‹ Le mois de juillet consacré à sainte Anne [microforme]Chapitre 23 sur 89 · A EP EEE PO E PER NE · texte numérisé non relu

A EP EEE PO E PER NE

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‘112 YVINGT-DEUXIÈME JOUR.

que tous los maux do la vie. Tous les saints ont été du même avis, parca que tous ont aimé véritablement leur Dieu.

La seule idée de déplaire à un ami, nous choque tellement que nous serions prêts à tout souffrir, plutôt que d’encourir co malheur. Plus nous découvrons d’amabilité et de bonté dans cet ami, plus vif est notre déplaisir de le vontrister. Voulonsnous concevoir une bonne fois pour le péché la haine qu'il mérite? réfléchissons combien il est affreux en lui-même, quelle noire ingratitude il renferme, et combien le bon Dieu en a horreur. Heureux si nous nous appliquons à l’éviter, et si nous veillons toujours avec plus de soin, afin du moins de ne pas le commettre si facilement.

PRATIQUE. — Sept Ave Maria, avee les prières de la neuvaine. — Récitons le De profundis, en nous considérant comme morts à la grâce de Dieu. Joignons-y un acte d'espérance, en priant Dieu de nous faire ressusciter a une vie nouvelle. — Sainte Anne, intercédez pour nous,

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YINGT-TROISIÈME JOUR. 113

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XXIïle JOUR.

Remords du pécheur, — Châtiments de Dieu.

I. Mais du moins le pécheur trouve-t-il quelque satisfaction dans le péché qu'il commet ? De prime abord, il ressent une sorte de plaisir; mais s’il goûte quelque satisfaction, elle s'évanouit bientôt pour donner place au remords, cette blessure inévitable que tout pécheur se fait, et qui le déchire, fut-il au comble de la richesse et de l'honneur. Ce remords est la voix de la conscience qui lui reproche le mal qu'il a fait. Il en est poursuivit dès que sa jouissance coupable a pris fin, et son.

amertume empoisonne le peu de joie qu'il a ressentie.

Chacun peut rendre temoignage de cette vérité, et si quelque pécheur était parvenu à étouffer cette voix accusatrice, soit par de vains sophismes, soit en s’étourdissant dans le tourbillon des plaisirs du monde,

sa conscience se réveillera malgré lui; à

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chaque instant il sentira l’aiguillon du remords qui détruira ses satisfactions criminelles, qui lui fera connaitre sa misère, qui répandra dans son âme l'ennui, l’amertume et le dégoût. Et, si, par une disposition divine, le pécheur n'entend pas le cri de la conscience pendant la :

vie, ce qui serait un affreux malheur, il viendra un jour où il l’entendra malgré lui; c’est lorsqu'il sera sur le point de comparaitre devant le tribunal redoutable du souverain juge.

Ah! au moment de la mort, à cette heure fatale où l’on est désenchanté de tout, les illusions se dissipent, les sophismes tombent, les plaisirs n’ont plus de goût, le mal nous épuise, la vie nous échappe, l’âme souffre d’une manière terrible; alors aussi le remords s’éveille, et fait entendre sa voix, ou plutôt il jette des cris lamentables, en nous remettant devant les yeux les offenses que nous avons commises contre Dieu; alors nos péchés se pressent devant nous pour nous accuser et nous condamner.

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En ce fatal moment, que se passera-t-il pour le malheureux pécheur? Qui peut le savoir ? Dieu est miséricordieux, mais iln’en est pas moins juste; ‘il peut lui pardonner, mais il peut aussi le condamner. Le doute est épouvantable; mais le remords redouble de force à mesure

de justice ! vous l’avez dit : il ne peut y 1 avoir de paix véritable pour l’impie. 4

