‹ Le mois de juillet consacré à sainte Anne [microforme]Chapitre 22 sur 89 · ER · texte numérisé non relu

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épreuves. Telle fut la conduite de Job, et .C’est ce qui lui valut la victoire. C’est ainsi que Jésus lui-même en a agi dans le jardin de Gethémani. Ce n’est pas qu'il eut besoin d’un secours extérieur; mais il a voulu nous apprendre, par son exemple, que plus la tentation est violente, plus nous devons prier avec ferveur.

Prions donc quand nous sommes tentés, et la victoire est à nous.

HI. Sainte Anne fut couronnée dans ses tentations, mais comment les a-t-elle combattues? Par la fuite des occasions, c’està-dire en vivant retirée dans sa demeure, en se privant de tout commerce inutile avec le monde, en évitant les occasions qui auraient pu la porter au mal; mais de plus, en s'appliquant à la prière. Oui, la prière était l’aliment journalier de sa piété. C’est en elle qu’elle trouvait toute sa consolation et sa force; sa consolation dans ses peines, sa force dans les combats.

Sortie victorieuse de cette double épreuve, et plus riche de vertu, elle ‘obtint ensuite cette abondance de grâces que nous admirons en elle.

102 VINGTIÈME s0UR.

Ah! nous qui avons un besoin continuel de grâces, nous qui connaissons si bien notre misère, comment négligeonsnous de recourir à ces moyens, afin de fortifier toujours davantage notre vertu?

Combattre et prier, voilà à quoi se réduit la vie du chrétien ; et s’il a été dit de la vie de l’homme sur la terre qu’elle est une lutte perpétuelle, combien cela n’est-il pas plus vrai du chrétien, qui, a raison de sa dignité, est exposé à de plus grands dangers? Prions donc, et là où nos forces commencent à défaillir, invoquons sans retard le secours de sainte Anne, cette protectrice insigne,et, par son intercession, nous obtiendrons assurément le secours de la grâce.

PRATIQUE. — Sept Ave Maria avec les prières de la neuvaine. — Nous exercer à souffrir toutes les mortifications extérieures qui pourront nous arriver dans le cours de la journée. — Sainte Anne, intercédez pour nous,

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XXIe JOUR.

Le péché.

I. Nous avons médité sur les douceurs de l’amour de Dieu, sur la beauté de sa loi, sur le bonheur d’une âme qui jouit de la suavité d’une paix véritable ; tournons maintenant nos pensées sur la laideur du

Oh ! combien il nous apparait détestable et horrible, en face de ces douceurs et de ces suavités! Combien est misérable cette satisfaction passagère qu'il renferme en lui-même, quand on la compare aux joies d’une âme qui est exempte de toute faute ! Le péché! il contient une malice « énorme, puisque celui qui s’en rend coupable, sait fort bien qu'il transgresse la loi de Dieu, qu’il s'éloigne des voies de la justice, dans lesquelles le Seigneur veut que le chrétien marche, lui donnant à cet effet les grâces nécessaires pour qu'il la parcoure avec courage et générosité. Oui,

le pécheur sait fort bien qu'il foule ces grâces aux pieds, qu'il méprise la voix intérieure de sa conscience, cette voix de Dieu qui veut le retirer du mal et de la perdition ; il sait très-bien qu’en suivant ses inclindtions dépravées, il va perdre la paix de sa conscience, et contracter amitié avec les ennemis de son bienfaiteur; il sait fort bien qu'il va faire une chose qui est essentiellement mauvaise, et pour s’y résoudre, il ne faut pas moins de sa part qu’une détermination de sa volonté propre, ou bien encore l’entrainement d’une habitude criminelle et déjà invétérée.

Oh! quel malheur ! et qu’on n’aille pas dire que le péché est quelque chose de léger, et qu’on le commet sans beaucoup de malice, par ignorance, par fragilité :

humaine. Il peut se faire, il est vrai, que l'ignorance y ait quelquefois sa part et d’autres fois cette fragilité qui est inhérente à la misère humaine ; mais il arrive bien plus souvent qu’on le commet avec pleine malice, avec une volonté pleinement délibérée, avec une connaissance très-claire

du mal; et alors qui peut dire encor®g que ce soit un mal léger ? Parce qu'il est possible de trouver des péchés plus graves, celui que vous commettez cesse-t-il d’avoir sa malice et sa gravité? Ne mesurons pas la grandeur de nos fautes sur l’étroitesse de notre entendement; mesurons-la sur l’immensité des obligations que nous avons d’obéir à Dieu et alors nous serons bien éloignés de prétendre que nos péchés sont légers et renferment peu de malice.

IT. A la gravité du péché de malice se joint l’injure qu'il fait à Dieu. Cette injure est d'autant plus grande, que nous avons plus d'obligations envers Dieu, et que Dieu lui-même est plus grand. Quelles immenses

LI LA ‘ LA obligations n’avons-nous pas envers lui?

il est notre bienfaiteur, en ce qu’il nous a créés et qu'il pourvoit à notre substance,

il est notre bienfaiteur, en ce qu'il nous

dispense avec profusion les dons de sa grâce, tellement même que nous ne pouvons pas toujours nous en apercevoir, parce qu'ils ne sont pas toujours sensibles ; il est notre bienfaiteur, en ce qu’il nous a

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préparé dans son amour la gloire la plus magnifique, une gloire immortelle et éternelle. :

De là il résulte que notre désobéissance renferme une ingratitude monstrueuse et une déloyauté déplorable à l’égard d’un bienfaiteur, auquel nous aurions dû témoigner une gratitude à toute épreuve, jusqu’au dernier soupir de notre vie.

