VÎT
Tfumhle requête aux jounialktes Français — Les pr(kUcatenrs amhulans — Modèle d'un sermon Anf/Io Français — La Tamise à liichmond — L’ancienne France — Les parodies — Les Cours de Justice — Neu'gate — Les Assises d'Old Ba'dey — Le capitaine dégradé — Le Frnnça'ts obéissanl — Lincolns Iiin Fields — Le Muséum Britanniipie — Le Parthénon — Lord Elgin — Honneurs rendus à l'art Athénien — Voltaire a. Londres.
16 Mai.
Ils sont encore, à cette heure, occupés à saluer S. M. leur reine en son palais de Saint-James, et l'on dirait que depuis huit jours ces voitures, ces chevaux, ces livrées, ces habits, ont doublé en nombre, en magnificence, en éclat. Les suivra qui peut les suivre dans cette fête du spectacle qu’ils se donnent à eux-mêmes de leur propre grandeur ! Ecrira qui la sait, l'histoire de ladg Fashion et du colonel Coterie ; il y faut renoncer pour notre part, et ne pas nous hasarder, comme dit la comédie, à étudier le salon daiis la cuisine ; car voilà notre malheur aux uns et aux autres observateurs de l’autre côté do l’eau ; une fois à Londres, nous ne voulons pas nous pei-suader
qu'il y a Jeux mondes, deux mondes séparés l’un Je l’autre par des montagnes, et que si la voix se faisait entendre ici même, qui dit : Plu» Je Pyrénées il n'y aurait plus d’Angleterre. Il en faut prendre son pjuti, j’imagine, et ne pas se briser la tête contre ces mundlles d’airain. A Paris même, il n’y a pas déjà si longtemps que, ibius ce monde d’égalité universelle et dans cette démocratie ascendante, il y avait encore certains petits recoins choLsis, dans quelque vieil hôtel, éclairé au demi-jour, où l’esprit parlait à voix basse une langue à part, que peu de gens savaient entendre, que moins do gens savaient pmler. Nous avions même, au milieu de ces beaiLx esprits au beau langage, quelques grands noms d’hommes ou de femmes qui brillaient du vieil éclat de certains astres qui brillent seuls audessus de toute autre clarté... C’était notre monde à part dans le monde où l’on se tutoie, où l’on se coudoie, où l’on {laile l’hoirible patois de tous les joui’S. Une loi du gouveniement provisoire a brisé, tant qu’elle l’a pu briser, ce dernier refuge de l’ancien monde français ; elle a effacé les vieux titres, elle a dénaturé les grands noms, elle a brisé les écussons antiques, elle a tout mis do niveau. A la bonne heure ! Et comme l’a dit Tacite : “ Après avoir été torturés par les mneurs, il no nous manquait plus que d’être torturés par les lois !”
Cependant, ijmind vous avez la clumeo heimeuse de vous rencontrer au milieu d’un si grand peuple, à quoi cela peut-il vous mener de regarder toujours dans les bas-fonds de ce monde si nouveau pour vous, et pourquoi donc ne pas vous tenir de toutes vos forces sur les hauteurs ? Comment ! vous pouvez vous promener tout à l’aise dans ces belles l'ues, semblables à des
voies romaines, et dans ces parcs merveilleux où passe, en grand ajipareil, tout le patxieiat de l’Angleterre, et votis allez vous perdre en certain eaircfour grouillant de vices, de comiptions, de hontes ! et vous allez Justement dans les ruelles, au milieu de ces sanies, pour voir ce qui se passe dans ces fanges méotides ! Cela vous plaît de vous écrier à tout lioiit de champ : “ Salut, horreura ! salut, empire de Satan ! salut a vous, profondeurs de l’enfer !” et ce serait uniquement pour assister à cet horrible spectacle des vices et des crimes que vous auriez quitté votre jeune femme, vos vieux amis, vos vieux livres, le charmé et la grâce de votre vie ! Ah ! si vous ne veniez voir ici que les misères, si vous ne vouliez entendre que les blasphèmes, si vous étiez frbiuds d’obscènes images, que ne restiez-vous autoiu’ des tapis-fnincs, dans les rues ténébreuses et dans les cavenies sans nom que l'un de nos futurs législateurs devait étaler au grand jour V Croyez-moi, s’il ne vous faut que des plaies et des linges tachés d’un sang corrompu, ne quittez pas les abords de l’Hôtel-Dieu ! No dirait-on pas, vraiment, à voir cet empressement de contempler des cabarets et des feiudis, que le taudis et le cabaret sont choses chez nous inconnues, et que nous avons supprimé la rue Soly, le cabaret de Paul Niquet, et les alentours de la place Maubert !
