‹ Le MoisChapitre 56 sur 75 · CHAPITRE xii · texte numérisé non relu

CHAPITRE xii

Ditpotilion» Iratisiloireê Art- 116 Les disposiiions des code», lois et règlements exist:inis qui ne sont pas contraires à la présume ConstituiioB restent eu vigueur jusqu'à ce qu'il y soit régulièreinenl dérogé.

Art. 117. Toutes les autorités constiinées f>ar les lois a( tuclles demeurent eu service jusqu'à la publication des lois organiques qui les concernent.

An. 118. La loi d'organisation judiciaire déteiniiiicia le mode spécial de nomiu»'»

lions pour la première composilion des noDveuiix iribiiriaux.

An. 119. Immédiaiemenl oprès li^ vole de la Coiisliluiion, il sera procédé par la nation à la iioniinaiiun du présideiil de la République cl par l'Assemblée nationale consliiuanie, à la rédaction des lois organiques qui doivent compléier la Cousiilulion. Ces lois sont:

La loi éleci orale.

La loi sur la presse.

La loi sur l'iustruction publique.

La loi sur la responsabilité des dépositairts du pouvoir.

La loi sur le conseil d Eiat.,

La loi d'organisation dépailenientale , cantoMiialc et municipale.

La loi d'organisation judiciaire.

La loi sur la garde nationale et le recrutement de l'armée.

La loi sur l'éiat de siège.

Art. 120. Dans l'intervalle qui s'écoulera entre riuslallatiou du président de la République et la réunion de l'Assembli'e législative, l'Assemblée constituante seia soumise au chapitre 3 de la Constitution.

Mauvaise nouvelle.

M: iMarrasi est indiposQ. Le grand dîner qu'il devait donner est remis à samedi. Lesjouruaux ne sont pleins que di'S dîners de M. Marrast, et de ses imlisposiiious qui succèdent à ces dîners. M. Marrast finira par se donner une indigestion dont il ne se relèvera pas. Ses amis devraient lui dire de ne pas tant manger.

On a rétabli le droit d'octroi sur la viande de boucherie. On finira par rétablir tout ce que, dans un moment d'enthousiasme (t dans son premier désir de popularité, le gouveruemeni provisoire avait aboli. Un reste, il y a à cela, comme à tout ce qu'on fait, des raisons qu'on est forcé de recounaîiic pour excellentes. Cette fois, il y a sept millions de travaux à exécuter, et aux quels il aurait éié impossible de donner suite sans le réiablisscnicni de la taxe d'octroi sur la viande de boucherie, qui produit six millions de francs à la ville de Paris.

Les cons^'ils de guerre fonctionnent.

Achille Despoix, garde mobile, accusé d'avoir pris part à rinsuireclion,aété condamné à dix ans de détenii(ui ; et Lejennisel, dit Robert, capitaine de la garde nationale de La Chapelle, a été condamné à dix ans de travaux forcés.

Une so'ennité a eu lieu à la Chambre , hier. M. Pierre Leroux a parlé. C'était une solennité, en effet, car depuis longtemps on attendait le premier discours du grand socialiste. M. Pierre Leroux arrivait à la f Chambre, disait-on, avec un système plus clair et des théories plus ceriaiinsque tons ceux qui l'y avaient précédé. M. Pierre Leroux avait déjà pris une grande influence sur la littérature, en attendant qu'il voulîil en prendre sur la politique. M ulame Sand, qui s'était faite sa disciple, avaii publié des romans socialistes, écrits sous l'impression des doctrines de M. Piei re Leroux, et dont presque tout l'honneur revenait an maître.

Il y avait donc un grand iniérêi à entendre développer à la tribune, et à voir utiliser pour le pays c(;s grandes idées, dépouillées de la (able dont madame Sand avait été forcée de les recouvrir pour les faire connaître au public.

Il s'agissait d'une proposition tendant à abroger le décret relatif à la fixation des heures de travail.

L'occasion était belle; aussi, M. Pierre Leroux l'a -t- il saisie avidement. Selon lui, ce décret, qui abrégeait les heures de travail, était le pins honorable litre du gouvernement provisoire. Il l'a appuyé au nom de la liberté, del'égalité eldela fraternité ; jeunes mots déjà vieux, qui mourront de décrépitude sans avoir rien pi oduil.

M. Pierre Leroux est parti de là pour développer tout un système de philosophie, dans lequel il appelle, ou à peu près, les travailhniis des victimes et les entrepreneurs des assassins.

Nous vous laissons à penser les murmures de contradiction et d'ennui qui ont accueilli les impossibles idées de M. Pieire Leroux.

M. Greppo seul criait de temps en temps, el en se remuant beaucoup : Très-bien 1

L'oraieur, déconcerté, a ilemandé quelques instants de repos, après lesquels il a annoncé(iu'il a'iaii iraiier la question du capital, au profit duquel, dit-il, la France a sacrifié sa population laborieuse, et il s'écrie :

— Qu'est-ce que le capital ?

A ce mol , qui annonce des déductions sans nombre , l'impaiience est portée au comble.

