OL
courage qui manque à Juda: il en fallait pour s’exposer à conte la fureur des ennemis de Jésns par une réparation qui devait confondre leur malice et leur iniquité! Cependant Judas s’est perdu ! Que manquaitil donc à sa pénitence ? Il n’a pas compris la vertu du sang qu'il venait de livrer ; il n’a pas entendu l4 voix de ce sang qui ne criait encore que miséricorde. Après avoir été aux pieds des juges iniques le prix de sa trahison, après un coup d'éclat si hardi,
.8i généreux, si compromettant, pourquoi
n'est-il pas venu se jeter aux pieds de Jésus ! C’est là qu'il fallait s'écrier : Peccavi, tradens sanguinem justum, j'ai péché, livrant le sang du juste. Jésus ne lui eût pas laissé le temps d'achever, mais, comme le père du prodig'ie, il eût admis le traître repentant à un baissr nouveau, au baiser de la réconciliation qui eùtà jamais effacé celui de la trahison. Quelle consolation ce retour n’eût-il pas apporté au Cœur de Jésus, dans les angoises et les douleurs de la passion !
Trop souvent, hélas! l’occasion s'offre à nous de procurer au Cœur de Jésus des consolations de ce genre! Trop souvent, nous le trahissons par nos fautes. Alors, au lieu de nous abandonner au découragement et au désespoir, revenons à Jésus,
ms 27 ss
jetons-nons à ses pieds, laissons couler sur notre cœur le sang qui s'échappe de son cœur, et avec son amitié, avec sa grâce, il nous rendra la confiance, l’innocence et la paix.
15e JOUR.—Innocens ego sum «a sanguine justi ejus. (Matth. xxVII, 24).
Je suis innocent du sang de ce juste.
Non, Pilate, non, tu n’es pas innocent du sang de ce juste ; tu pouvais le défendre et tu le devais. Tu le devais : tu as reconnu son innocence et sa justice; tu as reconnu la jalousie, la malice, l’iniquité des accusateurs. L'ignorance ne peut donc t'excuser.—Tu avais la force en main ; sur un signe tes soldats se montraient, et soudain la foule anfeutée par les pontifes se dispersait avec ses chefs. ‘Tu ne, saurais alléguer la faiblesse. —Tu pouvais donc défendre le juste et le sauver. En le sauvant tu te sauvais toi même ; en le perdant, en le livrant, tu t’es perdu !
Mais si Pilate fut inexcusable, si Pilate ne fut pas innocent du sang de ce juste, quelleexcuse peut imaginer le chrétien qui, par le péché, verse encore le sang de Jésus? Quelle excuse pourrai-je moi-même alléquer ? L’ignorance? Mais je sais ce que Pilate ne savait pas, je sais que Jésus est
r sur
son e, il e et
quine
cent udre S l'etu as é des donc \; SUT btsoufes se tul'AÏS 1c déavant nt, en
Pilate juste, n qui, le Jémême 6 QUE us est
ANR. WU
* Dieu, je saïs qu’en péchant je foule aux
pieds le sang d’un Diéu. Je sais et je crois que c’est pour moi, pour me sauver que Jésus à versé sou sang. Pilate ne savait pas que Jésus fût le Sauveur. Il aurait pu le savoir, Jésus était tout disposé à le lui apprendre, et si après avoir demandé : Qu'est-ce que la vérité? Quid est veritas ? Il eût attendu la réponse, il aurait appris qui était ce juste, cet iunocent; mais eufin si Pilate est coupable pour avoir craint d'en apprendre et d’en savoir plus qu’il ne voulait sur la personne de Jésus, moi qui le sais, moi qui crois que Jésus est mon Dieu et mon Sauveur, quelle excuse puis-je apporter quand, par le péché, je méprise un sang que je sais être le sang d'un Dieu répandu pour me sauver ?
16e Jour.—Sanguis ejus super nos et super filios nostros (Matth., xxvI1, 25).
Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants, Q A Q Q Ld Lé Oui, Ô mon divin Jésus, que votre sang retombe sur nous; mais ce vœudans notre bouche a un sens bien différent de celui
qu'il avuit sur les lèvres des Juifs. Plus
coupables qu'eux, il est vrai, puisque nous avous plus de lumières, et que nous savons
PARRAINAGE IEEE D 2 RAS EN Eee ARE COR
ce qu'ils ignoraient, savoir que vous êtes le Roi de gloire, le Sauveur, le Messie, le Dieu incarné, nous méritons que votre sang retombe sur nons comme les eaux vengeresses du déluge sur la tête des hommes corrompus, comme la pluie de feù sur Sodome; nous espérons, cependant, que ce sang innocent ne retombera sut nous que pour nous purifier et nous Sanctifier. j O Sang divin, soyez pour nous une pluie de miséricorde et de grâce, et non une pluie de fureur et de vengeance ; soyez pour nous une pluie de feu, mais d’un feu qui ne consume que nos iniquités et qui
embrase nos cœurs des flammesde la diviue charité.
17e Jour.—Apprehendit Pilatus Jesum et Jlagellavit (Joan., x1x, 1).
Pilate fit saisir Jésus et il le fit flageller.