11 n’y a qu’une façon légitime d’étudier et de comprendre la ville où nous conduit notre fantaLsie. Acceptcz-la comme elle se montre à vous, voyageur d’un instant, éclatante et parée avec art, et n’allez pas lui demander, dans un moment de curiosité mauvaise, de volts montrer ses haillons et ses pustules. — Que dit Shahspc.are en parlant de la vieille Angleterre? nid de
ryijnes au milieu d'an vaste étang'. — Que ilit uii iiiicieu poele, en IMirlant de cette ville de I.ondres reiujdie de liabylun 'iens et de Babyloniennes, qù’il voue au feu étemel? “üue énorme masse de briques, de fumée et de navires ; une \ille enfumée et sale, perdue au milieu d’mie forêt de mâts ; solitude semée de pointes aiguës, coupole gigantesque pareille à la calotte d'un fou! " De ces deux images, quelle est la vraie ? 11 est probable qu’elles
sont vraies toutes les deux. Quant à moi, j’accepte volontiers le nid de cygnes au milieu d'un l'oste étang. Je ne vais pas m’amuser (à quoi bon ?) à retrouver la ville sale et enfumée, et je m'en vais, loin de la Tamise qui travaille au milieu de cette forêt de mâts, chercher le flot d'argent, le flot ja-seur, l’eau oisive où se baigne en ses verdures la douce colline de Richmond ! Laissons, Messieurs, laissons aux sauveurs futuiss de l’humanité, aux évangélistes modernes, aiLX Christs vagabonds, le soin et le souci de crier contre Babylone ; un voj-ageur qui passe u’a pas le droit de s'arrêter et de prêcher à tous les carrefours ! — Allez prêcher chez vous, mon maître, allez catéchiser vos frères ; ne faites pas comme ce prédimteur anglais que j’ai rencontré, dimanche passé, et qui m'a lu, pom' la restauration et l’édification de mon âme, un sermon, un vrai sermon ! “ Doux époux, tous deux chrétiens, se
trouvaient sur un vaisseau qui eut le malheur de couler à fond a une grande distance de la terre. (On ne dit pas le nom de ce vaisseau ; j’ai bien peur qu’il ne s’appelle la France.) Le mari avait engagé tout l’équipage de prier et de rendre hommage an Dieu vivant et étemel.” Ici j’arrête mou sermonneur. “ Oh ! mon révérend, prenez ganle, vous venez de faire une faute de fram;ais, votre sermon est à vau-l'eau, — et je laisse vos deux époux
s'eu aller a la dérive, dans un baquet !" Est-eo notre droit de parler ainsi ? Oui, à coup sûr ! Encore sommes-nous injustes envers ce bonhomme de prt'dicateur ! Fl ne sait pas potre langue, c’est vrai ; mais ses intentions sont excellentes ; il nous prêche la vieille morale, le vieil Evangile, et la grande mutinée de la Ilésurrection.
