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RÉSUMÉ MENSUEL, HISTORIQUE ET POLITIQUE DE TOUS LES ÉVÉNEMENTS

EMTliKEllEIlT KÏDIci

Par ALiEXAl^DRE DUMAIi;.

Paur éviter «gtt'tl y nit ittlet't'Mgtlioê» ttans i'envoi ttes nuMiéfos^ M.fM. lett Abotmt'H suni itrié» ilm wettout'eMer teur nOonnetnettl avant Iv S Jiittvier ^vnvlmitt, Jottr OM paraîtra noire gn'eittiei' MMtttéro tte ta tleuafièttie aérie. [Voir pour les condilluns la dernière page de ce Numéro.)

1" ocTonr.E.

Rieu de nouveau en Fiance. Voici comnieui les partisans d'une Clianibre unique justifient leur opinion. Ils font le résumé des révolutions qu'a produites la division établie dans le pouvoir souverain. Voici ce résumé avec les détails :

Le 20 juin 1789 , serment du Jeu de paume.

Le lu juillet 1789, prise de la Bastille, assassinat de Dclaunay, du major Salbruc, du prévôt des marchands Flesselles ; proclauiaiion di- la liberté au milieu du meurtre , danse sur les ruines de la Bastille au milieu du sang.

Le 5 octobre 1789, le pain manque à Paris, mais non le vin; envahissement du château de Versailles.

Le 21 juin 1792, départ et arrestation de Louis XVI dans sa fuite.

Le 10 août 1792 , arrestation du roi ; abolition de la monarchie.

Le 2 septembre 1792, massacres dans les prisons.

Le 31 mai 1793, mise en accusation des Giiondins.

27 juillet 1794 (9 thermidor) , mort de Eobespicrre, de Saint-Just, de Couihon et aie 70 des plus fougueux Jacobius.

le général de bri-

13 vendémiaire 1795, gado Bonaparte mitraille les factions , à Saint-Roch.

U septembre 1797 (18 fructidor an V), déportation des députés soupçonnés d'être royalistes.

18 brumaire 1799, Bonaparte abolit le directoire.

22 juin 18*5, l'exil de l'Empereur.

27, 28 et 29 juillet 1830, chute de Charles X.

23, 2H et 25 février 1848, chute de Louis- Philippe.

15 mai et 23 juin 1848, insurrection.

Toutes les révolutions sont donc nées de la division qui existait dans le pouvoir souverain.

Les banquets recommencent avec un acharnement inconnu jusqu'ici.

Le banquet à 2 fr. par tête a réuni hier soir, chez un marchand de vin de la barrière de Sèvres, 1,000 à 1,200 convives, parmi lesquels on remarquait plusieurs représentants du peuple, entre autres MM.

Joly et Mule (de la Ilauie-Garoane).

Un grand nombre de toasts ont été portés. Nous nous bornerons à citer ceux-ci: <• A nos frères absentsl au droit au travail! à la régénération sociale ! à la Républi

* M. KKiGTiiuR provient ses souscripteurs qu'il est en mesure de donner désormais son journal du jO au 15 de clia<|u<' mois. — A'Irrsser rigounusimcni j'r.iujo, i fr. par au, eu un maudal sur la poste, .M. KuiuniEB, 171, rae Mouuuartre. l°i

déiiiocraiique et sociale! aux socialistes du W arrondissemenl! etc., etc.

M. Joly, qui présidait daus le jardin, en a porté un : « A la fraternité et à l'alliance des peuples!»

A neuf heures, les convives se sont séparés après avoir fait une collecte au profit des familles des insurgés de juin, et ils sont rentrés par groupes dans Paris, en faisant retentir l'air de clianis patriotiques.

L'autoriié avait pris toutes les mesures nécessaires pour assurer le maintien de l'ordre. De forts détachements de troupes de ligne , les armes en faisceaux, stationnaient dans les environs.

Le journal le Peuple souverain, de Lyon, organe de la République démocratique cl sociale, date ses numéros, depuis plusieurs jours, du mois de vendémiaire an LVII.

On a embarqué à bord du Darieti iUl nouveaux insurgés pour Lorient.

Le conseil général de la Seine vient de voter un emprunt de 6 millions pour secours à distribuer aux personnes uécessifeuses ou sans travail pendant la durée de l'hiver. Le chiffre total des secours prévus sélèvc à 9 millions, dont le gouvernement prend 3 à sa charge. Le nombre des personnes secourues est actuellement de 260.000 ; on pense qu'il s'élèvera à 300,000. Le chiffre des secours journaliers à été réduit à 16 centimes par personne.

Le club du Vieux-Chêne, qui tenait ses séances rue Muuffeiard n" 69, sous lu présidence du sieur Merlieux, a été fermé.

Voici un des toasts qui ont été portés dans un banquet à Lyon :

• A [ubolititionde la féodalité fin an-

■cière.

« Après trois révolutions qui ont eu pour but l'abolition de tous les privilèges, la France subit encore le régime de la féodalité financière.

« Le gouvernement républicain a reconnu son droit de suzeraineté, et la France lui payera un budget qui, au dire de plusieurs économistes, ne s'élève pas à moins de 4 à 5 milliards par au, c'est-à-dire qu'elle prendra (comme par le passé) la moitié de la valeur du produit natonal.

• La noblesse féodale avait pour devise : Noblesse oblige.

" La féodalité financière a pour devise : Chacun [lour soi.

«•t'.ieuereposepassur l'honneur, comme

la première; elle n'a ni patrie, ni religion; chez elle, à la place du cœur, on trouve ua écu.

« Pendant les dix-huit années qui viennent de s'écouler, voyez-la s'abattre sur la France et en faire une immense proie:

mines, usines, chemins de fer, canaux, ponts, etc., tout devient sa pâture, et dans son insatiable cupidité, elle a remué et elle remuera toutes les boues pour y chercher de l'or.

« Où est la réaction? dans la féodalité financière : voyez-la suer la peur et se roidir contre l'établissement de la République; entendez-la hurler par tous sesjournaux, organes stipendiés par elle : « Que parle- « t-on de réformes, c'est de l'ordre par les ■< baïonnettes qu'il faut. •

« Vous réclamez une réforme financière par l'établissement d'une banque hypothécaire qui pourrait rendre d'immenses services à l'agriculture. « Nous vous connais- « sons, répond-elle, vous êtes des pillards, « des partageurs de biens, vous demandez « l'abolition de la famille. »

« Des réformes, voici celles qu'elle veut: le monopole commercial , oppresseur et anarchique, l'accaparement, le mensonge, l'iniquité, enfin le despotisme du cofTre-fort.

« Elle veut que vous lui réserviez le droit de ne pas contribuer aux charges publiques et de ne pas payer l'impôt du sang.

« Citoyens de toutes les classes, ouvriers, industriels, manufacturiers, commeiçants, joignez-vous à ma voix pour demander l'abolition de la féodalité financière, et la République est sauvée.

« Vive la République! »

Dans un autre toast, nous trouvons le passage suivant :

« Où est la liberté? est-ce sur la place publique? mais il vous est défendu d'y séjourner. Est-ce à l'hospice? mais vous n'y avez une place que lorsqu'un cadavre vous la cède. Est-ce dans les prisons appelées Dépôt* de mendicité /'Mais vos vieillards, vos femmes, vos frères n'y entrent qu'après une condamnation en police correctionnelle, précédée d'une détention préventive en compagnie d'habitués du bagne.