II. Nous ne voulons pas raccourcir la is main d’un Dieu qui est toute miséricorde envers les pécheurs ; nous ne voulons pas affirmer que tel ou tel sera perdu éternellement. Il ne nous appartient pas de prononcer une telle sentence, nous qui avons un si grand besoin d’indulgence et de miséricorde. Mais comment fermer les yeux sur les terribles châtiments dont Dieu a puni les pécheurs? Comment oublier Je déluge qui a englouti tout le genre humain, les pestes, les tempêtes, les tremblements de terre, les éruptions de volcans, et toute cette série de calamités plus affreuses les unes que les autres:

dispersion des peuples, perte de la foi, malédiction tombée sur les générations à venir, et par-dessus tout cette malédiction si horrible qui pèse sur les damnés dans l'enfer ? La haine que Dieu y témoigne pour le péché est telle que tous les châtiments et les flammes de l'enfer ne suffisent pas.

pour l’apaiser. Après des millions et des millions de siècles, pendant lesquels les damnés auront souffert des maux indicibles, la haine que Dieu porte au péché sera toujours la même. L'enfer sera toujours à son commencement, et jamais on ne pourra dire que la justice de Dieu a été complétement satisfaite pour l’injure que le péché lui fait.

Abh ! il faut que les droits de la justice divine soient bien redoutables, puisque l'apparence même du péché a été punie et d’une manière si terrible dans la personne de Jésus-Christ. Il était innocent, saint et sans tache; il n'avait rien de commun avec les pécheurs que la ressemblance ; car il fut envoyé Sur la terre avec la seule ressemblance de la chair pécheresse ; et

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néanmoins il fut traité comme un rebelle, comme un coupable, et après des tourments inouïs, condamné à une sentence infâme de mort. Si Dieu n’a point épargné son propre Fils, à quelles rigueurs le pécheur ne doit-il pas s’attendre ?

II. Ces considérations nous pénètrent d’effroi. Heureusement pour nous que nous avons encore le temps de demander misé.

ricorde et de rentrer en nous-mêmes.

Sainte Anne implorait la miséricorde divine pour elle, parce qu'elle se croyait pécheresse ; mais ses larmes coulaient

. encore avec plus d'abondance à cause des

péchés de sa nation. Hélas ! elle la voyait chéêtiée d’une manière épouvantable par le Seigneur, tombée sous l’esclavage, dépourvue de roi et d'autorité propre, dépouillée de sa gloire, et dans les malheurs d'Israël, elle reconnaissait clairement la main de ce Dieu, qui tant de fois avait menacé son peuple de l’abandonner, s’il ne rentrait dans les voies de la justice.

Sainte Anne priait donc et suppliait le Seigneur avec des gémitsements, pour qu'il

usêt de miséricorde envers ce peuple infortuné ; et en effet, la justice suspendit pour un temps ses fléaux, afin de laisser à la miséricorde le temps d'achever l’œuvre la plus belle de la M ni et de l'amour.

D . Mais si le peuple d'Israël ne se convertit. pas, qu’en sera-t-il de lui? Il sera abandonné, et sa dispersion sur toute la face de la terre, sera un monument éclatant de la

justice de Dieu et de la haine qu'il porteau péché. Ainsi en sera-t-il du pécheur obstiné. Sort affreux, dont nous devons conjurer le 0 Seigneur de nous préserver tous.

PraTique.—Sept Ave Maria avec les | prières de la neuvaine.— Jeûnez aujourd’hui en expiation de vos péchés.—Sainte Anne, intercédez pour nous.

| XXIVe JOUR.

| 4 Amour de Dieu envers les justes.

: I. Qu'il est grand l'amour que Dieu porte

aux justes ! ils sont à lui, et lui sont entière

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Neurs actions tendent vers lui; leurs pensées s’élancent vers lui; leurs désirs reposent en lui. Dieu de son côté se complait

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considère comme ses enfants bien-aimés.

Oh ! quel bonheur d’être les enfants chéris dé Dieu et d’être animés de son esprit !

L'apôtre saint Paul dit, que ceux-là sont les enfants de Dieu qui sont dirigés per l'esprit de Dieu. C'est assurément une grande félicité que d'être docile à ses:

saintes inspirations, et ceux-là se font reconnaitre pour les vrais enfants de Dieu qui prêtent une obéissance plus prompte à leur Père céleste.

Si Dieu les traite comme un Père plein d’une bienveillance singulière, eux aussi le traitent comment des fils tendrement dévoués.