M Greppo a beau crier : Très-bien ! trèsbien ! ses voisins dorment, d'antres c.iu-^ sent, ceux-ci ronflent, ceux-là se promè-

— O-tù

ncnl; il y en a qui s'écrivent des lellres, et il y en a qui s'en vont. Ici, on ril; là, on fait ses îiffuires. Nous sommes éionnés qu'on ne danse pas, mais nous croyons qu'on cliante.

Il est iniilile de dire qu'il devient impossible d'cniendre un mol de ce que dii l'orateur, plutôt de ce qui! lit, car il cunsiille continuellement un énorme manuscrit , dont il dispose les leuillets sur l'appui de )a tribune.

On ne l'entend plus.

M. Pierre Leroux demande alors que la discu^sion soit renvoyée au lendemain. On refuse le renvoi.

M. Pierre Leroux se résigne et se met à crier et à faire des gestes à tout casser. Tout à coup il dispaiait sous lu liibune.

Les huissiers s'élancent pour potier secotirs à l'oralenr, le président se penche pardessus sa table pour voir ce qui arrive, des représentants accourent.

Ce n'est plnsuue séance, c'est une foire, et l'on peut dire que les représentants cmi gagné ugreablemeni leurs vingt-cinq fi atics ce jour-là.

Enfin, on relire M. Pierre Leroux de dessous la tribune. Voici ce qui lui était an ivé. En l':iisant un geste en rapport avec ce qu'il disait, il uvait nniiriiié par terre tous ses petits papiers et il courait ajifès, ce qui l'avait fait momeiiiunî'nienl disparaître. Il replace les feuillets rt recoirimeiice son discours an milieu des derniers rires qui éclatent coiivulsivrmeiii de distance en dislanre, mais il n'a pas dit deux lignes, qit'en faisant tin second mouvenieni aussi vif que le premier, il renverse son nianusci it et disf)araii encore.

On ne ril plus, on hurle, on se tord. Ce n'est p us de la gaieté, ce sont des contorsions inouïes. Les représentants se tapent sur le venue. Ou ne voit plus que des tètes rcnviTsées en arrière et des bouches ouvertes. Le rire court tout autour de l'assemblée comme l'éiincflle électrique.

Al. Grtppo crie : très-bien !

La parole est à M. Pierre Leroux, dit le prébid ni ; mais .M. Pierre Leroux, qui n'a pas pu, celle fois, meure de l'ordre dans ses pi^its papiers, quitte la tribune et regagne sa place.

Henrcusemeiit, il reste à M. Pierre Lerott\ les romans de madame Sand.

Cependant notis ne verrons jamais sans un serrement de cœur une grande espé-

rance tomber ait si sous le ridicule et les rires. Qui sait mainlenaiil quand M. Pierre Leroux pourra se relever de ce premier échec?

Le général Cavaignac commence aussi à se perdre. Un journal rapporte qu'il aurait dit ceci :

« Par les poursuites ordonnées conue MM. Louis Blanc ei Caussidièie, j'ai donné des gages de ma ferme volonté de ne servir que les intérêts d'une république hon- ' nêie et modérée, mais il ne faut pas que la réaction s'abuse et imagine pouvoir m'entraîuer au-delà des limites que j'ai fixées. Que les réactionnaires prennent donc garde à leur langage et à leurs mouvements, car je les surveille et je les réprimerai sévèrement. Je sais que la réaction s'agite dans certaines légions de la garde nationale, mais je connais ces manœuvres, et, à la première démonslraiion , Je let écraserai. »

M. Cavaignac se croit -il encore en Afrique, ou se croii-il loi de Fiance? Voudrait-il recommencer contre ceux qu'on appelle aujourd'hui les réaclionnains, les poursuites et k-scondaninatioits qu'on appliquait liu temps de son père à ceux qu'on appelait alors les aristocrates ? L'ambition est une b»lle chose, mais qui nova pas à toutes les tailles, et Napoléon a brisé, 'en en sortant, Ir moule dans lequel il est venu. Du lieutenant Bonaparte au colonel Cavaignac il y a loin, et nous conseillons à notre chif du pouvoir exécutif; maintenant qu'il a fait son 13 vendémiaire, de se (appeler qu'il n'a encore fait que cela, et que ce n'est pas sur le p( uple et sur le pays, réaciioiiiiaire ou non, qu'il doit gagner ses Ansterlitz.

La foudre est louibée dix-huit fois la nuit dernière sur Paris. Est-ce une mi-nace on un avertissement du ciel? Du temi>sque l'on ne croyait pas en Dieu, on tirait des augures de ces sortes de choses, maintenant que l'on y croit, pourquoi n'aiiroit-on pas celle poétique superstition. Dieu se doime peut-être toute celte peine pour pii venir M. Cavaignac. Il n'y auiail lion d'étonnant. Ou l'a toujours prié de sauver le roi de France.

Il paraît que notre pays, qui avait passé jusqu'ici pour le plus intelligent du monde, l'est moins que le royau ne de Saxe, car voici un parallèle dans lequel nous avons encore une fois rinférioriié :

Morjaume de Sa. e. î

La loi siii- la pn sse, volée p;ir la cliam bre, vient o'êiii' publiée.