Est-ce dans les manufactures , dans les chantiers, dans les ateliers? Où donc est inscrit le droit d'y pénétrer pour ofl'rir la force de vos bras, l'activité de votre intelligence?

« Si, par commisération, un maître bon-

nêiedaignevons employer, on est la loi qui lui interdise d'offrir un salaire insuffisant? Lui-même,. poassé par de petits concurrents aveugles ou par de grands entrepreneurs aux capitaux liquides, se voit menacé par la honteuse banqueroute, s'il ne se soumet à l'abaissement du prix de la main-d'œuvre.

« Où donc est la liberté, cette liberté que l'on proclame mensongèrement ])our tous?

Où est la liberté pour ce peuple traqué, affamé, couvert de haillons, relégué dans d'ignobles réduits d'où l'on a le droit de le chasser, et que vous appelez le peuple souverain?»

'Un toast ironique a été porté aux Jésuite*. Sons ce nom sont désignés plusieurs membres de l'Assemblée nationale, qtii sci'ont assurément fort étonnés de se trouver réunis en pareille circonstance, entre autres MM. de Monialembert, Thiers ei Rivet , le nouveau représentant de Lyon.

Le supérieur des Trappistes de Staouëli vient d'écrire au ministre de la guerre pour lui offrir de faire diriger par sa corporation les'travanx agricoles des ouvriers colons qui vont partir pour l'Algérie.

3 OCTOBBE.

L'Assemblée nationale adopte l'arlicle 1" du projet de loi relatif à l'enseignement agricole, ainsi conçu :

« L'enseignement professionnel de l'agricnliure se divise en trois degrés. Il comprend :

« Au premier degré, les fermes-écoles, où l'on reçoit mie instruction élémentaiie pratique;

« Au deuxième degré, les écoles régionales ;

<( Au troisième degré, un institut national agronomique, qui est l'école normale supérieure d'agriculture. •

M. Buvignier interpelle le gouvernement au sujet des affaires d'Italie. On se rappelle que, le 2/t mai dernier, l'Assemblée nationale, après un discours sur la politique qui convenait à la France, dans ses relations extérieures, vota, à l'unanimité, l'ordre du jour motivé qui suit :

« L'Assemblée nationale invite la commission du pouvoir exécutif à continuer de prendre pour règle de sa conduite les vœux unanimes de l'Assemblée, résumés daus ces mots :

« Pacte fraternel avec l'Allemagne ;

« Reconstitution de la Pologne;

« Affranchissement de l'Italie. »

M. Buvignier voit dans la médiation de la France et de l'Angleterre, entre l'Autriche et le Piémont, une déviation de la conduite tracée au cabinet français par l'Assemblée nationale. Médiation implique concession. Il demande que le ministère s'explique. M. Cavaignac répond que les négociations étant pendantes, il y aurait danger à parler. M. Ledru-Rollin fait observer que c'était ainsi que les ministres de la monarchie justifiaient leur mutisme.

L'Assemblée a adopté l'ordre du jour pur et simple, la formule portant qu'elle persistait dans son ordre du jour du 24 mai dernier.

Voici le dernier bulletin de M. Ducoux, préfet de police:

« L'approvisionnement des halles ne laisse rien à désirer.

• Nous avions annoncé dans notre dernier bulletin, l'amélioi^iion qui se manifestait dans l'orfèvrerie et la bijouterie: nous la prouvons aujourd'hui par des chiffres que nous fournit le bureau de garantie de l'hôtel des Monnaies :

«Juillet, or: 56 k., 141 gr.; argent:.

C4S k., 375 gr.; valeur intrinsèque :

278 k., 815 gr.

• .Août, or: 105 k., 067 gr.; argent:

1,183 k., 950 gr.; valeur intrinsèque : 516 k., 837 gr.

« Septembre, or: 129 k., 807 gr.; ar- ,gent: 1,353 k., 750 gr.; valeur intrinsèque: 615 k., 873 gr.

« Ce mouvement dans les industries de luxe est une heureuse indication de celui qui doit s'opérer dans la plupart des autres industries.

■< C'est dans la draperie, et en général dans les étoffes en laine, que le progrès se fait sentir.

« Dans les bronzes, les plaqués, l'ébénisterie elle-même, qui était restée en souffrance, un plus grand nombre d'ouvriers rappelés dans les ateliers prépare les commandes considérables faites par l'étranger.

« Les grands travaux d'utilité publique dont nous parlions dans notre dernier bulletin se continuent avec activité.

• Des usines importantes, situées dans divers, quartiers de la capitale, appellent chaque jour de nouveaux trayaillcr. .

<■ Partout enfin se manifeste uu.

dance à la reprise des affaires qui, un moment arrêtées par les agitations électorales, vont se développer de nouveau.

• Le chiffre des dépôis à la caisse d'épargne a été, le 24 et le 25 septembre, de 39,667 fr., versés par 384 déposants, dont 88 nouveaux.

« Les sommes prêtées par le Moni-de- Piété se sont élevées au chiffre de 528,952 fr., et les sommes remboursées à celui de 499,240 fr.

« Il y a une progression heureuse, quoique lente, dans la situation des ouvriers. Sur le nombre de 29,761 qui habitent les maisons garnies, il y en a 20,892 qui ont du travail. Le nombre des ouvriers inoccupés se réduit donc à 8,860.

• Du 18 au 28 septembre, il est entré dans lesmaisons garnies 7,950 Français, et 1,346 étrangers.

« Du 20 au 29 septembre, il a été délivré 1,708 passeports à des citoyens Français, et 647 à des étrangers.

« Du 23 au 29 septembre, deux convois ont conduit au Havre 695 détenus de juin.

« Les maisons d'arrêt renferment 3,391 détenus ordinaires. Elles ne contiennent plus que 542 détenus do juin.

« Le nombre des vols simples, est, en moyenne, de 7 par jour. Celui des vols avec effraction est de 22 depuis le £0 septembre.

Le nombre constaté des décédés de juin est aujourd'hui de 1,454.

• La santé publique n'a jamais clé dans un état plus satisfaisant. Les bruits alarmants répandus par la malveillance ou la peur, sur l'invasion de maladies épidémiques, doivent cesser devant les investigations administratives qui en ont démontré la fausseté.

« Du 15 au 30 septembre inclus, les recettes des théâtres se sont élevées au chiffre de 213,633 fr. 78 c. •

M. Ducoux, qui prétend que la confiance se rétablit, n'a donc pas entendu parler de ces banquets démocratiques qui effrayent la population? Il dit que du 15 au 30 septembre les recettes des théâtres se sont élevées au chiffre de 213,633 fr.,el il a l'air de trouver cela exorbitant. M. Ducoux ne sait donc pas qu'en des temps même médiocres, cette somme est celle que devTaient faire en quinze jours , et à eux seuls, l'Opéra, l'Opéra-Coniique, le Théâtre-Français, et leThéâlre-Hisiofique, tan-

dis que vingt théâtres se partagent ce pauvre résultat?

L'Assemblée a repris aujourd'hui le projet de loi relatif à l'enseignement agricole. Voici la rédaction définitive :

Art. 2. « L'enseignement professionnel de l'agriculture est aux frais de l'Etat dans ses différents degrés.

Art. 3. « La ferme école est une exploitation rurale conduite avec habileté et profit, et dans laquelle des apprentis choisis parmi les travailleurs et admis â titre gratuit, exécutent tous les travaux, recevant en même temps qu'une rémunération de leur travail un enseignement agricole essentiellement pratique.

An. 4. • Dans chacun des départements de la République il sera établi une fermeécole.

Art. 5. • Les traitements et gages du personnel enseignant seront payés par l'Eiai.