Examinons quel usage nous faisons des suaves inspirations que nous recevons du Seigneur. Nous en laisons-nous gouverner rans résistance ? Sommes-nous dociles à

plutôt durs, revêches, recalcitrants ? Ne/ serions-nous pas plutôt les esclaves de lg crainte? Si la crainte fait plus d’impression sur nous que l'amour, c’est un signe quenous ne sommes pas encore de véfitables enfants pour ce père si aimable :

c'est un signe que notre vertu est encore .

bien imparfaite | |

Efforçons-nous donc d’avancer dans la piété, de r'ogresser dans l’amour du Seigneur, et nous saurons par expérience combien il est doux et suave de porter le nom d’enfants de Dieu, et d’en avoir réellement la qualité.

IT. Il est certain que ces dispositions si douces de Dieu envers nous et que notre amour pour lui, en un mot que ce commerce réciproque d'amour est comme un avant-goût du paradis sur la terre, Oui, il en est ainsi; mais comment parvenir à cet heureux état ? en nous conduisant toujours comme de vrais enfants de Dieu.

Il ne s’agit donc pas ici de faire le bien d'une manière quelconque, mais d’une manière parfaite; par conséquent nous ne

devons pas noas borner à pratiquer les vertus qu’on appelle naturelles, parce

qu’elles sont conformes à la nature rai-

sonnable de l’homme; mais nous devons aspirer à ces vertus supérieures qui dérivent de notre vocation divine et qu’on appelle théologales. Nous devons tâcher de les fortifier par des actes fréquents.

Joints aux habitudes infuses de ces vertus, ces actes répétés forment en nous des vertus acquises, et nous sommes disposés et préparés à les pratiquer plus promptement par les dons du Saint-Esprit. En Effet, ces dons nous rendent habiles à reconnaître soudain les inspirations divines, et à les seconder, surtout dans certains moments plus difficiles, où la lumière de la raison serait insuffisante.

C’est par une telle conduite qu’on avance

graduellement dans la perfection, et qu’on.

parvient à cet état si doux et si agréable, où l’on ne recherche plus autre chose dans ses actions que la gloire de Dieu et l’ac-

complissement de sa sainte volonté. C’est

à ce propos que David s’écriait avec tant

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de raison : Qu'elle est grande, Seigneur, la douceur que vous réservez à ceux qui vous craignent !

HI. Il est vrai, nous parlons de grâces particulières, de grâces qui ne sont pas accordées à tout le monde, mais pourquoi ne pourrions-nous pas les mériter, nous aussi ? observons ce que sainte Anne a fait pour pouvoir les obtenir. Elle a été fidèle aux commandements de Dieu, exacte à accomplir par amour les devoirs de son état, résignée dans les tribulations ; elle a fui les occasions d’offenser Dieu, elle a eu le péché en horreur; elle a pratiqué assidûment la prière et s’est exercée à l'amour de Dieu. C’est ainsi qu'elle s’est mise à même d’être rangée parmi les âmes privilégiées, justes et saintes, au milieu desquelles Dieu se plait à prendre ses chastes délices.

Encourageons-nous donc à la vue des exemples de notre insigne protectrice.

Pourquoi ne pourrions-nous pas marcher sur ses traces ? plus nous avancerons dans la piété, plus nous éprouverons les effets

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de cet amour du Seigneur, qui est admirable dans ses saints ; admirable ici-bas sur la terre, en ce qu'il les comble de faveurs; admirable surtout au ciel où il

les glorifie à jamais.

PRATIQUE.—Sept Ave Maria avec les prières de la neuvaine.—Récitez les litanies des saints.—Sainte Anne, intercédez pour nous.

XXVe JOUR.

Les béatitudes.

I. D’après la méditation que nous avons faite hier, il est clair que l’état du juste est infiniment préférable à celui du pécheur.

