SECONDE NEUVAINE
Le sang de Jesus dans le Nouveau Testament.
11e Jour—Hostiam et oblationem noluisti corpus autem aptasti mihi(Hebr., x, 5).
Vous n'avez pas voulu des hosties et des offrandes (de la loi ancienne,) mais vous m'avez donné un corps.
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T1 était impossible que le sang des boucs et des taureaux effaçât les péchés. Aussi, entrant dans le monde par l'incarnation, le Sauveur dit: à son Père : Vous n’avez pas agrée pour hostie et pour offrande la chair et le sang des animaux ; mais du plus pur sang de la Vierge Marie vous m'avez formé un corps et “dans ce corps coule un sang qui, en vertu de l’union bypostatique, est un sang divin ; et j'ai dit : Me voici, je viens. Car il est écrit de moi que je ferai, Ô Dieu, votre volonté.
Ainsi dès le premier instant de l’incarnation, Jésus a vu constamment son propre sang répandu pour nos péchés. Dès lors on peut dire que la passion était commencée dans l’Âme de Jésus et par contre coup dans son cœur.
Si nous connaissions d'avance les douleurs qui nous attendent, il nous serait impossible de goûter en cette vie la moindre douceur. Aussi, lors même que nous prévoyons une souffrance inévitable, telle est notre horreur pour tout ce qui nous est désagré1ble, que nous essayons de dissimuler, d'adoucir, d'oublier, de nous faire illusion sur cet avenir qui nous menace.
Mais Jésus connut et vit, dès son entrée en ce monûe, toutes les épreuves qui l’attendait ; il ne chercha point à en détour-
ner sou regard, à en dissimuler la gravité.
Quelle fut donc sa vie durant trente-trois aus, ou plutôt quelle mort continue !
Nous sommes les auteurs de cette longue agonie, de cette continuelle passion, Compatissons du moins, et acceptons avec résiguation les maux qui nous arrivent et que nous avons si bien mérités.
12e Jour.—ÆEt postquam consummati sunt dies octo ut circumcideretur puer :
vocalum est nomen ejus Jesus (Luc., II, 21).
Et huit jours après sa naissance, l’enfaut fut circoncis et reçut le nom de Jésus.
Le grand nom de Jésus est le prix du gang. Ce nom signifie Sauveur ; pour être le Sauveur, Jésus doit verser son sang. Les gouttes de sang de la circoncision sont seulement les arrhes des flots qui doivent couler un jour sur la croix.
Adorons les.prémices de ce sang divin, et unissons notre compassion à celle de Marie et de Joseph. Pénétrgns jusqu’au Cœur du divin Enfant, nouS y verrons la joie qu’il éprouve de commencer à souffrir pour notre salut.
La souffrance nous effraie, la croix nous épouvante ! Commençons par de pêtits gucrifices, Receyons avec résignation les
l’en- Jésus.
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petites croix de chaque jour ; dégrgeonsnous peu à peu, aujourd'hui d’une chose, demain d’une autre : et nous deviendrons capable de porter avec Jésus la grande et lourde croix du Calvaire.
13e Jour.—Æt factus est sudor ejus sicuët guüttæ sanguinis decurrentis in terram (Luc., xxn1, 44).
Et Jésus fut couvert d’une sueur de sang dont les gouttes coulaïent jusqu’à terre.
La vue seule de la passion suffisait pour saisir le cœur de Jésus et pour lui causer une impression mortelle ; mais ce qui le brise de douleur, c’est la pensée que tant et de si cruelles souffrances seront inutiles pour des millions d’âmes qui s’obstinront à rejeter la grâce. En présence de cette ingratitude, le Cœur si délicat et si généreux du Sauveur bat avec une indicible violence, et le sang refoulé s'échappe par tous les pores : de là cette sueur de sang qui réduit Jésus à l’agonie.
Et à la vue de cette sueur dont nos péchés ont inondé les membres de notre Sauveur, nous demeurons froids, insensibles, indifférents ! |
Déjà pendant que Jésus veillait, priait, suait le sang et se voyait réduit à l’agonie,
les Apôtres, et même les apôtres choisis, Pierre, Jacques et Jean, au lieu de veiller et de prier, s'étaient endormis à quelques pas de leur Maître.
Ainsi aujourd’hui à l4 vue du sang de Jésus qui coule encore sur nos autels, mais inutilement pour tant d’âmes obstinées à se perdre, nous dormons dans une tranquille insouciance.
Or, ep fut surtout l'indifférence de ses plus fidèles amis, du moins de ceux qui, par profession et par engagement, devaient se montrer les plus fidèles, ce fut surtout ce sommeil spirituel de ceux qu’on appelle les bons, qui provoque la sueur de sang du Sauveur. Quand donc nous réveilleronsnous enfin de notre somnolence ?
14e sour.—Peccavi tradens sanguinem justum (Matth., XxXV1E, 4.)
J’ai péché en livrant le sang du juste.
Ce sont les paroles de Juda aux princes des prêtres, lorsque voyant Jésus condam-
né, il se repentit de l’avoir livré et vint
rapporter l'argent qu’il avait reçu pour
prix de sa trahison. On le voit; rien n’est :
omis pour réparer le crime : restitution de l'argent, aveu du péché, protestation en faveur de l'innocence. Ce n’est pas le
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