• L'Etat prend aussi à sa charge le prix de la pension, qui, avec le produit des élèves, est alloué au directeur pour l'indcninisir des frais de nourriture et autres occasionnés par l'admission des apprentis.

Art. 6. « Chaque année, le trésor distribue aux fermes-écoles des primes. Elles sont répariies, à litre de pécule, tous les ans, sur la tête de chaque enfant suivant son mérite; mais elles ne sont remises à chacun qu'à la fin de son apprentissage.

Art. 7. « La France sera divisée en régions cullurales.

o Dans chaque région, il y aura une école régionale.

Art. 8. « Les élèves reçus dans les écoles régionales sont boursiers ou payent pension.

An. 9. « Les bourses établies dtms les écoles régionales soûl données après concours, une moitié aux élèves des fermcs- (■'coles de chaque région culiurale, une autre moitié aux personnes qui se présenleronl pour concourir.

Art. 10. « Les meilleurs élèves des écoles régionales qui n'entreront pas immédiatement à l'Institut national agronomique, peuvent être placés aux frais de l'Etat comme stagiaires près des fermes- écoles et autres établissements publics ou particuliers.

'La durée du stage est de deux aus.

Art. 11. " Les écoles légioualcs soiil aussi des (enncs cxpérimeiilales.

• Les cxpi'i iences qui y seront faites recevront la plus Jurande publicité.

Art. 12. • Un Institut national agronomique sera établi sur le domaine national de Versailles.

Art. IS. « Les cours de l'Institui national sont gratuits et publics.

« Néanmoins, l'état y eiiiretient quarante boursiers, admis après concours, à leur sortie des écoles régionales.

• Chaque année, dix bourses sont données au concours aux élèves des écoles régionales ; dix autres bourses sont réservées à tous les concurrents qui se présenteront.

Art. 14. • Chaque année, les trois preaiieis élèves de l'Institut leçoivent, aux fraisde l'Etat, ifne mission complénieniaire d'études.

• Cette mission dure trois ans; elle a lieu, tant en France qu'à l'étranger.

Art. 15. • L'Institut national agronomique réunit lo caractère expérimental conféré aux écoles régionaU^s.

• En c.onsé(iueu(;e,indépendanimcnldes expériences énumérées dans l'an, il, l'Institut s'occupera encore, d'expériences ayant pour objet l'application des sciences anaiomiquos, physiologiques, chimiques, méeani(|ues, naliirelles et autres, aux diverses branches dt; l'agriculture.

• Ces expériences seront également rendues publiques dans les formes prescrites par l'ariiclc il.

■ Titre IV. — Art. 16. Les fonctions de professeurs, dans les écoles régionales et à l'Institut agionomique, seront données au concours.

• An. 17. Les écoles régionales et l'Institut national, seront administrés en régie pour le compte de l'Eiat.

• Art. 18. Les vacheries, les bergeries, actuellement existantes, pourront être annexés à des étal>Ii>ïSfnie?ils d'instruction agricole.

• En conséquence, il pourra, dans le budget qui règle l'exercice de 18/i8, être dérogé à la spécialité des chapitres qui les concernent.

• L'établissement fondé à Versailles , pour l'élevage des types régénérateurs, sera annexé à riiistiiui naiioiial agronomique.

• Art. 19. Chaque année, il sera rendu

compte :\ l'Assemblée nationale de la manière dont la présente loi aura été exécutée

« Art. 20. Il sera pourvu à l'exécution du présent décret par des règlements d'admir nistration publique.

Dispositions transitoires,

« Art. 21. Afin de pourvoir aux premiers frais que réclament les établissements d'instruction agricole à créer en 1848, il est ouvert au ministre de l'agriculture et du commeree, sur l'exercice courant, un crédit de 500,000 fr., qui sera inscrit au chapitre spécial intitulé : Enseignement spécial de Vagricullure.

« Art. 23. Toutes les dispositions des lois antérieures demeurent abrogées en ce qu'elles ont de contraire au présent décret. •

La lettre suivante a été adressée par M. Raspail à l'Assemblée nationale:

Aux citoyens repre'xentants du peuple français.

« Citoyens collègues,

• Je ne viens pas protester contre votre décisitiou qui me frappe satis que J'aie été entendu.

« Vous avez cru user de votre droit." Quant à moi, j'ai aussi un droit à réclamer, celui de voler à l'Assemblée nationale ; telle est la mission dont m'a investi la souveraineté du peuple.

« Je conçois que la vindicte publique veille à ce que sa proie ne lui échappe pas. Je veille de mou côté à ce que mes incarcérateurs n'échappent pas à mon accusaition, pour ainsi dire reconventionnelle; car les coupithles ne sont pas à Fincennes ; vous les avez sans doute devinés, puisque vous n'avez pas voulu que je vous les nommasse.

« Afin donc de concilier les exigences de la persécution avec celles de ma mission, ordonnez qu'on m'escorte chaque jour, afin de me conduire à l'Assemblée et de me réiuK'grer ensuite dans mon cachot.

• Salut et fraternité.

« F.-V. Raspail, • Représentant du peuple,

• Donjon de Vincennes, 28 septembre

Le club de la Révoluiion, qui tient ses séances rue du Bac, au saloti de Mais, vient d'êire fermé. Hier au soir, au niomeni où le club ouvre d'ordinaire ses séances les portes étaient gardées par des asents de police et de la troupe de ligne.

Le président de l'Assemblée nationale a donné lecture d'une lettre du prince Louis- Kapoléon, lettre ainsi conçue:

« Monsieur le président,

. Elu par cinq déparlements, il est de mon devoir de vous informer que je suis décidé à opter pour Paris, lieu de ma naissance.

« Louis-Napoléon Bonaparte. »

Aujourd'hui, M. de Lamartine a fait à la Chambre le plus beau discours qu'il au prononcé. Nous regrettons de ne pouvoir donner à nos lecteurs celle page sublime de la vie de notre grand orateur.

L'élection du président de la République parle suffrage universel est une chose assurée maintenant.

Une nouvelle coalition , celle des ouvriers tanneurs, donne lieu en ce moment à une instruction judiciaire. Plusieurs arrestations ont été opérées lundi, avanthier et hier. . . ■ X A^

M l'abbé Sibour , vicaire-general de Digne et professeur à la Faculié de théologip d'Aix, a pris aujourd'hui , 5 octobre, L"ssession de l'archevêché de Paris au nom de Mgr. Marie-Dominique-Augusie Sibour. Le chapitre méiropolitain a vérifié les Bulles du nouvel archevêque ei reçu communication de celle que le Souverain- Poniife a adressée au Chapitre, ainsi que de la procuration donnée par Monseigneur

à son parent.

Immédiatement après 1 office canonial du soir, M. l'abbé Sibour, accompagne de deux chanoines titulaires, ayant été introduit dans le chœur , a été conduit par M l'abbé Jaquemet , premier vicaire-général capitulaire, au pied de l'autel, ou ils ont récité ensemble l'Oraison dominicale ; puis M. Jaquemet s'étant assis un instant sur le trône pontifical , y a faii asseoir ensuite M. Sibour et s'est rendu à sa stalle pour entonner le Te Deum. Après cet hymne et les oraisons d'usage, l'un des chanoines, faisant les fondions de théolo-

gal, a proclamé devant le peuple que Mgr. Sibour était présentement en possessioti de l'archevêché de Paris. Cette cérémonie a été annoncée par le son du bourdon et de toutes les cloches de la cathédrale.

