait des pi'éparaiifs de guerre considérables On assure qu'ils dépassent ceux que cette puissance a faits en 1812 contre l'empereur Napoléon. Les provinces du Danube fourmillent d'émissaires russes.

L'archiduc Etienne est de retour d'Inspruck ; il ne s'est pas arrête à Vienne.

DIMANCHE, 11 JUm.

M. Emile Thomas est de retour à Paris. Il deniantle à grands cris une enquête.

Il faut (|ur iuniicre se fasse.

En attenilaiii, les crédits des ateliers nationaux sont épuisés depuis hier.

L'Assemblée n'eu a pas voté de nouveaux.

La dépense, au lieu de diminuer, auginente.

C'est tout btnnement une pciile. ou plutôt une giande Catilinudù qui se prépare à Monceaux.

— On s'entreiieui toujours énormément sur les boulevards et dans les lucs de la nomin:ilion de Louis B )naparto cl de l'opposition qtiesi décidée à lui faite le pouvoir exécutif. Ce soir, son nom sert de ralknient aux groupes.

On nous promcl pour (jeuiain quelque 4!hose qui ressemble à une émeule.

Aiicndons.

Page 1