Aucun cauiionnenuni iiVst liécessaire pour la publicaiion d'iiii journal.

£ La censure et.l à j;imaib abolie.

Eépuhliqu^ fiaHçai»e.

' Le décret sur la prose, volé par la clianibre, vient déire puli ié.

Un cauiionnenieni de 24,000 francs espèi^es est nécessaii'e pour la publicaiion d'uu journal qnoliiHen.

Ordie'vient d'êiie donné aux ihcàtres de P.ii is d'avoir à adnictire à l'une des répéiiiions <!ps pièces nouvelles un on deux membres de la commission à'examen.

Onze journaux iiii clé suspendus le 23 juin, cii)q viennent d'éire supprimés, d'aulns sont menacés.

--* M. louis Blanc a qniiié G;ind, nous tiendrons nos lecieurs au courant des perigriuaiious de ce nouvian roi prosciil. M. Canssidière est parii, dit -ou, pour Oslende.

On'Cse'.rappelb que M. Louis Blanc n'ayant pu prouver son idinliK-, avait éié provisoinnienlécroué à la prison municipale.

Il va s'embarquer à Oslf nie et gagner rAngl.eterre.

Les géranis du Pauple, journal de W.Proudhou, et du Peuple lrajiçaif,]<nunal de M. de Geiioude, xieniienl d'être coridasiinés à 300 francs d'amende et à un mois de piison pour avoir publié ces journaux sans cautionnement.

Il y a en hier un départ de 422 nouveaux transportés.

,2 SEPTKMBHEi

Le gouvernement vient de décider que le jugement des eiloyens Caiis>idière et Louis iilauc aurait lieu p;ir coiiiumace, et qu'il serait procédé de suite à l'acconiplissemeiit des formalités iKÎcessaires pour arriver à ce résnilat.

M. le général Cavoignac a trçn les divers dé!éi;u('s des piincipaulés ilaiicnnes qui ont insisté pi es du gcjuvcmenienl poui' une inierveniion imi>i('di;ite.

1 1 5 insju gés ont encore été iransporiés. Sept se sont échappés du fort d'Aubervilliers.

ACIES OFFJCIF.LS.

RÉPUr.l.IQUE FRANÇAISE.

Liberté. — Egalité. — FraUriiile.

AU NOM DU PElPt-K FRANÇAIS.

• Le président du conseil des ministres, charge du pouvoir exécutif,

• Sur le rapport du ministre de l'iiitérieiir,

• Vu les lois du 2"» juin 1833 et du 10 mai 1838, et le décret du 5 juillet 184«,

« Arréie :

• Art. 1'*. Les conseils d'arrondi sèment se réuniront le 20 sciten bre, présent mois, pour la premièie partie de leur session, qui ne pcjuriM durer plus de cinq jours.

• Ari. 2. Le ministre de l'inléi icnr est chargé de l'exécuiion du présent arrêté.

• Fait à Paris, en l'hôtel de la présidence, le 9 scpten bie 1848.

• E. Cavakînac.

• Le tnitiixlre de l intérieur, • Sé>ard. •

M. de I.,anianine vient d'adresser une lettre au\ départements qn: l'ont dit. Ceitte lettre n'est autre ch se qui! sa déicnse. .\ notre avis, .\1. de Laiiiariine n'avait pas besoin de se défendre. U n'avait qu'à aiiendre, et la vérité se serait monm-e toute seule et ani-si naturellement que le jou.ap'ès la nuit.

Voici luie dernière note à enregistrer sur lesaleliers nationaux:

Du 5 mars au 2.1 mai, la gestion des ateliers nationaux par M. Emile Thomas a coulé 7,240,000 fr.

La gestion de M. Lalanne,du23 maiau 23 juin, a coûté 4,160,00(1 Ir.

La gestion de M. Emile Thomas coîîiaii donc par jour 96,530 fr., et celle de M. Lalanne 138,333 fr.

Quelle nécessité y avail-il de remplacer M. Emile Thomas par M. Lalanne, à moins que ce ne iùl pour appauvrir un peu plus l'Etat?

ÉPnÉMÉRIUES.

2 septembre 1792. Massacres dans les prisons. — L<' 50 aLiwi, la nouvelle vint à [•aris que les (nncjois étaient deviwii Verdun. L'exaspération était au ct*mble, car (in comprenait bien (lue si cette ville était prise, la roue de la capitale eiait ouverte. C'est dans ceiie cinonsiance que Danton s'ëciia au sein du comité de défense générale, établi dans l'AssemWt-e, qu'il fallait

— OOD

faire pciiram royalistps. Le l" scplenibre, on faii courir le bruit que Verdun esi pris. Anssiiôi Daniou fait décréier par la CommuDc que le lendetiiain on battra la générale, qu'on lirei'a li; canon, et que tous les citoyens se rendront au Cliamp-tle-Mars, d'oi'i le lendemain nième ils seront dirigés sur Verdun. Le 2 srpten:»bre était un dinaiichc, et l'oisiveté du jour augmentait le mouvemctil puptilaire. Vingt-quatre prêtres qu'on avait déposés à l'Hùtid de ville, à cause de leur refus de prêter soinjcnt, furent dirigés le même jour sur l'Abbaye, mais en descendant des voilures qui les avaient amenés, iJs furent massacrés. Bit laiid-Varcniie^, pour exciter les meurtriers, leur adressait ces paroles horribles : feupie, (il immoles les ennemi», tu fais ton devoir. Uieiilôl la foule se répand dans les antres pris'jns et égorge sans pitié tons ceux qui y étaient renfermés, sons le prétexte plus ou moins fondé d'ennemis de la révoluiion. Nous raeimlons ces faits pour ceux qui regrettent encore les traditions de 92 et de 93.