La discussion du fameux article ftl est reprise à l'Assemblée nationale. La majo» rite fait bonne justice des honteuses palinodies des républicains du National etxift la Réforme, qui, devenus chefs d'un pays par une révolution faite au nom du suffrage universel, veulent maintenant rejeter 1« principe pour lequel ils ont combattu 41 qui les a faits puissants. L'amendement de M. Leblond, tendant à faire élire le président de la République par l'Assemblée nalionale, est rejeté par Une majorité de Sô'â voix contre 211.

On lit dans V Etoile de France:

. M. le comte de Chambord n'est pas un nom, c'est itn principe. Il ne se présentera donc pas au «crirtin, et il fera bien ; il méconnaîtrait ainsi sa raison d'être. On peut même assurer que les mots Je comte de Chambord ne se trouveront dans aucune ufne.

Echec aux ministres, qui ont tous voté en faveur de la nomination par l'Assemblée.

Depuis le commencement de la semaine, des rassemblements nombreux d'ouvriers se formaient à différentes barrières, notamment à celles de Fontainebleau et du Montparnasse. Bien que ces rassemblements fussent inoCTensifs, l'aulorilé crut devoir, avant-hier, envoyer des forces sur ces points pour assurer la iranquillité. Uq bataillon d'infanterie et un demi-escadron de dragons furent dans ce but échelonnés sur le boulevard extérieur. Hier, bien que ce fût un jour de paye, et que l'on pût penser que les buvriers se trouveraient plus nombreux à leurs centres habituels de réunion , les mesures prises ont eu un appareil moins menaçant, et tout s'est à peu près borné à doubler les postes des barrières, depuis celle du Maine jusqu'à celle de la Gare.

L'Assemblée s'est ouverte par la validation de la nominatioîi de Louis-Napoleon Bonaparte.

M- AiUony Thourel est monté quelques insiants après à la tribune pour proposer cet amendement : qn'oii déclarai inaptes à être nommés pré idtiHs de la République tous les descendanis des fumiiles qui unt régné sur la France. L'ait;ique était trop directe pour que Louis-Napoléon ne se crût pas forcé d'y répondre.

«Je ne prends pas la parole, a-t-il dit, contre l'umendeûient ; certainement, j'ai été assez récompensé en retrouvant tous mes droits de citoyen, pour n'avoir aucune ambiiioii.

• Je ne viens pas non plus réclamer pour ma conscience contre Jescaiomniesdoni je suis l'objet. G'e&i au nom des 300,000 électeurs, qui par deux fois m'ont honoré de leurs suffrages, que je viens désavouer le nom lie préiendant qu'on me jette toujours à la tèif. •

M. AjUony Thourel a retiré son amendcmcni, et l'Assemblée a adopté l'article Uô ainsi conçu :

Ait./io. • Le président de la République €sl élu pour quatre ans, et n'est rééligible qu'après un intervalle de quaire années.»

Voici un paragraphe que nous trouvons dans beaucoup de journaux et que nous, recommandons à M. Ducoux :

• Le nombre des appariements à louer en ce momeni, à Paris, dépasse 60,000.

Tomes tes locations au-dessus de 1,500 à 1,8-0 fr. sont devenues très difficiles; passé 2,000 fr., elles sont devenues matériellenienl impossibles.

• Des deux côtés des boulevai'ds, depuis la Marlik'ine jusqu'à la rue de& f illes-du- Calvaire, il n'est presque pas de maison où l'un «e trouve un écrkeau d'appartement à louer au balcon de chaque étage. «

Un jour, sans aucun doute, on recherchera avidemeul les paroles politiques de M. Cavaignac. Voilà pourquoi cous donnons aux lecteurs le compte-rendu de la séance d'aujourd'hui , relatif à l'état de siège.

M. lePrésidenl: La parole est à M. le président du conseil des ministres. (Vif mouvement de curiosité.)

M. h général Cavaignac : Citoyens représentants, le 2/i juin dernier, l'Asseiii- 'bléc, usant de l'initiative qui lui appartient,

a déclaré Paris en état de siège. A son initiative seule appartient la cessation de celte mesure. En ce moment, le gouvernement a besoin de se mettre en communication avecl' Assemblée sur cette question. (Mouvements divers.)

Je viens donc lui demander dénommer une commission ch.irgée de recevoir les communications que nous aurons à lui faire.

L'Assemblée appréciera les motifs qui nous ont portés à lui conseiller ce mode de communication; mais si elle aime mieux délibérer sur une proposition formelle du gouvernement, le gouvernement est prêt à la faire.

Foix nomhremes : Faites-la! parlez!

M. lePrésidenl: J'ai reçu hier deM.Hubert-Delisle une proposition relative à la levée de l'étal de siège. Elle sera examinée demain dans les bureaux. (Non! non!)

Foix nombreuses : Le gouvernement!

Que le gouvernemeot fasse une proposition!

31. le Président: La proposition de M. Huberl-Dclisle est ainsi conçue ; « La loi qui a déclaré Paris en étal de siège est rapportée. »

Une voix: Quel est l'avis du gouvernement?

M. le Président: Aux termes du règlement, celte proposition devrait être renvoyée au comité de législation j d'après la ,proposition de M. le président du conseil, je crois devoir la renvoyer dans les bu; reaux, qui nommeront une commission.

(Mouvements divers. — Réclamations.)

31. Labordère : Le gouvernement déclare qu'il a besoin d'entrer en communication avec l'Assemblée relativement ïi l'état de siège ; il dit qu'avant d'user de son initiative, il croit devoir attendre.... (Interruption.) '

Ce que je dis ne saurait être contesté. Le gouvernement déclare être prêt à nous faire une communication sur ce point, et il demande que l'A ■^semblée suit consultée.

Il faut donc qu'elle le soit ; les/^icultés de la situation exigent qu'on fasse |)ronoi^cer l'Assemblée nationale sur le point de savoir si le gouvernement usera de son iiiitiative. (Mouvements divers.) Je demande formellement que l'Asseiublée soit consultée.

M. le Président . Le règlement établit les rapports de l'-^sscniblèe avec le pouvoir cxéctiiif. Je ne puis appeler l'Assemblée à

délibérer que sur les propositions qui nie sont remises.

M. le général Cavaigiiac : Le gouvernement n'entend nullement reculer dev;iiit son initiniive, pas plus qu'il ne l'a fait par le passé (Très-bien !), cl il ne reculera pas iioianiment sur la «lueslion, soit de l'infirniation, soit de la continuation de l'état de siéj;c .

Cela posé , le gouvernement, dans une question aussi grave, croit convenable non pour lui, mais pour les affaires, de provoquer la nomination, par l'Assemblée, d'une commission qui se mettra préalablement en communication avec lui.

Si l'Assemblée déclare au gouvernement qu'elle entend qu'il parle, le gouvernement parlera. (Mouvement.)

Mais je le répète, le gouvernement croit convenable de se mettre en communication préalable avec une commission nommée par l'Assemblée. L'Assemblée décidera, et le gouvernemenl fera son devoir.

Ainsi , je fais la proposition formelle à l'Assemblée de la nomination d'une commission spécialement chargée d'examiner la question de i'('tai de siège. Le gouvernement fera connaître son opinion à celle commission, ou si l'Assemblée l'exige, il la lui dira de suite à elle-même. (Mouvements divers.)

M. Clément Thomas : Avant de statuer sur la proposition qui lui est faite par M. le président du conseil, il me paraît indispensable qu'elle sache si c'est au gouvernemenl actuel qu'elle a à s'adresser ou à un nouveau... (Longue et bruyante interruption.)

