CHAPITRE Vil
JlilANNE A SAIXT-LOLP
4 mai 1429. — Les Français attaquent lémérairement les Anglais qui occupent le fort de Saint-Loup, près d'Orléans. Ils sont repoussés, quand Jeanne accourt à franc étrier, la bannière haute. Elle les ramène. La bastille est prise, et les Anglais qui y étaient sont tués ou faits prisonniers.
Le 4 mai 1429, Jeanne, en compagnie do Lahire et d'autres capitaines, sortit d'Orléans et se rendit, à une lieue de distance, au-devant des renforts qui arrivaient. II fallait aller et revenir à travers les bastilles anglaises. On passa et repassa sans encombre, proccssionnellement, en chantant des cantiques.
Au retour, Dunois dit à Jeanne : « Mauvaises
LE MOIS DE JEANNE D'aKC *
nouvelles! Falstaff est signalé à Janville. Il amène hommes et vivres aux Anglais. » Mais Jeanne se montra joyeuse ; Falstaff et ses gens n*étaient pour elle que des vaincus de plus.
« En nom Dieu, bâtard, dit-elle à Dunois, je te commande de m'aviser sitôt que tu sauras Falstaff arrivé... Bâtard, n'y manque pas. Si Falstaff passe sans que je le sache, tu es sûr que je te fais couper la tète. » Et, le quittant tout en belle humeur, elle alla se jeter sur le lit de son hôtesse, la femme de Jacques Bouchier, le trésorier d'Orléans, dont la maison était près de la porte Banier.
A peine avait-elle fait un court somme, Jeanne se leva en sursaut, appelant d'Aulon, son écuyer, qui se reposait aussi sur une couchette, dans une chambre à côté. « Alerte ! criat-eUe. Mon conseil me dit d'aller sus aux Anglais. ' — Que voulez-vous dire? — Je vous dis que nos gens ont fort à faire à cette heure. » A ce moment on entendit du dehors des voix confuses qui criaient : « A l'ennemi! à l'ennemi!