Nous lelaleroiis ainsi dés rinais les faits politiques de qaelque iniporiance dont les (îates coneorderoni av^ c les juurs du mois que nous ferou'^, et en clloisi^sant ceux de ces faits (|ui offrent une cet laine analog'e avec les événements aetue's, on qui p'-uveut servir d'enseignement et drf preuve contre les fausses idées de n-volution auxquelles noHs sommes en proie depuis le n;ois de février.

3 SEl>TEMnRE.

Nos lecteurs se rappellent que dernièrement le prince de Joinville a fait preuviv du plus grand courage, à la perte de l'Ore</« iVoiiarcft, et qu'il s'est jeté à la nage pour venir au M-cours de ce bàiiinenl, on plutôt des nanfiageants. Voici la lettre qu'il vient d'écrire à l'amiral Gi enfell : « Clareniont, le 28 août.

• Amiral, excusez moi de vous iinpo:tnner si sonven! ; mais je clnTclie tous les moyens d'être utile aux niallieureux que vous avez sauvés. J'ai dessiné de mémoire nn petit cioquis représentant le terrible accident dont nous avons été témoins (la perle de ïOceati Monaic/i). Présumant que cette ébauclK; donne assez bien l'idée de celte horrible scène, j'ai pensé qu'il pourrait être agréable à madame Grenfell d'en fait c une loterie au bénéfice des vic-

times. C'est une bagaiellP; mais vous l'excuserez en laveur de l'inleniion. Mille remercîmenis encore.

« F. d'Orléans. •

Cette esfjuisse, parrailemeni faite, a été exposée dans les salons de la Bjjrse. Aujourd'hui, en moins de deux heures^'/iOO billets à 5 shcll. pièce ont éié enlevés. La loterie, qui n'a pas de limites, s la feraiée samedi pro hain.

Puisque nous tenons bien nos lecteurs au courant des aventures et des voyages de M. Louis Blanc et de M. Caussidière, nous croyons devoir les informer aussi jde 'certains détails de la vie que mène en Angleleire lex roi Lonis-Phili|ipe et sa famille, qui du reste ont une existence très-retirée et ne voient que quelques arti-tes et quelques anciens amis. Il y a trois ou quatre jours, le coniie et la comtesse de Neiiilly, le piiiice de Joinville, le duc et la duchesse d'Auniale et ut;e nombreuse société ont visité la jonipic chinoise. Ils ont éié, reconnus, en debai'ijnani à la jeiéc de'Biainswick, à Bl K kwai, et ils ont élé aussitôt en'ouri's par nue foule immense qu'il était dilTicile de lenir à distance.

Le comte et la comiesse de Ncuilly 'ont paru charmés de rempressemeul manifesté par le public dans celte occasion.

Trois salves d'applaudissements ayant'eu lieu au moment où la société a quitté jla jetée de Brunswick dans un des canots de la compagnie de Wolwicli, le cointe^do Neuil'y s'est levé, il a salué à diverses reprises et remercié cordialement la population.

Le prince de Joinville et le duc el la dach -sse d'Auniale paraissaient aussi trèscontents des égards dont ils étaient ;enlonrés.

Le capitaine de la garde nationale Jacqiiinel a été condamné à nn mois d'eniprisonnemenl pour avoir pris part à l'insurrection.

Le Moniteur raconfe le faft suivatu :

« Le n iinnié L'uis-François Vincent a écrit à la Jie'forme une lettre datée de^la Conciergerie, et qui contenait ces mots :

« J'affirme avoir reçu de l'argent dn parti légitimiste pour porter des correspondandances, 1 1 en avoir vu disiribiier à d'autres individus à qui l'on prometiaii, comme ix moi, ime large l'écompensc, pour le jour du succès.. .

« Je pourrai, quand on voudra, donner

— 3ôG —

des déiails plus sigiiificalifs, el même nommer les personnes. »

« En présence d'une afiîrmaiion aussi positive, le procureur de la République crut devoir se iranspurler inmiédiaiement à la Conciergerie, ac(om|iagné du juge d'inslruciion, M. Filhon, à l'effet de recevoir les déclarations du signaiaire de la lettre. « Vincent, interpellé par ces magistrats, tout en persistant à déclarer qu'il av;iil connaissance de menées légitimistes; que lui-même, comme espion, avait reçu de ce parti de l'urgent avant h s journées de juin, refusa obstinément de faire connaître les personnes auxquelles il attribuait ces distributions d'argent, el de donner aucun détail qui pût éclairer la justice. Il ajouta qu'il ne s'expliquerait que lorsqu'il aurait reçu du pouvoir exéiuiif la promesse de sa g'àce pour les peines (pi'il avait encourues ou qu'il pourrait encourir comme déserteur. Vincent fil observer d'ailleurs qu'il avait écrit depuis le U août trois leitres analogues à celle publiée par la Reforme: l'une au picsident de l'Assdnblee nationale ; l'autre, aux représentants Proudhon et Lagrange.