Le pays est inquiet; il est indispensable qu'il sache si la crise ministérielle est terminée ou s'il n'y a rien de fondé dans ce qu'on dit. Quand nous serons fixés sur ce point, nous pourrons statuer sur la proposition de M. le président du conseil.

M. le général Cavaîgnac : L'Assemblée doit comprendre qu'il n'est pas possible qu'il y ait simultanéité d'existence entre deux gouvernements. Il y en a un, il n'y

a pas deux. (Mouvement.)

Une voix : Lequel ?

M. le général Cavaignac : On demande lequel. Celui que vous connaissez. Serait-ce donc que vous supposeriez un gouvernement secret? Non. Il y a un gouvernemenl que vous connaissez. Quand il y en aura uu autre, mon devoir sera de vous le faire

connaître. Jusque-là, je prie l'Assemblée de se prononcer sur la proposition que j'ai eu Ihonneur de lui faire.

M. Clément Thomas: Il est évident qu'il y a une crise ministérielle. Jusqu'à ce que nous soyons fixés eu ce qui touche cette crise, il est impossible à l'Assemblée de se prononcer.

M. le président : Je vais mettre aux voix la proposition faite par M. le président du conseil.

Celte proposition est adoptée à une grande majorité.

ik OCTOBRE.

Un supplément du Moniteur universel, publié aujourd'hui à deux heures, contient, dans les termes suivants, la confirmation officielle de la modification ministérielle que nous avions annoncée hier :

• Le président du conseil , chargé du pouvoir exécutif,

• Arrête:

« La démission des citoyens :

« Sénard, ministre de l'intérieur; « Recurt, ministre des travaux publics;

• Vaulabelle, ministre de rinstriiclion publique et des cultes,

« Est acceptée.

» 13 octobre 1848.

« Le président du conseil chargé du pouvoir exécutif,

« E. Cavaignac.

« Le ministre de la justice, <• Marie. »

• Le président du conseil , chargé du pouvoir exécutif,

« Arrête :

« Sont nommés:

<■ Ministre secrétaire d'Etal au département de l'intérieur, le citoyen Dufaure, représentant du peuple ;

« Ministre secrétaire d'Etat au département des travaux publics , le citoyen Vivien, représeniaut du peuple ;

« Ministre secrétaire d'Etat au département de l'instruction publique et des cultes, le citoyen Freslon, représentant du peuple.

« Le président du conseil chargé du pouvoir exécutif,

« E. Cavaignac.

« Le ministre secrétaire d'Etat au département de la justice, « Marie. »

• Par suile des modificalions opérées daos le ministère, le cabiaci est ainsi composé:

• Les ciioyens :

« Marie, à l;i justice;

• Basiide, affaires étrangères ;

• De Lamoricière, à la gnerre ; « Verninac, marine et colonies ; « Dufaure, intérieur;

« Tourrei, agriculture et commerce ;

• Freslon, insiructioii publique et cultes; « Goudchaux, finances ;

« F'ivien, travaux publics. •

Deux de ces ministres ont été choisis parmi les plus modérés. Ce sont ceux que nous avons soulignés. Ils rcprésenient presque le principe monarchique. D'où vient que M. Cavaignac les a choisis de préférence aux républicains de la veille, dont le National s'entoure éternellement. Cette mine d'or serait-elbî tarie, ou serait-il vrai qne cet ac!e n'est qu'une concession faite aux partis, concession dont M. Cayaignac compte, dit-on, prendre sa revanche, s'il est nommé président de la République?

Cette double nomination a fait grande sensation a Paris, et M. Dnconx lui-même en a donné sa démission dans les termes suivants :

Au président du conseil des ministres.

• Citoyen président,

• Vous venez de constituer un miiiisière qui est à mes yeux la personnification de la contre-révolution. La République va être dirigée, après huit mois d'existence, pardesliiimniesqui ont de tout temps employé leur inielligence et leurs dforts à l'empêcher de naître. Cette politiiiue est habile, peut-èire, mais je ne la comprends pas, et je l'approuve encore moins.

« En présence des dangers qui menacent la liberté en Fiance, lorsqu'elle triomphe en Allemagne, je vais reprendre ma place parmi les adversaires de la royauté, que je combattrai sous tous ses déguisements. Tous les soldats de la démocratie doivent être à leur poste, et le mien n'est plus où cessent mes sympathies politiques.

« Veuillez me donner un successeur.

• .Salut et fraternité.

• Le représentant du peuple, pre'fet de police,

• Ducotx. •

Les doctrines de M. Pioudhon se propagent et font des prosélytes. Uii a trouvé sept propriétaires dans les insuigés transportés au Havre.

Toutes les professions du reste y sont représentéi's. C'est nue vraie mosaïque d'insurrection. Il y a:

385 journaliers ; 181 menuisiers; 161 maçons; 122 ébenisies ;

36 peinlics; 114 arlisics, sculpteurs, dessinateurs, etc. ; 4 soldais de régiments réguliers; 1 3 bouchers ; 35 boulangers; 3 étudiants en médecine; 1 en droit.

M. Gervais(de Caen) a éii- nommé à la prélecture de police. Si l'on en cioit ce que l'on dit, M. G(Tvais(f/(?{7«f«), ainsi appelé sans doute parce qu'il s'est présenté pour la députation à Caen et qu'il y a été refusé, serait un homme à peu près incapable , quoiqu'il sorte du Nalinual. M. Cavaignac avait sans doiiie besoin d'une nomination qui balançât celles que lui reprochent ses amis. Il a réussi. M. Gervais (ileCaen)serait,à ce qu'il paraît, un homme d'habitudes, de mœurs et de caractère tout à fait opposés aux mœurs, an\ linbiiudes et au caractère de i\IM. Vivien et Dufaure.

On le verra bien, du reste.

Le Moniteur publie ce matin l'état des impôts et revenus indirects des neuf premiers mois de l'année courante, comparés à ceux de la période correspondante de 1847 et (II! 184G.

Comparés aux neuf premiers mois de 184G, ceux de 1848 présenient l'énorme diminuiiou de 104 millions 855,000 fr.

Comparés à la même période de 1847, ils présentent une diminution de 102 millions 362,000 fr.

Il n'y a que trois branches de revenu qui aient offert une légère augmentation en 1848. Ce sont :

Les droits de douane à l'exportation, pour une somme de 45,000 fr.

Les droits sur les envois d'argent et recettes diverses, pour une sonmic de 615,000 fr.

Le produit des places dans les paque»

bols de la Méditerranée, pour 125,000 fr.

Sur tout le reste il y a diminulion, et, sur ' quelques articles, diminulion très forte.

Ainsi,comparativeinent à 1847, les droits d'enregistrement, de grefiè et d'hypothèques, ont donné un déficit de 35 milli/jns 807,000 fr.;

Les droits de timbre, un déficit de 7 millions 720,000 fr., ce qui s'explique en partie par la suppression du timbre des journaux;

Les droits de douanes, un déficit de Tî millions ;

Les droits sur les sucres, un déficit de 16 millions;

Les droits sur les boissons, un déficit de 7 millions et demi.

Les droits divers, un déficitdc 7 millions 350,000 fr.;

Le produit de la vente des tabacs, un déficit de /i38,000 fr.