Celui-ci est malheureux à cause des remords, de l'ennui, de la crainte qui le déchirent. C’est en vain qu'il cherche le bonheur hors de la vertu et loin de Dieu; au contraire, qu’ils sont heureux ceux qui marchent dans la loi du Seigneur! Cette loi nous impose certaines mortifications, certains renoncements, cArtaines violences ;

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mais cette amertune légère qu’on éprouve au commencement, change bientôt en une source de consolations. Aussi, peut-on dire que le pécheur commence par goûter des douceurs qui tournent en amertumes, tandis ‘ que le juste commence par l’amertume pour finir par la douceur. Mais, de part et d’autre, le terme est sans fin, puisqu'il est éternel, et par conséquent, bien capable de faire oublier le commencement, L'intention et le but d’un législateur est certainement de procurer le bien et la prospérité de l’état. ou de la cité soumise à ses lois. Mais qui jamais se serait douté que Jésus-Christ eût placé le bonheur dans des choses diamétralement opposées à ce qu’on regarde dans le monde comme capables de rendre heureux ? L'homme charnel ne voit de félicité possible que dans la gloire, dans la fortune, dans les dignités, dans le succès. Quelle surprise ne durent pas causer les paroles du divin Maître, lorsque, assis sur cette montagne où il s’était rendu avec ses:

disciples, comme pour se séparer de la foule, il ouvrit la bouche pour proclamer

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les vraies béatitudes ! il les fait consister dans le parfait renoncement aux grandeurs, aux prospérités, aux richesses ; il désigne au contraire, les persécutions, la faim, les tribulations, les malédictions comme l'apanage de ses vrais disciples. O bonté de Dieu ! si le Sauveur avait attaché la félicité aux prospérités de la terre, il n'eût fait que l’accorder à un bien petit nombre de privilégiés. Mais en la faisant consister dans la souffrance et les larmes, ne l’a-t-il pas mise à la portée de tout le monde ? Qui est-ce qui ne souffre pas? qui est.ce qui ne verse point des larmes? Mais il faut les verser pour la justice ; il faut les offrir à Dieu ; il faut cheminer dans la loi du Seigneur. |

II. La pauvreté d'esprit, la mansuétude, la patience, la faim et la soif de Ja justice, la miséricorde, la pureté de cœur, la paix intérieure, la constance dans les persécutions; voilà, selon la parole de Jésus- Christ, les vrais fondements de la béati-

,tude. Au premier aspect, il semble que

nous ne puissions espérer cette béatitude

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126 YINGT-CINQUIÈME JOUR.

qu’au delà du tombeau. Il est vrai que le bonheur parfait n’est point de ce monde.

C’est pourquoi le psalmiste disait; Ceux-là sont heureux, Seigneur, qui habitent dans votre maison. Toutefois si ces vertus ne nous donnent point un bonheur parfait icibas, elle nous en procurent du moins uñ commencement et un avant-goût. Nous appellerions ce bonheur imparfait, s’il y avait quelque imperfection dans les dons de - Dieu; mais relativement à nous, c’est déjà là quelque chose de très-parfait et de trèsconsolant ; c’est la béatitude en perspective, c’est l'espérance certaine du bonheur, espérance tellement solide qu’on peut la regarder comme le signe le plus manifeste de prédestination qu’on puisse avoir icibas. De là vient que saint Paul s’écriait :

Nous sommes déjà sauvés par l'espérance !

N'est-ce pas là une véritable félicité? et sur quoi s'appuient le fondement et la base de cette espérance ? Sur Jésus-Christ. En souffrant, en pratiquant la justice, en vivant sur la terre comme des étrangers, les yeux toujours fixés vers la patrie céleste, en un

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mot, en faisant la volonté de notre Père qui est aux cieux, ne devenons-nous pas des images vivantes de Jésus-Christ ? et en devenant ses images, en nous conformant à lui, est-ce que nous n’avançons pas chaque jour davantage vers la couronne éternelle ? Oui, sans doute, car Dieu a dé-

‘ crété que tout prédestiné doit être conforme

à l'image de Jésus-Christ, comme l'enseigne l’apôtre. De plus,.cette espérance est fondée sur la parole, disons mieux, sur la promesse de Jésus-Christ lui-même, qui certes a bien le pouvoir de tenir ses engagements,

Notre confiance, notre espérance n’est donc pas téméraire ; elle est simplement chrétienne, parce qu’elle est fondée et qu'elle est contenue dans les limites de la vertu.

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