CHAPITRE XI
LA DÉLIVRANCE d'oKLÉANS ET SUN LENDEMAIN
8 mai 1429. — Les Anglais se retirent, et les Orléanais font fête à la Pucelle qui, au bout de neuf jours, a mis lin à un siège de sept mois. Cette délivrance de la ville qui, pour les Anglais, était la def à tout perdre et à tout avoir, devient, dès 1430, l'objet d'une commémoration annuelle.
Le dimanche 8 mai 1429, dès la pointe du jour, les Anglais quittaient leurs retranchements et se rangeaient en bataille devant Orléans. Ne voulant pas partir avec honte, Talbot et Suffolk avaient l'air d'offrir le combat aux Français.
Plusieurs capitaines auraient voulu accepter ce défi. Mais Jeanne se leva, quoique soufr
frant beaucoup de sa blessure, et, vêtue d'une cotte légère, elle courut les arrêter. « Pour Famour et Thonueur du saint dimanche, s'écria-t-elle, n'attaquez pas les Anglais. S'ils veulent partir, qu'ils s'en aillent! Mais s'ils vous assaillent, défendez-vous hardiment, et vous serez les maîtres. »
Bientôt après, les Anglais commençaient à opérer leur retraite en bel ordre, étendards déployés. « Vous voyez bien, dit Jeanne, que maintenant ils vous tournent le dos. Laissezles aller. Vous les aurez une autre fois. » Les hommes d'armes obéirent à la Pucelle, mais pas si complètement que quelques-uns n'allassent, avec Lahire, poursuivre les traînards et gagner du butin. Us ramenèrent des prisonniers. « Soyez-leur bons et traitables, dit Jeanne. Ils sont hommes comme vous êtes. »
Tout Orléans était en fête. Les bourgeois et leurs femmes se jetaient aux pieds de la Pucelle. « Vous êtes notre Providence , s'écriaient-ils. — Ce n*est pas moi, bons