Maintenant, si on examine séparément chacun dis mois du dernier trimestre, on trouve que c'est surtout en septembre que les droits d'enregistrement et cl hypothèques ont fléchi. Ce mois seul a donné, de ce chef, une perte de près de 7 millions. Dans ce même mois, le revenu sur les boissons a fléchi de près de U millions, comparativement à septembre 1847. Cependant, il yp quelques améliorations sur d'autres points: d'où il résulte qu'en définitive te mois de septembre a produit un peu plus que ceux d'août et de juillet. Voici la progression :

Juillet. .... 53,676,000

Août 54,070,000

Septembre. . . 56,8'39,000

Le total des revenus indirects qui ont été recueillis du 1" janvier 1848 au 30 septembre de la même année est de 496,412,000.

Quant à l'impôt direct, voici où en est la perception :

Il a été recouvré sur les contributions ordinaires 249 millions, et il reste à recouvrer, pendant le quatrième trimestre, 181 millions.

L'impôt extraordinaire des 45 centimes avait produit, au 30 septembre dernier, 12G millions. Il reste à recouvrer 65 millions et demi.

En somme, le Trésor a reçu pendant les neuf premiers mois de celle année :

Impôts indirects. . . . 496,412,00^ fr.

Impôts directs 249,659,000

Impôt des 45 centimes. 126,085,000

Total. . . 872,156,000 fr.

La séance a été oiageuse aujourd'hui à la Chambre. L'éionnement de tous les républicains résultant de la formation du nouveau ministère, en ce qui regarde MM. Dufaure et Vivien, s'est manifesté aujo«rd'hui à l'Assemblée par les interpetlatians que M. Landrin a adressées à M. Cavaignac à ce sujet. Il l'accuse de se laneer dans la réaction, et d'y chircher un nfuge ou un appui. M. Ducoux dil que la composition de ce cabinet est due à des raisoos mystérieuses qu'il ne [leut divulguer. Tool cela se termine par un crédit de 100,000 £. accordé à ce même M. Dufaure pour les dépenses secrètes de l'intérieur.

Rien. Discussion du projet de consiitnlion. Celle conMiiuiion ressemble à on œuf d'autruche couvé par des pigeon* :

trop petit pour ce qu'il devrait contenir, trop gros pour ceux qui le couvent.

Aujourd'hui a eu lieu, chez Fontaine, barrière et boulevard Poissonnière, 5, le banquet de lu Répiihliqne démocratique et sociale.

Tout s'est passé d'nne manière assez convenable, quoique l'organisation intérieure laissât beaucoup à désirer. On avait dit que M. Lamennais présiderait le banquel, et que M. Ledru-Rollin serait un des vice-présidenis ; mais ni M. Lam( nnais, ni M. Ledru-Rollin n'ont paru à la réunion. Le banquet était présidé par M. Pierre Leroux.

Un grand nombre de disconrs ont été lus et prononcés an milieu des plus vils applaudissements. Voici dans quel ordre les toasts ont été portés :

M.M. d' Alton- Shée: A la liépuhlique démocratique et sociale l — Ch:ir[>eniier: A a suffrof/e urtiv er te l .' —Càhel : J l'uiiion des démocrates en France et dans tous les pays! Ce toast, tout de cii constance, a été chaleureusement applaudi à plusieurs reprises. — Pierre Leroux : A l'ancienne Montagne .' — Madier de Mont-

jau : A la révolution deFienne! Ce loasl 9 été un vérUable triomphe pour l'orateur. Proudhon, quoique légèrement indisposé, a lu uae maguiûque dissertation sur les diflérentes révolutions liuinaniiaires et sociales. Dupont a chanté avec l'àme et l'expression qu'op lui connaît, un Chant du travailleur, qui a fait couler les larmes de l'Assemblée. Langlois a porté un toast: ^ In foi, aux idées .'Morel : ^ la faînillel Crevât ; ^ux martyrs des révolutions !

20 OCTOKITE.

L'état de siège est levé.

M. Cavaignac qui, il y a peu de temps, avait dii que si on levait l'état de siège il ne répondait de rien,, a dit aujourd'hui qn'on pouvait le lever, qu'il répondait de toul. Comme M. Cavaignac change vile, et de niinisires et d'idées !

Le remplacement militaire est maintenu eiceci est une excellente those. En effet, les gens qui en voulaient l'abolition, pariftienl de ce principe : tous les hommes «lant égaux, doivent également servir leur pairie: principe faux, erronué, slupide même. Comment! un homme qui aura commeuci; une carrière, littéraire ou arlistiqué, à. dix-huit ans, serait forcé, trois ans après, de tout quitter, de renoncer à cette carrière pour se faire soldat et servir, soidisant, sa patrie. A'e la sert-il pas mieux eu coiilimiarit la carrière qu'il a entreprise? Kesera-i-ilpas plus utile, par son insiructiûD, pur ses œuvres, que par les factions qu'il montera et les pipes qu'il fumera au corps-dc-garde, d'autant plus que beaucoup d<! gens ne demandent pas mieux que de gagner une somuie de mille ou douze cents francs, en remplaçant un autre Iwmme. Le remplacement n'est pas une servitude, puisqu'il est volontaire, mais un niélier, une position môme qui assure à celui qui l'acci'pte une somme, à l'aide de laquelle, en quittant le régiment, il pourra entreprendre quelque chose, si elle n'a déjà fructiCé entre les mains de ses parents, à (lui le plus souvent les remplaçants l'iibandoMneui. Le remplacement est uue des premières conditions de civilisation et de progrès. Si le remplacement n'eût pas existé, la France eût sacrifié les plus grandes intelligences.

Lamartine et Hugo seraiiml ofliciers niaiuleuant peui-éire, mais à coup sûr, ils ne sctaieni pas, uos deux plus grands

poêles, car ils eussent perdu, dans l'état militaire, les premières années de leur jeunesse et de leur talent, si pleines de ces illusions qu'on ne retrouve pas plus tard. Nos grands artistes eussent fait et seraient peut-être maintenant de trôs-mauvaissoldals. L'égalité eût été exercée, mais d'une façon banale et inutile. Le remplacemetil est uneJoi de solidarité naturelle, irès-jusle, irès-nonnêle, irès-nécessaire.

Remercions la chambre qui l'a compris à une grande majorité.

Les derniers documents statistiques, étar blis par ordre de l'administration, relatifs à l'industrie métallurgique de toute la France, présentent les résultats suivants en ce qui concerne spécialement les locomotives et les machines à vapeur servant aux exploitations de toute espèce.

Le nombre des locomotives françaises égalait en 1842 le nombre des locomotives fabriquées à l'étranger. On en comptait deux de plus de la première catégorie en ISiâ : en 1844, il y avait ù4 locomotives françaises de plus ; il y en avait 7G en 1S45; enfin les dernières supputations, celles de 1846, constatent que la différence à l'avantage des locomotives ayant une origine française, était de 161.

Dans cette dernière année, ou comptait 294 bateaux à vapeur appartenant à des entreprises privées et naviguant sur les Deuves et sur la mer. •

Le nombre et la force des machines et des chaudières à vapeur en activité sur terre, des locomotives, des machines à vapeur, fonctionnant sur les bateaux à vapeurdonnent un ensemble que l'on répartit de la manière suivante :

4,395 machines employées en 1846 sur terre, à raison de 3 chevaux de trait par cheval-vapeur, remplacent 163,402 chevaux.

4G1 locomotives, à raison de 60 chevaux de chacune, remplacent 27,660 chevaux.

338 machines il chaudières à vapeur employées sur les b'.iteaux, à raison de 3 chevaux de Irait par cheval-vapeur, remplacent 108,513 chevaux.

Ce qui donne un chiffre total de 299,575 chevaux.