« Dans de pareilles circonsianccs, les magistrats ne crurent pas devoir prolonger un inierrôgatoire rendu sans objet par le système de réiiccnce que Itur opposait Vincent, système que fa lettre publiée par la Réforme était loin de faire pressentir. «

Ce résultat a dît faire bien de la peine à la Re' forme.

L'éiat de siège est maintenu à une majorité de 529 voix sur 669. Nous nous abstiendrons de toute réflexion sur ce mode de gouvernement.

COMPTOIR NATIOAL d'eSCOMPTE DE PARIS.

Escompte des effets de province.

A dater du 5 sepunibre courant, le cotnpioir naiional recevra a l'escompte les effets à deux sigiaiuiesau moins et à trenle jours au plus, p;iyables dans un grand nombre de villes des dipartcmmis. La liste de ces villes, avec rindicaiioii des clumges, est délivrf'e dans les bureaux du comptoir au Palais-National. L'adiiiinisiraiion espère être procliainemenl mise à même d'escompter les valeurs sur toute la Fraiiee et l'Algéiie, el compléiir ainsi l'ensemble des moyens de crédit que comporte son institution et qu'altendciitdepuislotiglemps le conimerce etrindusliie.

.assemblée générale.

La direction rappelle aux actionnaires que la première assemblée générale ordinaire et extraordinaire aura lieu au siège de l'adminisiraiion le 19 septembre courant, à midi, et invile ceux qui voudront y assister â faire le dépôt de leurs actions dix jours an moins avant l'époque fixée pour la réunion. Il leur sera délivré en échange une carte d'admission à l'Assemblée.

Le directeur du comptoir national d'escompte.

H. BlESTAT.

Le souf-directeur du comptoir national

d'escompte.

A. Pinard.

M. Eugène Sue apprend au public, par une lettre adressée des Bordes ù la Démocratie pacifique, que deux perquisitions ont eu lieu t.imuliaiiénienl à sa maison de caiiipagne et à son domicile à Paris. Ces perquisitions, qui n'ont eu aucun résultat, avaient ( té provoquées, dit M. Eugène Sue, par une dénoncation qui le désignait comme déienieur d'armes de guerre.

Par arrêté du président du conseil, chargé du pouvoir exécuiif, oui été nommés maires des villes ci-apiès:

Digne, M. Ilerd; Valence, M. Tampier; Evieux, M. Dechalange; Toulouse, M.

Roquelaine; Amh, M. Souiller; Lombez, M. Fi'le; Montpellier, M. Rigal ; Chàieauloiix, M.Charlemagiie; la Châtie, M. Delavau; Vendôme, M. Lecoq ; Vannes, M.

Dautu; Alerçon, M. Grollier; Le Mans, M. Brillard; Versailles, M. Rainin.

M. Marrasl a déposé hier, au nom de la Commission de constitution, un rapport sui)plémenlaire sur une proposition laite par plusieurs représentants relativement aux lois organiques. Les conclusions de la commission lendeiit à ce que l'Assemblée ne se sé|)are pas sans avoir fait ces lois, dont le nombre devra être fixé, après le voie de la constitution, par un décret spécial.

Ou demande loul de suite deux badigeonneurs rue de Clichy. Aux époques de révolution le commerce du badigeon est toujours celui qui va le mieux. 11 y a tant de mots à effacer et à remplacer par d'autres.— Mais, nie diiez-vous, pourquoi ces deux badigeonneurs?

— Pour effacer trois mois au-dessus d'une porte.

— Quelle porte?

— Celle du n* 68.

— L'ancienne prison pour dettes?

— Justement. *

— Et quels son! ces trois mois ?

— Liberio, égalité, frjlerniié.

— Tiens ! on les efface déjà?

— Oh! mon Dien, oui! On a toit, du reste. Ils se seraient bien fflfacés tout seuls.

— Mais pourquoi les efface- t-on?

— Vous ne comprenez donc rien. Alors, je vais vcus aider. Vous rappelez-vcus qu'on s'est battu au mois de février dernier.

— Ccrlaiiicmorit.

— Vous rappelez- vous, en outre, pourquoi on se battait ?

— Non.

— On se battait pour la liberté,

— Ah ! oui; Je m'en souviens.

— Eh bien! du moment que la liberté triomphait, la contrainte par corps devait être supprimée.

— • Naiurcllcineirt.

— Ou la supprima donc, et l'on profila de l'occasion pour écrire encore une fois sur la porte d'un monument : République française, Mb rté, égalité, etc., vous savez le reste. Mais il païaîl que ce n'était pas pour 1 1 liberté qu'on se battait.

— Ah ! vraiment.

— Dans le premier moment on l'avait cru, mais il parait certain maintenant que c'était pour autre chose.

— Et pourquoi était-ce ?