Autre chose est le sermon de ces fanatiques et de ces fous furieiLx, appelant à la vengeance univcraelle, toutes les âmes perdues, et faisant du haillon un drapeau sanglant au-dessus de tous les droits et de tous les devoirs. Aussi méfiez-vous de ce métier de prédicateur ambulant ; quand il n’est pes funeste, il est ridicule. Un citoyen angbiis se promenait, dimanche passé, dans Hyde-Park, avec ses deux jeunes filles, deux beaux enfims, blancs comme des cygnes dans ce vaste étang, et le prédicateiu' leur distribue un sermon ! L'enfant rougit d'épouvante, et remit le sennon à son père ! Alors voilà celui-ci qui, prenant le sermonneur au collet, le sermonne à son tour. “ Comment, lui dit-il, vous vous méfiez, à ce point, d’un père de fiimiUe que vous ne connaissez jias, et sans ma permission, vous distribuez à mes enCuis, un discours dont je ne sais pa-s le premier mot, moi, leur pi-re ! Mais, quel est donc le genre de liberté que vous exercez, INIonsieur?” Après l’avoir secoué assez rudement (c’était un pauvre diable de prédicateur clwiicelant et vieillissant) il lui jeta
son sermon au visage Peuple de cous roides, disaient déjà les
premiers apôtres de rAugletcrre en parlant des Sa.xons. '
Véritable œuvre de père de famille, ce sennon jeté à la face du • prédicateur de contrebande ; œuvre digne d’un gouvcniement i]ui se respecte et qui comprend ses devoirs, ces manifestes de lu lam-
spirntioi) et ces bulletins de rénieutc, livrés à tous les cliàtimeiis et à tous les mé[>rLs ! Quu ilcviennont cependant la femme et le mari de notre parabole, dans leur baquet? On va vous le dire: “ Vers le midi, le mari se sentant défaillir, m femme le frotta !” Lidssons-les faire, et cependant montons dans cette ban]uc au bord de la rivière où les cygnes prennent leurs ébats. “ Et moi aussi, dit Milton, eu souvenir de Sluikspearc. j’ai entendu l'écLo de notre fleuve nabil répéter les chants du cygne aimé des dieux •:
•Vos etiam in nostro modulantes Jlumine cycnos
Credimus
Si les cygnes ne chantent plus, ils se montrent toujours ; ils suivent à la trace les barques légères, et ce bel oiseau, dans ces caax limpides, ajoute à la grâce du spectacle. Ainsi, pour revenir [>ar un détour à mon point de départ, il n’est pas nécessaire, à qui veut voir la Tamise, de sc poser juste à ce coin obscur du rivage et sous ces ponts funèbres où plus d’un malheureux est venu chercher la mort dans le flot qui monte en groiubint ; allez jdutôt sur la rive poétique et cherchez les traces heureuses. Ce beau fleuve no manque pas de souvenirs cluirmans : il a été longtemps, de ce côté des vastes domaines et des riches campagnes, une espèce de fleuve français, quand Saint- Evremont, ce bel esprit amoureux et railleur, M”' de Mazarin, cette belle Hortense, un instant reine de France, et le chevaMcr de üraimnont, le niotléle des élégances, et la cour de Charles II tout entière, élevée et dressée à bi cour même du grand roi : Waller, Buckingham, Rochester, Shaftesbury, tentaient, par raille elTorts ingénieux, niais impuis,saus, d'imposer l’accent franmis
aax mœurs, au langage, aux modes de la vieille Angleterre. Oui, et celui-là qui sait se souvenir, trouvera un grand charme à parcourir les bords heureux de cette fraîche Tamise, où les exilés français, quand furent venus les mauvais jours, avaient posé leur tente vagabonde. En toute chose, croyez-moi, mes camarades, allez à ce qui est beau, à ce qui est bon et grand ; méfiez-vous do l'ironie et du paradoxe, et quand vous passez sous ces vieux hêtres, témoins et confidens de tant d’illustres amoius, n’allez pas demander au vieil arbre, combien de gens se sont pendus à ses branches ; dites plutôt, comme le jeune Sidney : “ Va, mon page, va graver sur ces écorces, le nom de celle que j'aime ! ” Cela vaudra mieux que de fouiller dans les annales lamentables : aussi tristes que Je l)oiirdon de la cornemuse qui passe, en ce moment, sous ma fenêtre et sous le bras d'un Ecossais, vêtu à la mode de son pays, il y a cent ans.