En rapportant à la force de l'homme la force du cheval, on trouve que les machines à vapeur remplaçaient, en 1846, 2,0j7,025 hommes.

Riea de nouveau.

Un journal du soir publie la noie suivante, comme lui ayant été communiquée par M. Louis Bonaparte :

« Des pcrsounes bien informées ayant averti le représentant Louis-Napoléon Bonaparte que des insensés travaillent dans l'ombre à préparer une émeute en son nom, dans le but évident de le compromettre aux yeux des hommes d'ordre et des républicains sincères, Louis-Napoléon a cru devoir faire part de ces bruits à M. Dufaurc, ministre de l'intérieur ; il a jouté qu'il repoussait énergiquemenl louie participation à des menées si complètement opposées à ses sentiments politiques et à la conduite qu'il a tenue depuis le 24 février. »

On lit dans la /•/•*!*.?<?, ce journal d'initiative :

« On sait à quelles véhémentes explications ont donné lieu les fameux Bulletins de la Jie'publique, dont on a fait porter toute la responsabilité sur M. LedruRollin . On a su que George Sand avait pris part à leur rédaction ; mais ce qu'on n'a pas su, c'était que M. Armand Marrasi y avait concouru. C'est*là un fait inconiesiable, car l'épreuve d'un de ces bulletins (le bulletin du 25 mars) nous a été apportée ; elle est corrigée de la main de M. Armand Marrast, approuvée et signée par lui : « Le maire de Paris , 7nembre du gouvernement provisoire, Armand Marrast. »

>' Ce bulletin, imprimé chez Cosson, n'est pas le moins précieux à conserver, ni le moins curieux à lire. •

L'Assemblée a volé les derniers articles delaConsiituiion.

En 1795, sous le Directoire, la Constiluliou a été soumise à l'acceptaiion du peuple, dont les voix se sont réparties ainsi :

Tour 1,057,390 voix.

Conlrc 49,977 —

Eu 1799 , sous le Consulat, la Constitu- , lion a été de même soumise à rassentimcut populaire, qui a donné :

Pour .... 5,011,007 voix.

Contre 1,562 —

Il résulterait de ces deux preuves que le peuple accepte toujours les Constitutions de ses représentants, et qu'il serait inutile de continuer à les lui soumettre.

Savez-vous ce que M . Marrasi a demandé aujourd'hui? Une loi libérale pour le peuple? Non. Un secours pour les pauvres? Non. Une protection pour les arts "^ Non. Uneamnislie pour les insurgés? Non. Une chose honnête enfin? Non et toujours non.

M. Marrast a demandé 6,000 fr. de plus par mois, pour continuer à faire danser. On n'a pas plus d'aplomb que ce petit républicain de la veille, l'Auriol politique. Crier contre les abus du pouvoir, contre les prodigalités de la monarchie, voilà où cela vous mène, M. Marrasi : ;i faire pis encore le jour où vous l'aurez, ce pouvoir que vous dénigriez tant. Vous avez voulu faire danser, vous avez voulu faire le prince ou le banquier, et vous y êtes de voire argent î Ce que c'est que de ne pas avoir l'habitude de ces choses-là! Vous n'aviez jamais reçu personne, vous ne saviez pas recevoir, et vous avez voulu tout à coup, comme un descendant de Henri IV ou de Charles I", vous mettre à donner des fêtes. Mais c'est chose Irès-dilficile que vous tentiez là, M. Marrast. Il faut avoir reçu une éducalion de prince pour être apte à ces sortes de dépenses. On peut être l'enfant chéri du National ei ne pas savoir donner une fête. Louis XIV, qui vous valait bien, s'y est ruiné. Sous la monarchie, on appelait corruption ce système de popularité. Vous-même, M. Marrast, vous n'étiez pas le dernier à vous irriter quand vous aviez connaissance que les deniers de l'Elatpassaien t à de pareilles inuiiliiés. Houle sur ces hommes qui, pour arriver au pouvoir, s'arment d'une idée et qui, lorsqu'ils oui touché le but, jettent celle idée comme on jette un masque, et font des entrechats! Honte sur ces hommes qui font des révoluiions pour leur ventre et poin- leurs poches , et qui , lorsque la République souffre, quand 250,000 honmies, aussi bous chrétiens que M. Marrast, meurent de faim dans une ville comme Paris, demandent 6,000 fr. de plus par mois, c'est-à-dire le pain de 1 200 familles, pour faire danser nos républicains salisfaits et voir les épaules de nos républicaines! Honte sur ces hommes qui n'ont

ni la pudeur de leur passé, ni la crainte de l'avenir; qui, larrons de l'opinion, ne savent dire qu'une chose: • A notre tour! • et qui ont fait de leur conviction une entreprise commerciale. La France vient de donner l'élan au monde, elle a besoin de toutes ses forces et de toutes ses ressources, elle a poussé un cri de libcrié qui met en niouvenieiii des millions d'hommes, elle peut être le berceau d'une civilisation moderne. Qu'est-ce que cela ? Il faut qu'elle fasse une halte, qu'elle vérifie les comptes de cuisine de M. Marrast et quelle l'indemnise de ses bougies et de ses gâteaux. Honie, trois fois honte sur de pareils hommes, Crispins révolutionnaires, laquais politiques, Brutus- Alascarilles, qui ne voient dans la France que le budget, et qui, lorsqu'ils ont rempli leurs poches, se tapent sur la cuisse et disent: «Je me moque du reste. • Honte sur ces hommes qui, lorsqu'ils ont dit cela à la face de tous, ont encore l'impudeur de demander une augmentation de gages !

Disons tout de suite, à la louange de l'Assemblée, qu'elle a dédaigneusement décidé, par assis et levé, qu'elle ne ferait pas droit à cette demande.

Pendant qu'on était en train de faire des comptes, on s'est occupé de la proposiiion de M. Crelon, tendant à ce que le gouvernement provisoire rendit ses comptes. M.

Goudchaux s'y est en vain opposé. L'Assemblée à passé outre et a voté la loi suivante :

« Art. 1". Le minisière des finances, dans un délai de doux mois, ù partir de ce jour, préseniera à l'Assemblée nationale, sans préjudice de la loi annuelle des conipïes , un compte spécial de toutes les dispenses faites et ordonnancées par le goul'^roeniem provisoire, depuis le 24 février jusqu'au H mai, dépenses imputables tant sur les crédits régulièrement ouverts qiie sur les crédits à ouvrir pour des dépens s non encore régularisées. — Adopté.

« An. 2. La commission à laquelle l'examen de ce compte sera confié pourra prendre connaissance des pièces juslilicaiives des dépenses et de tous les documents qui lui paraîtront de nature à l'éclairer. Elle fera connaître, par un rapport à r.\sseniblée nation;de, le résultat de son travail. «

A la fin de la séance, M. Goudchaux annonçait à haute voix quaprcs Cuvunic qu'on venait de lui faire, il ne pouvait plus garder son porlefeuille.

Mgr Sibour est allé aujourd'hui visiter la place où son glorieux prédécesseur a reçu le coup mortel, Il a fait à pied, avec quelques proires, ce pieux pèlerinage. A son arrivée dans le faubourg, la foule s'est amassée autour de lui. Ou était heureux de cetie visite; on seniblaii vouloir lui prouver, par ce filial empressement, qu'on aimait le niariyr dont il venait chercher les traces, et qu'on accueillait avec joie celui qui entrait dans la nioisson que le sang d'un autre avait fécondée.