— On n'en sait rien encore, on cherche! lonjoui'S est'il que depuis que nous sommes en liberté, il y a plus de prisonniers qu'il n'y eu a jamais eu; qu'on a rétabli les caulioiinemeuis, supprimé les droits de réunion, la liberté de la presse, rétabli la censure et la contrainte par corps ; pourquoi, diable, s'est-on battu alors?Muis la qu(Slion n'tsl pas là, vous compn'uez pai f liieincnt mainteiiaul pourquoi on demande deux badigeoniieurs rne de Clichy. Qi'ou fas»e cioire à un peuple, h: peuple le plus intelligent delà lei-re, au peuple pai'isien, ci'fiii, qu'il est esclave parce qu'il a un roi et qu'il est libre parce qu'il a une République qui ne change rien an\ abus de la royauté, cela s'explique. Que ce peuple se réjouisse de eu qu'il u fait, qu'il s'endorme

et qu'il se réveille bercé par /a 3IurseUlahe et le Chant du départ, seul droit que le nouveau gouvernemeni ne lui conteste pa-i, c'est la chose la plus simple, mais qu'on l'incarcère dans une maison sur la porte de laquelle on a écrit ; Liberté; voilà qui est inadmissible, et voilà pourquoi ou va effacer ces trois gros subsianlil's prétentieux, qui promettaient tant de choses et qui n'ont i ien donné que du vent, chaque (ois que l'Assemblée nationale s'est amusée à donner un coup de canif dedans.

— Mais pourquoi a-ton rétabli la contrainte par corps?

— D'abord parce que l'Assemblée nationale, qui a déclaré que le gouvernemenl [lovisoire avait bien mérité de la patrie, ne laissera pas debout un seul des décrets dudit gouvernement provisoire. Vous êtes entré quelquefois chez un bottier que vous ne connaissiez pas pour vous f;iire faire des bottes. Avaiil de vous les faire et de vous montrer sa supérioi ité, avant de vous prendre mesure même, que vous disait-il ? Il vous disait : — Ha ! monsieur! que vous êtes mal chaussé' quel e-t le malheureux qui vous a (ait ces botif slà ? — Eh bien, la France en csi aujourd'hui où vous en étiez dans <elte circonsiance. tlle se (ail faire lies bottes par un bottier nouveau qui déprécie l'ancien, voilà tout. Maint< uant , celui-ci la chaussera-t-il mieux que celui-là? C'est ce que nous verrons et c'est ce dont je doute. Cherchez une meilleure raison à tous ces liécrcts abroges, vous n'en trouverez pas. Cependant, si vous ne vous conteniez pas de celle-là, demandez-en une autre à MM. Bonjean el Bourdet, qui ont ap|iuyé la proposition.

Vous ne savez peut-être pas ce que c'est que M. Bonjean el M. Bonrdel; ce spnt deux représentants! Mais que représententils?— Ils représeiiteni lesgirdes du commerce. — Pardieu! ils n'ont pas d'autre spécialité?— Si (ait. M. Bonjean est marchand de draps pour pantalons; aussi voyez son discours! • Messieurs, dit-il, la contraiiiie par corps esl l'àiuc du commerce. • Ah! M. Bonjean, vous avez un nom bien Ironipeur; (ailes des pantalons, M. Bonjean, fait! sen beaucoup, faites-en toujours, le matin, le soir, à la Chambre, réveillez-vous la nuii pour en faire; mais, au nom du ciel, ne faites plus de discours, u;ême sur la contrainte par corps; vous êtes trop com-

merçant pour comprendre quelque chose à la législalion. Vous nvez vingt-cinq francs par jour pour vous amuser ei surtout pour vous laire. Taisez-vous donc. Si j'étais marchand de pantalons, et qu'on me donnât vingt-cinq francs par jour pour que je me tusse, je ne dirais jamais rien. Maintenant, voulez-vous que je vous dise pourquoi vous la demandez la contrainte par corps, M. Bonjean? C'est parce que vous avez dans votre porle-feuille des billets de pauvres diables que la République a ruinés, et qui n'oni pas en, comme vous, l'esprit de^se faire nommer représentants du peuple. 0 législation ! déesse de cire qui reçois l'empreinte de toutes les ambitions et de tous les iméréls, énigme élet^ nelle que tous les législateurs imerprèienl à leur façon ; pauvre fille, qui le laisses déshabiller comme une prostituée de la rue, à qui celui-ci coupe la main, à qui celui-là bâillonne la bouchs, qu'on fait mentir à volonté, qui as un glaive d'acier pour les uns et de canon peint pour les autres, sphynx menaçant devant lequel passent consiamment tons ceux qui, au lien d'une réponse te jettent un gâteau, comme ceiui qu'Enée jeta au chien de l'enfer; te voilà contente, voilà que l'on remet dis pièces à ton manteau ; voilà que la République, qui n'a plus besoin de promettre, t'accorde tout ce que tu demandes, vampire insatiable, qui ne mourras jamais de faim, mais qui quelque jour crèveras d'indigestion.