Vous le voyez, je vais toiyours à mon but, qui est de prévenir ' tant de vrais, sincères et bons esprits, mes amis et mes maitres, contre leurs propres préventions. Il y a ici, entre autres cornemuses assez tristes, une espece de taudis souterrain où, chaque soir, m’a-t-on dit, entre deux pots de bière, aussi tristes que deux pots de petit-lait, des hommes anglais, choisis dans la lie et dans la fange des farceurs, s’amusent à contrehiire les juges de leur pays. Pas de grand crime qui n’ait sa parodie et sa contrefaçon immédiate sous les voûtes de ce misérable cabaret ; pas de haut justicier qui ne soit exposé à faire sourire cette canaille immonde de ce qui doit être, après Dieu, le souverain respect des hommes et des peuples, la justice ! Parodie impie, horrible, obscène, et qui nous rappelle ce grand mot de Pascal : “ Il est dangereux do
montrer à l'homme combien il ressemble aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur ! ” Eh bien ! la plupart de nos humoristes, je dis les plus honnêtes et les plus dignes écrivains de noü'e temps, à peine à Londres, n’ont rien de plus pressé (juc de descendre dans ces caveaux du péché et de la nuit, afin de voir, par leurs yeux, comment les chiens aboient quajid la justice boite auprès d’eux ! Naturellement, tous les bons instincts des écrivains français, de ces hommes qui sont llionneur même, se soulèvent de dégoût et d’horreur, à ce spectacle sans nom d'mre insulte publique adressée, en si bas lieu, à tant de lob. à tant de juges, à tant do misères ; et naturellement, cette indignation pusse, toute vive, dans les premières pages françaises, où il est parlé de Londres et de l'Angleterre ! Est-ce une chose juste, cependant, de s’en aller, du premier bond, dans ces gémonies, pour eu tirer des conclusions contre un gou\ emement, assez fort pour mépriser ces invectives, et qui, d’mi pied dédaigneux, éeiaserait cette parodie souterraine, si elles lui causaient le moindre trouble? Et d’ailleurs no dirait-on pas que ceci, c'est la justice de l’Angleterre? Il est si fecile d'aller voir dans son sanctuaire cette Thémis antique qui a gardé même le costume et les fonnules des anciens joiusi ! Cette grande salle du palais de Westminster, pireille au Panthéon, moins les colonnes qui portent la voûte, conduit justement à toutes sortes de Cours de justice ouvertes au public : la Cour de chancellerie, à qui reviennent plusieurs des attributions de notre Cour de cass;ition ; la Coite du banc de la reine : de banco re<iiiue, en vieux style ; la Cour des plaids commmis ; la Cour des finances, de la maréchaussi-c, do l'amirauté ; la Cour ecclésiastique, et la Cour, très frcqucntec, des débiteurs insolvables. On entre, et l'on voit
clans ces euceintcs pacilujues, comment agit et marche nno justice prudente, savante et forte! Ni hâte, ni déclamation; leloc^uence est bannie, et je ne crois pas quelle ait été couronnée au préalable, des roses printanières. Ou si le spectacle régulier de cette loi qui s’applique à des intérêts pacifiques, vous parait peu digne de votre attention, blasée par nos mélodrames, par nos romans à la mode et dans le feu de nos Cours d’a.ssisea, qu’à si peu ne tienne, ami, que vous alliez souiller vos yeav et vos oreilles aux gémonies du cabaret! Allez à un lieu de ténèbres dont le nom seul doit sonner lugubrement et délicieusement à vos oreilles délicates, allez à Newgate, le digne rendez-vous de ces deux héros de Milton : le Péché et la Mort ! Dans cette maison du meurtre et du châtiment, tout est formidable ; le nom, l'aspect, l’enseigne même. ..une chaîne, un c.iurcan, une porte funèbre ! Cicéron appelle la loi un canseil plein de menaces ; on pourrait appeler Newgate : un caiîhot plein de vengeance ! C’est une machine fondée aux temps des plus féroces bastilles ; cUe a été démolie à plusieurs reprises, par ce peuple furieux, et chaque fois elle a été rétablie, avec de nouvelles recherches. — Chaque cachot raconte un supplice, cliaquo pieire de la muraüle une agonie. Elle n'a qu'une porte, pour recevoir l’accusé, elle a deux fenêtres, pour précipiter le coupable ! — ;Vllez-y, et vous ti’ouverez dans cette enceinte, deux Cours de justice criminelle ! Ou s’amuse peut-être moins à ces as.sises d’Old Bailey que dans la cave du farceur dont nous parlions tout à l’heure ; en revanche on y voit le grand spectacle d’une justice véritable, et c’est surtout de la justice que l’on peut et que l'on doit dire : Rien n’est hean que le vrai!