Et pouvons-nous avoir oublié que ce bienfaiteur est un Dieu? Rappelons-nous ce que nous avons médité ces jours passés touchant ses grandeurs, et disons-nous :

Voilà celui que ‘nous avons offensé, que nous avons outragé, que nous avons vili.

pendé ? Eh quoi! sommes-nous donc ses égaux? Sommes-nous ses supérieurs ?

Rougis donc, homme mortel, toi qui n’es que poussière, toi qui n’es qu’un tas de cendre que le souffle de Dieu peut disperser en un clin d'œil avec toutes les créatures, ouvrages de ses mains. Et tu t'élèves contre ton Créateur, tu l’outrages, tu ne

‘redoutes pas sa colère?

Mon Dieu, je tremble comme la feuille, à

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la seule pensée que tant de fois j'ai osé vous faire un pareil outrage. Quelle épouvantable témérité!

III. Sainte Anne avait le plus ardent amour pour Dieu : par l'exercice de la méditation et la prière, elle avait acquis une haute connaissance de ses perfections ; combien donc ne dut-elle pas hair le péché qui est si directement opposé à la sainteté d’une âme en état de grâce et à la

grandeur de Dieu lui-même? La haine du

péché provient précisément de la connaissance de nos obligations envers Dieu, et de l’amour que nous avons pour cette beauté et cette majesté immense,

Éloignée de toutes les occasions, jamais elle n’eut le malheur de le commettre, Considérez combien elle le détesta, elle qui, après avoir obtenu de Dieu sa fille Marie, ne crut pas qu’elle serait assez en sûreté contre la séduction du péché dans la maison paternelle. Aussi la voyez-vous s’empresser de la conduire au temple aussitôt qu’elle le peut, afin que l’innoceice de Marie fût hors d’atteinte dans

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l'enceinte de ces murs sacrés qui respis raicnt la sainteté, et que là elle pût avancer chaque jour dans la sainteté, et se disposer à devenir la Mère de Dieu par l'extrême pureté de sa vie. Cette conduite de Sainte Anne semble lui avoir été dictée par le secret pressentiment des hautes destinés réservées à sa fille.

De l'horreur qu'elle avait du péché tâchons d'apprendre nous-mêmes combien il est affreux, et avec quel soin nous devons l'éviter.

PraTique.—Récitez les sept’ Ave Maria avec les prières de la neuvaine.—Y join dre un acte de contrition.—Sainte Anre, intercédez pour nous.

EN

XXIIe JOUR.

De la haine que le Seigneur porte au péché.

I. Si le péché est. si détestable, tant à cause de la malice qu’il renferme qu’à raison de l’injure qu'il fait à Dieu, il nous rèste maintenant à méditer combien est

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grands la haine que le Seigneur lui porte.

Oui, ce Dieu si bon, si beau, si doux, si aimable, si miséricordieux, ce Dieu qui ravit l'amour des anges et des élus, qui est la source do toute paix, de toute con solation et de tout. contentement, nous le voyons changé en un Dieu terrible qui punit et qui maudit le pécheur jusqu’à la troisième génération, et qui dans sa colère allume pour lui les flammes éternelles de l'enfer. Le péché répugne autant à Dieu qu'il se connaît lui-même, ses perfections infinies, ses attributs souverains, et qu'il connaît mieux la richesse des dons qu'il nous a faits. Et ces perfections, ces attributs si sublimes, si éminents qui forment sa félicité, et à cause desquels il s'aime lui-même d’un amour éternel et infini, il les voit méprisés et outragés par le pé.

cheur; il voit ses commandements si pleins d'amour transgressés et foulés aux pieds; le pécheur bouleverse l’ordre qu’il avait établi et en vertu duquel toutes les créatures qui portent son image devaient parvenir à la félicité. C’est une créature objet

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de tant d'amour et de bienveillance, au prix même des plus grands sacrifices, qui a l’audace et l’ingratitude de se révolter contre lui ! Comment un désordre si horrible n’exciterait-il pas son courroux, d’autant plus qu’en péchant, cette créature abuse de la miséricorde même de Dieu pour lui faire une injure plus sanglante.

II. Mais si le péché a une telle opposition avec Dieu, il s’ensuit par conséquent qu’il doit éprouver la plus grande horreur pour cé monstre. Oui, cette éternelle jus- :

tice qui veille au maintien des droits de la majesté divine, c’est elle qui place sous les yeux de Dieu toute la laideur de la faute et de l’ingratitude du pécheur. Si d’une part, elle fait que les justes soient agréables à Dieu, de l’autre elle lui inspire une | profonde aversion pour les pécheurs, à ce point que tout l’amour que Dieu a pour toutes les bonnes œuvres réunies de ses pures créatures, des patriarches, des prophètes, des martyrs, ne saurait contrebalancer la haine qu'il porte à un seul péché.

Uui, si Dieu était capable de tristesse, il

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solé de toutes ces bonnes œuvres jointes ensembles. La raison en est qu’un seul péché attaque directement toutes et chacune de ses perfertions ; toutes et chacune sont blessées dans leur droit, et blessées par une créature dont le devoir le plus sacré est de les reconnaitre, de les louer e* de les aimer.

Aïnsi, quand même, pour opérer tout ce bien, il faudrait ne commettre qu’un seul péché, même le plus léger de tous, on ne le pourrait pas, précisément pour ne pas faire un si grand outrage à Dieu, pour ne pas lui inspirer cette horreur profonde qui ne peut qu'être très-funeste au pécheur comme nous le verrons dans une autre considération.

III. Sainte Anne, qui ne négligeait absolument rien pour se rendre chère à son Dieu, n’aurait certainement pas consenti à commettre je moindre péché, sachant com.

bien il répugnait à Dieu et combien Dieu le détestait. Ah! c’est cette pensée qui lui faisait regarder ce mal comme plus affreux

YINGT-DEUXIÈME JOUR.

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