Ce qu'il y a de triste dans celle haiue de l'Assemblée nationale pour le gouvernement provisoire, et dans celte abrogation pcipétuelle de .■-es décreis, c'est qu'on ne ne sait pas où cela peiw nous mener. Ainsi, le gouvernement provisoire a proclamé ceci : La royauté est abolie en France; si l'Assemblée allait pousser la concurrence jusqu'à abroger ce décret-là, qui sait? Que deviendrions-nous si nous avions un roi, bon Dieu! nous deviendrions peul-ctre républicains.

L'époque de ce nouveau changement eslelle prochaine, c'est ce que nous ignorons; tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'il coni i dans le commerce des billets, ainsi conçus :

Fin République, le payerai à M..., etc.

Si ces effets ne sont pas payés à échéance, ou si l'échéance n'arrive pas, ceux qui les

ont souscrits seront- ils passible de la contrainte par corps, M. Bonjenn?

M.Bourdci,— queliM. Bourdei? — celui qui veut la contrainte par corps prétend que le (commerce attend cette loi ponrfiire rentrer vingt-cinq milliards d'elTits qui ne sont pas payés. Qui est-ce qui aurait jamais cru qu'il y avait tant de gens de mauvaise foi à Paris? Ainsi, le lendemain du Jour où la contrainte aura été rétablie, il sortira de terre vingt-cin(| milliards, on ne rencontrera que des tonneaux pleins d'or et des charrettes pleines d'argent dans les rues de Paris. Ce seront les débiteurs de ces vingt-cinq milliards qui iront payer leurs créanciers : voilà qui sera curieu.v à voir, et réjouissanl potn- l'œil. Viiigt-cinq milliards, que les débiteurs s'obstinent à cacher et qn'ils vont enfin ntonircr! vingtcinq milliards qui vont reluire au soleil et sonner dans d'autres po( hes que celles dans lesquelles M. Bourdet veut avoir l'air de croire qu'ils sont. Mais, M. Bourdet, si ces vingt-cinq milliards n'existaient pas, et s'il allait falloir emprissonner tous c^s gaillards-là, où les mt itriez-vous? Ou les mettrait dans différentes prisons; de temps en lemps on les ferait sortir tous ensemble pour faire des répétitions générales des prochaines fêtes de la Concorde, tl on leur ferait porter des petits drapeaux sur lesqnels il y aurait : • République française. Liberté. Egaillé, Fraiernité A M.\L Bonjean et Bourdet, les prisonniers pour dettes reconnaissants. •

k SEPTEMBUE.

Le h septembre 1SI5, Marie-Louise, celte Ang-ichienne qui avait eu rhon-ienr de porter le nom de Napoléon, r.nonçait pour elle et pour son fils au litre de ma- ]^'Sté et à toute prétention à la couronne de Fiance.

M. le général Cavaignae a passé aujourd'hui en revue les troupes cnmpdsanl la garnison de Paris , auxquelles s'étaient joints douze bataillons de la garde naiion.ile, un par légion. Cette imposante soleuiiité militaire avait attiré une afiluence immense de curieux.

M. Cuny, général de brigade commandant la garde nationale mobile, est nommé, par ilécision du président du conseil, chargé du pouvoir exéj:ntif, en date du 27 août, inspecteur général des militaires de

l'armée, aliachosà la garde ualionale mo- I bile. ' ■

Nous domioiis à nos lecteurs la copie d'une leiiic fine le citoyen Gurnier, dcîéfiué dans le déoaricnient du Nord, écrivaii à M. Ledru-Rolliii. Nous pourrions en cher plusieurs, mais coninie elles se ressembl(Mii luutes, nous nous en tiendrons ù CCI échaulillon qui renferme une crri;iiiie orisinalfié de mission, de siyle et d'orihograplie :

• •Roubttix, Ie/iaviill8i8.

« Siioyon^ 'Ji\ Couru toute la campagne au sanviron de Koubaix le fermier j-ou iouso couian de la Ké|)ubli(4iio, me Ion na fui coujire de bruii (pie plubicnre represenian du couver- Ht meut provisoire couvcre de dele<iue cele poii:-<; i-a que Ion nave nii de sienpiix s^i rheie, eque Ledieurolien neie paslome qui faile. le sonviie tous d' qu'ils vouire l)icn vol(? comeje loredi me que lefabrican vou loil Donc le l)i!ei ponre qu'ils fodra vole, je lur sadidc laiiv un bilct eidemelre desu le nom que vous dire vous garderc ce lui d«! votre fabricant dans votre poche et totis inelrc le voire ce qui t.i'i louse d'accore ei V(,ns sovere le pin de la misei'e, ils son louse di oui voilà corne ils faH faire vive la n''pul)lique vive la france et vive pari je (ai un dise coure cons<TManl le travail ils sou a pruuvé Ci le le fabricant (|ui lorsavedi que corne le couvernernent vonle faire cele iii possible raiije le travale qui fale que sa de uteurc come ce le auparavan.