Nous sommes entres dans celte Chamlire dos assises. La salle
l'st i>lus longue ijue large ; un Jes eûtes, celui qui fuit face a la tribune où se tient le publie, est occujk: par le banc des juges ; le président se tient sous un dais, et sur sa tête, semblable à cette épée attachée à un lil, est susjkükIu le glaive de la loi ! loi sans pitié ! Où nous plaçons, nous autres catholiques, uu Christ et une espérance, elle place un glaive et le désespoir ! A la droite du banc sont assis les jurés ; au pied du tribunal est dressée une table, aussi Uu'go que le piuquet ; le conseil et les officiers de justice sont assis au Ixmt de cette table ; chaque tête est ornée d'une jwrruquo courte, et c'est tout le costume ! Ou apjiele chaque témoin par son nom ; il arrive à la droite du présideut, et après avoir touché la Bible de ses lèvres ouvertes, il prête un sèment solennel, la main sur les saintes Ecritures. A cette Cour, c’est l'avocat même do l’accusé, et non pas, comme chez nous, le président qui interroge les témoins. L’avocat se lève, et d'une voix lente et grave, il pose une question à laquelle répond le témom. L’accusé se tient dans luie es[)cce de tribune où il va et vient librement. Il écoute, il fait ses observations, il lumle à ses juges. L’avocat, lui, quand il parle, s'adre.sse uniquement aux jurés; il se tourne vers eux, et il s'occupe à faire psisser dans ces âmes attentives la conviction dont il est animé lui-même. Cette plaidoh'ie, ou pour mieax dire cette causerie à voix basse, a quelque chose d'étrange et qui nous fnipjæ, par sa nouveauté même. Et les juges, et l'avocat, et l'accusé, cliacun semble s’entendre, afin d’arriver plus vit<!, et par les meilleurs sentiers, à une conclusion digne de la justice d’uif peuple libre. Rien de trop dans l’aeciLsatiou, et rien de trop dans 1a défense. On s’explique, on cause, ou i lici'. he à gagner ccUc voix unanime qui ressemide
Il la voix d'en liant. Ce spectacle-là vaut mieux, iToyez-moi, que toutes les parodie.s malsaines des Imladins dans leurs cavernes. Mais à quoi bon démontrer la cLirte du jour; de ipui non ila loniji't disputatiune opus esse ridetur !
Le jour de mes assises d’Old Bailey, il s'aoissait d'un billet argué de faux, et la somme était d'une mince importance ! Un des accusés était un jeune homme de vingt-huit à trente ans. d'une physionomie avenante et d’une voix très <louee. Il expliquait sa triste affaire, avec un sang-froid digne d'une meilleure cause, et l'on voyait que s'il était condamné à la déjMUtation il en prendrait facilement son jtarti. .Te n'ai pas eu la patience d’attendre le résulUit définitif de ce procès, qui paraissait tourner assez mal pour les accusés.
Vous i«u’lez de procès ! Il y a trois jours, un jeune officier, que dis-je ? un capitaine de la garde, tout brillant de son nom, de sa jeunesse, île ses allijinces, le propre neveu du duc de Bisiufoit, un des meilleur gentilshoinines de l'Angleterre, comme il s'obstinait à passer par un sentier défendu aux voitures, le policeman l'arrête, et, l'imprudent jeune homme ! il frappe le policeman au visage ! .\ussitôt on s'emptire de notre capitaine, on le traîne devant le juge, et il est condamné, séance tenante, à dix jours de réclusion ! Or la réclusion est ici, comme chez nous, une peine afflictive et infamante, une degrailation morale. En vain le jeune officier appelait à son aide tous les dieux propices... les dieux sont restés sourds ! — Plus vous êtes un gentilhomme, disait le juge-orateur de la loi criminelle, et plus sera salutaire l’exemple que nous allons tirer de vous 1 — Il a été condamné, il a été emprisonne, il a été ruse et le voilà