‹ Le mois de juillet consacré à sainte Anne [microforme]Chapitre 9 sur 89 · REA MAT FR AE 2 A · texte numérisé non relu

REA MAT FR AE 2 A

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dans l'Éternité. C'est ce qui a fait dire à saint Paul que les souffrances de ce monde ne sont pas comparables à la gloire qui nous sera décernée un jour. |

Voilà ce que le chrétien sait pour sa consolation; et animé d’une foi vive, il s’hu- “milie devant Dieu, il se résigne encouragé ‘ par l'espérance, attendant avec une douce tranquillité d'esprit lo jour où il plaira au Seigneur de! changer ses tribulations en allégresses.

Heurcux celui qui sème dans les larmes !

il moissonnera dans la joie. Celui qui jette son grain sur la terre en pleurant, retournera chargé d’épis qu'il aura récoltés dans la joie. O chère, à douce espérance qui fait que le chrétien s’écrie au sein de la douleur : O mon Dieu, mes gémissements ne vous sont point inconnus et mes désirs ne vous sont point cachés. Je sais que je serai délivré de toutes ces tribulations, que j'en serai délivré en invoquant votre nom, et que si je crie vers vous du fond de l'abîime de mes maux, vous exaucerez ma voix, et que ma prière m’obtiendra miséri-

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NEÜVIÈME JOUR. Àà3

corde et grâce, parce que c’est vous, Ô mon Dieu, qui êtes mon secours. J’attendrai donc la fin de ces jours de douleur et puis je serai réjoui par la vue du Seigneur.

II. Tels étaient les gémissements de sainte Anne au milieu de ses afilictidns.

Elle parlait à Dieu avec humilité, parce qu'elle savait qu'il est un Dieu grand et puissant. Elle lui parlait avec résignation, espérant que sa bonté l'aurait délivrée de tous les maux. Toutefois, à l'exemple du prophète royal, elle exhalait do tendres

| plaintes, car une plainte religieuse el rési-

gnée n’est pas coupable ; mais sans que sa douleur l’entralnât jamais dans la’ désolation et le désespoir. Elle attendait tran-

: quillement le jour où son chagrin serait

converti en joie. Quelque grande que füt

sa peine, elle ne pouvait, à son avis, durer longtemps, et elle regardait avec confiance le jour de sa rédemption comme prochain, ce qui était la vérité.

C’est ainsi que nous devons raisonner nous-mômes. La tribulation est inévitable, comme pénitence ou comme épreuve. Sup-

â4 DIXIÈME JOUR.

portons-là avec humilité et avec résignation, et outre que le poids nous en deviendra plus léger porté avec Jésus-Christ, nous la trouverons même très-douce ; nous acquerrons des mérites pour la gloire éternelle; elle nous vaudra la plus belle et la plus glorieuse des couronnes, une couronne qui ne périra pas comme les vaines joies de ce monde.

Celui qui vit avec Jésus, souffre pour Jésus ; celui qui souffre pour Jésus, ressuscitera bienleureux et immortel avec Jésus.

PRATIQUE. — Neuf Ave Maria, — Quelque : chose de fâcheux qu'il nous arrive aujourd’hui, supportons-le en silence. — Sainte Anne, intercédez pour nous.

Xe JOUR.

Amour de Dieu;

I. La foi nous fait croire qu'il y a un Diou, et nous le montre parfait dans tous ses attributs; l’espérance nous dérouvre

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D qu'il y a un fait dans tous ous découvre

en lui une bonté immense et une miséri-

corde Sans bornes; les promesses qu’il nous a faites d’une gloire éternelle, les grands bienfaits dont il nous comble en cette vie, et qui nous donnent sujet d’espérer toujours davantage en lui; toutes cés choses contribuent à alimenter l’amour dans notre cœur.

Par cet amour, dont l’habitude et le don sont répandus en nous par Dieu lui-même, nous aimons Dieu sur toutes choses et notre

: prochain comme nous-mêmes.

Aimer Dieu sur toutes choses ! Comment serait-il possible de ne point l’aimer, lui qui est le bien infini, qui est la beauté suprême, qui est infiniment plus aimable qu’on ne peut l'aimer, en qui se trouve renfermé tout ce que nous contemplons de beau et de bon dans les créatures, puisqu'il en est l’auteur et le créateur; enfin qui possède tous les charmes les plus propres à attirer, à gagner et pour ainsi dire à forcer notre amour ?

Oui, tout ce qu'il y a de grand et de merveilleux dans les êtres de la création,

[n’est qu'une simple goutte échappée de

er

cette source infinie de grandeur et de bonté; oui, tout cela n’est qu’un rayon émanant de ce soleil immense dont les splendeurs sont également inconcevables et douces.

Dieu seul est l’origine de tout bien. Le beau, le bon, le parfait se trouve en Dieu, mais porté au dégré suprême de perfection et dans une mesure infiniment infinie.

Si donc nous n’aimons pas un Dieu si riche en perfections, si rempli de beauté, si comblé d'excellence, qu'est-ce donc que nous aimeroné sur la terre ? Courage donc, mon âme, réveille-toi, excite ta foi, contemple les perfections de Dieu, et disposetoi à l’aimer sur toutes choses, comme il mérite d’être aimé.

II. Cette plénitude immense de biens et de biens infinis a toujours existé en Dieu de toute éternité ; elle existera à jamais en lui pendant tous les siècles des siècles, sans commencement et sans fin, sans altération ni diminution. Il a donc toujours été heureux, tout-puissant, infiniment parfait, sans avoir reçu le moindre bien de qui que ce soit. Il a été tel dès l'éternité, toujours

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ment nécessaires que jamais il n'aurait pu exister autrement, que jamais aucune d'elles n’a pu lui manquer.

Il a créé lo monde, les hommes et les anges, et il pouvait créer d’autres mondes et d’autres anges, leur communiquer la beauté la plus magnifique et la plus prodigieuse grandeur, sans rien perdre de ce

qu'il est de toute éternité. Dans l’espace

infini de son éternité, il pourrait voir tous ces mondes périr, se renouveler, se multiplier sous sa main toute-puissante, et il resterait toujours égal à lui-même. Il pourrait les voir se mouvant pendant des milliers d’années, et il continuerait de subsister après eux, comme il a toujours été avant eux, possédant par sa nature le même abime infini de perfections et de beauté.

O grandeur infinie de Dieu! quelque effort que nous fassions pour nous en formgr une idée, elle sera toujours infiniment au-dessous de la réalité

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