• Le siioyon Garnieh. •

Dans tooies ces lettres, dont nous avons les copk-ssous les yeux, quelle- 6oienl du tiloyou Gurnier ou du citoyen Guy- d'Amour, dentiste, qui, s'il ne niel pas mieux les diMils que le français, a raisuo de changer sa professio» de dcuii^te contre reiapl(M de délégué du club di-s Droits de l'iioniaie; qu'elles koienl de M. Puniepoix biaix, ariihte peintre, de M. Millies, maiccbal- des -logis de cuirassieis, ou de M. Tba\ciiei Bi;llcvue, boinme de leili't:^, on retrouve le» Diêmes idées révoluiionnaiieset la incme haine contre les riches et

|l>oui-{(eois. L'urihograplic varie quel(|U(;fois, mais les sentiments ne vurienljaninis. Heureuse concorde !

h SCPXEliliRK.

La leilreiuivanle est publiée par le /{Vn£«.-

« A M. rédiiciir du Timet.

« Monsieur, « Sericz-voiis assez bon pour insérer la note ci-incluse? Je vous eu serai reconnaissant.

« Agrc( z , monsieur, je vous prie, l'assurance de mes sentiments dévoués.

« Londres 2 septembre.

« Louis Bl.\nc. »

« Plusieurs personnes qui partagent en Angleiei-re les opinions de M. Louis Blanc paraissent disposées ù lai donner un témoignage public de syinpailiie, M. Louis nianc les prie de recevoir l'expression de !-a profonde gratitude; mais, en même temps, il croit devoir leur (aire connaître son intention d'éviter tout ce (ftii serait de n:ilure à porter ombrage au goiivcruemeut anglais. C'est dans le <-alwie de l'élude et le siîencede la reiraiie que M. Louis Bianc a résolu d'aitcndre que des jours meilliurs se lèvent pour son pays, ei il serait désolé que l'appel fait par lui à rhospitaliié an- ;.laise devint une cause, même passagère, d'agitation. »

(i('Me note et la lettre qui la précède sont puliliées en fiançais par le Times.

On n'a vraiment pas plus de vanité que l'auteur de ["//htoire de dix mit. Que iM. Louis Blanc se rassure, personne en AngleKire n'a l'tnvie de le porter en triomphe, si petit qu'il soit.

Parmi les nombreux amendements présentés sur le projet de consiilntion, il s'en irouve un, présenté par M. Deville, qui demande ipie l'invocation placée eu tête de la constitution soit rédigée delà inauière suivante :

« iùi piésence de Ditu, sons le règne de l'état de siège destructif de tonte liberté, et spécialement de la liberté de la presse, qu'il supprime, qu'il susprud à volonté; sous le régime de raiitorilé; militaire, qui n'a aucuiK- connaissance des besoins de la société, qui, par son existence seule, compiiinc, avec l'esprit public, la manifestalion de loiitis les idées, de tomes les vérités, si utiles à répandre au moinenl oti vont se tliscuier les hases de la constitution ; sous ce régime inintelligent, expédilif, juste effroi des citoyens, qu'il peut arrêter saus formes, taas limites, enh^ver à leuis juges ordinaires et livrrr aux conseils de guerre; an nom du peu|>le français, et cédant à la compression qui pèse sur Paris,

lAsspinblée iiaiionalu proclame et décrèle, etc. »

On ailribiie le mouvement des troupes, qui a Ii( u en ce moment dans le dépai lenient de la Seine, à l'exécution du projet suivani : conceniraiion d'une qiinniiié assez considérable de troupes dans un rayon de 60 à 60 lieues de Paris. Ces troupes, disséminées par bataillons sur différents points, mais de manière à p)Uvoir se réunir pompleinent, se porieraieni, au premier ordre, au secours de la capitale, et sur Ions les points où la tranquillité viendrait à éire troublée.

Aujourd'hui a eu lieu la seconde séance delà consiiiution. Le résultai a été la nomination de six vice-présidenis, qui sont : WM. Bixio, Coibon, G. Lafayeitc, Lacrosse, Malleville , Pugnerie. Quant au texte de la constitution, on a parlé dessus; mais un a rien fait

La commission de l'Assemblée nationale, cbarijée de l'examen et du classement des papiers trouvés aux Tuileries, a reçu communication d'un travail de quatre élèves de l'Ecole polyteclinique, qui ont classé un assez grand nombre de documents aux premiers jours de la lévoluiion. C'est dans la partie des appartements, nommée atours de la reine, que ces doeimienls ont été principalement recueillis. Une fois que l'inventaire a été terminé, les élèves chargés de ce soin les ont renfermés dans vingttrois caisses et carions, qui ont été s('ellés et dépo>és ensuite aux atours de la duchesse d^ Orléans. Toutes les issues ont été scellées par deux cachets, l'un aux armes de Louis-Philipoe, l'autre aux armes de la maison d'Orléans, et ces deux cachets ont clé remis entre les mains du commandant des Tuileries.

D'après l'inveulairp, la plus grande partie des papiers ne concernent que la vie privée du roi, de la reine et de la famille royale.

6 SEPTKHBRE.

Le C scpîembre 1790, suppression définitive du parlement.

Au ourd'hui , départ de lAl insurgés iranspoités. Lettre du prince Louis-Napoléon au général Pyal, lettre par l.iquellc le prince aimonce ou plulôi confirme qu'il acceptera la députation, si elle lui est offerte.

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