A plusieurs repiiscs, noire vénérable archevêque a haiangué ses chères brebis. Il y a eu là bien des cœurs qui ont répondu à celui du prélat, bien des larmes versées, bien des scènes touchantes. Nous citerons un mot d'une pauvre jeune fille qui s'était approchée, et à qui l'on avait donné une petite aumône. Comme elle resiail, et que Monseigneur ordonnait d'ajouter à ce qu'elle avait déjà reçu, elle s'est alors décidée à faire counaîire le désir (jui la reienaii: la pauvre enfant voulait être bénie.

Encore M. Clément Thomas! Ce pauvre M.Thomas qui avait déjà prouvé qu'il avait quelque chose contre l'Empereur, en attaquant la Légion d'honneur, ne vieni-il pas de faire une violente sortie contre Louis Bonaparte, et demander de quel droit le neveu de Napoléon se préseule aux suffrages de la France!

C'est risible en vérité!

M. Napoléon Bonaparie, en l'absence de son cousin , a répondu à M. Clément Thomas.

L'Assemblée a adopté ensuite sans discussion le décret présenté au nom du comité des finances rclaiivemeiil aux biens composant le domaine privé du roi Louis- Philippc. M. Jules Favre avait tait une proposition tendant à déclarer ces biens acquis au domaine de l'Etat. Le comité a naturellement conclu au rejet de celte pioposiiion, qui n'a trouvé dans l'Assemble aucun membre pour l'appuyer. D'après le rapport du comité, les biens du domaine privé ont une valeur de 100 millions. Les dettes de la liste civile s'élèvent à 30 millions; en outre, l'Etat réclame 25 millions poui' coupes «ombre» ou allemandes ; 'estent donc /i5 millions. Le projet proposé par le comité des finances a pour but d'opérer la liquidation avec le plus d'oppor-

lunilé et de prudence possibles. Celte liquidation s'opérera au moyen de ventes et d'emprunts, et dans ce but le ministre des finances est autorisé à prendre les mesures qu'il jugera le plus convenables.

L'Assemblée a adopté enfin, sans discussion, un projet qui crée un nouveau conseil de surveillance de la caisse des dépôts et consignations.

Louis Napoléon a répondu aujourdliui aux attaques de M. Clément Thomas.

« Citoyens représentants, a-i-il dit, l'incident regrettable qui s'est élevé hier à mon sujet ne me permet pas de me laii e.

« Je déplore profondément d'éire obligé de parler encore de moi , car il me répugne de voir sans cesse porter devant l'Assemblée des questions personnelles, alors que nous n'avons pas un moment à perdre puur nous occuper des graves intérêts de la patrie.

« Je ne parlerai ni de mes sentiments ni de mes opinions ; je les ai déjà manifesiés devant vous, et jamais personne n'a pu encore douter de ma parole.

« Quant à ma conduite parlementaire, de même que je ne me peruicitrai jamais du demandera aucun de mes collègues compte de celle qu'il croira devoir tenir, de même je ne reconnais à aucun d'eux le droit de m'interpeller sur la mienne; ce compte, je ne le dois qu'à mes commettants. (Adhésion.)

«De quoi m'accuse-t-on? D'accepter des senlimenis populaires une candidature que je n'ai pas réclamée. (Rumeurs). Eh bien oui, je l'accepte cette candidature qui -m'honore! Je l'accepie, parce que trois élections successives et le décret unanime de l'Asseniblée nationale contre la proscription dema famille m'autori.-eni à croire que la France regarde le nom que je porte comme pouvant servir à la consolidaiion de la société ébranlée jusque dans ses fondements. » (Vives et nombreuses réclamalions.)

M. le président : Vous répondrez, n'interrompez pas.

M. Louis Bonaparte, continuant la lecture de son manuscrit : à l'affermissement et à la prospérité de la République. Que ceux qui m'accusent d'ambition connaissent peu mon cœuri Si un devoir impérieux ne me retenait pas ici, si la sym-

pathie de mes concitoyens ne me consolaix pas de l'animosité de quelques attaques el de l'impétuosité même de quelques défenses, il y a lonsttemps que j'aurais regretté l'exil. (Murmures.)

M. Clément Tlioinat : Je demande la parole. (Mouvement prolongé.)

M. Flocon : Je demande la parole.

31. Louis Bo7iaparle : On me; reproche mon silence; il n'est donné qu'à peu de personnes d'apporter ici une parole éloquente au service d'idées justes et saines. N'y a-l-il donc qu'un seul moyen de servir sou pays? Ce qu'il lui faut, c'est un gour vernement ferme, inielligeiii et sage, qui pense plus à guérir les maux de la pairie qu'à les venger, (Rumeurs prolongées.) un gouvernement qui se mette franchement à la tête des idées vraies pour repousr ser ainsi, mille fois mieux que par les baïonnettes, les théories qui ne sont pas fondées sur l'expérience et la raison.

Je sais qu'on veut semer mou chemin d'écueils et d'embûches, je n'y tomberai pas. Je suivrai toujours, comme je l'entends, la ligne que je me suis tracée, sans m'inquiéter, sans ni'arrêter. Rien ne m'ôtera mon calme, rien ne me fei a oublier mon devoir. Je n'ai qu'un but, c'est de mériter l'estime de l'Assemblée, et, avec cette estime, celle de tous les homines de bien, et la confiance de ce peuple magnanime qu'on a si légèrement traité hier.

(Réclamations.) Je déclare donc à ceux qui voudraient organiser eonire moi un système de provocation, que dorénavant je ne répondrai à aucune interpellation...

U/ie voix : Vous ferez bien.

M. Louis Bonaparte : A aucune excitation qui voudraient me faire parler quand je veux me taire ; et, fort de ma conscience, je resterai inébranlable contre toutes les attaques, impassible contre toutes les calomnies. (Mouvements divers. Adhésion sur quelques bancs.)

L'élection du président de la République est fixée au 10 décembre.

M. Trouvé-Chauvel est nommé ministre des finances en remplacement de M. Goudchaux.

Les partisans de M. Cavaignac ont demandé à la Chambre que l'élection du président fiit fixée au chef-lieu de canton. De cette façon, dans les pays de montagnes,

couverts de neige au mois de décembre, les paysans ne se fussent pas dérangés ponr aller voler, et les manœuvres électorales se seraient escrimées à l'aise dans les chefs-lieux de canton. L'Assemblée a décidé, et elle a bien fait, que des subdivisions électorales seraient formées sur la demande des conseils-généraux, et non des préfets, comme le voulaient les républicains, qui sans doute avaient volé contre le suffrage universel.

Rien de nouveau. L'Assemblée continue à repousser les amendements qui tendraient à faire du président de la Republique une espère de soliveau.

M . Recurt est nommé préfet de la Seine. Le mois se termine bien.

Nous avons pour préfet l'ex-anii, l'esconimensal de l'assassin Fieschi.

ÉTRANGER

VIEN?iE.

Tout l'intérél du mois est sur Vienne.

Procédons par ordre.

h octobre. — L'empereur d'AulricLc a publié plusieurs n);inifesies rilaiifs à la Hongiio. Le premier est nu exposé de faits et de griefs contre le ministère Kossuth ; le secood est relatif à la pacification de la Hongrie.

5 octobre. — La question serait fort simple si , tandis que le gouvernement de Vienne lutte poui' soutenir sa domination en Italie, en Buhême, en Hongrie, il avait la paix autour de lui. Muis non ; la capitale est troublée cliaque semaine par une émeute , par une prom* nade aux flambeaux, en un mot, par des désordres.

La nuit du 27 au 28 s'est écoulée tumultueuse et sanglante.

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