Le sang de Jésus jaillit sous les coups qui déchirent sa chair virginale. Par ce supplice aussi hbumiliant que cruel le Sanveur veut expier les délicatesses et les voluptés coupables qui déshonorent les corps et les âmes. :
Epargnerons-nous encore une chair criminelle ? Comprendrons-nous enfin l’obligation et la nécéssité de la mortification
s êtes sie, le votre eaux te des de feu ndant, ra sur s SANCe pluie n une SOyeZz un feu et qui divine
sum et
geller.
coups Par ce e Sanles voÿ COrPS
ir cril’oblication
des sens, soit pour réparer les fautes commises, soit pour prévenir les chutes nouvelles ?
Les bourreaux se relèvent pour frapper.
Leur bras se lasse sans épuiser la patience de l’auguste Victime. Les coups ne tombent plus sur la chair, mais sur les ossements que déjà l’on peut compter : Dinumeraverunt omnia ossa mea (Ps. xxr.) Le corps sacré de Jésus n’est plus, de la tête aux pieds, qu’une immense plaie.
Et nous, après un essai de pénitence, nous sommes aûssitôt lassés, et nous ne tardons pas à retomber dans notre mollesse habituelle. Quand donc serons-nous résolus à nous épuiser pour Celui qui s’est épuisé pour nous ? Quand done, pour nous sauver nous mêmes, aurons-nous le courage de souffrir avec Jésus qui, pour nous sauver, n’a reculé devant aucuue souffrance ?
18e gour—ËEt plecientes coronam de spinis posuerunt super caput ejus.
(Matth., xxvir, 29).
Etc tressant une souronne avec des épines, ils la mirent sur sa tête. ,
La tête avait échappé aux coups de la flagellation ; il faut qu'un supplice particulier soit inventé par la cruauté des bour-
reaux pour faire couler de ce chef sacré le sang du Sauveur. Coutemplez votre Roi avec la couronne que ses sujets lui ont tressée. Comptez et mesurez ces dures et longues épines qui pénètrent jusqu'aux 08 et qui descendent jusqu'aux yeux. La douleur la plus légère qui affecte la tête produit dans le corps entier un malaise intolérable, d’après cette expérience, jugez des souffrances de Jésus après le conuronnement d’épines.—Que sera-ce quand il faudra porter la croix ? Ce rude bois, pendant l1 marche, heurtera continuellement la couronne et enfoncera de plus en plus les épines dans la tête de l’auguste papatient.—Mais sur la croix, quel supplice! Si la tête du Sauveur ne touche pas le boïs, elle retombe sur la poitrine et par son poids elle agraudit les plaies des mains et des pieds. Si Jésis essaie de teuir la tête droite, le bois de la croix.
repousse les épines et les fait pénétrer .
plus avant. Aussi sous ces cruelles épines, le sang ne cesse de couler, il inonde les yeux, il descend jusque sur les lèvres, il arrose tout le visage.
Recueillons les gouttes de ce précieux sang pour expier et pour effacer tant de
pensées criminelles que nous avons si souvent entretenues.
laise igez rOnd il enent plus
ns DT
19e Jour.—Postquam veneruntin locum qui vocalur Calvariæ ibi crucifixerunt eum (Luc., xxIHI, 33).
Quand ils furent arrivés au lieu appelé le Calvaire, là ils le crucifièrent. |
Ils le crucifièrent. Le mot est court, mais l’opération est lente et cruelle. Considérez l’un après l’autre les clous qui traversent les pieds et les mains du divin Grucifié ; entendez les coups de marteau qui eufoncent les clous. Voyez le sang qui jaillit de’ ces quatre sources Videbunt in quem transfirerunt, Ces mains qui n’ont répandu que des bienfaits, ces pieds qui ont parcouru la J'adée portant Celui qui
ne passait que pour faire le bien : Per-
transit benefaciendo, les voici désormais immobilisés et réduits à l'impuissance d'agir.
C’est ainsique les hommes récompensent les services qu’ils ont reçus, Essayez de faire le bien, ils se ligueront pour vous empêcher de murcher et d'agir. Travaillons, cependant, allons partout où nous appelle le service de Dieu et du prochain, mais au lieu du concours et de la reconnaissance, n’attendons de la plupart des hommes que l'obstacle, l'opposition et l'iugratitude.
sum DO
90e Jour.— Unus militum lanceo latus ejus aperuit et continuo exivit sanguis ct aqua (Joan., XIX, 34.)
Un des sotdats lui ourrit le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau.
Le sang figure l'Encharistie, l’eau figure le Baptême. "Le Baptême et l'Eucharistie, l'un, le premier sacrement, l’autre, le plus grand, rappellent tous les sacrements et l'Eglise même, qui nait par le Baptême qui se soutient par l'Eucharistie. Allons donc au Cœur de Jésus. Là est notre berceau ; Jà nous sommes nés à la vie chrétienne, Nous sommes son sang. Vivons de lui et par lui. Ce cœur sacré est la source, nous sommes les ruisseaux ; il est le soleil, nous sommes les rayons. Séparé de la source, le ruisseau tarit , séparée du soleil, le rayon s'éteint. Séparée du Cœur de Jésus, notre vie, notre vertn s'évanouit et disparaît.
Unies à ce Cœur sacré comme le ruisseau à la source, comme le rayon au soleil; notre vie chrétienne et notre vertu surnaturelle se conservent et ne cessent de croître,
Restons au pied de la croix, contemplons Jésus crucifié ; nous retrouvons tous les sacrements figurés et réalisés en sa personne.
eus ct
avec
sang
ivure
nous nous ce, le yon otre r'aît.
eau Dtre itutre, M us sa
…— 29 — TROISTEME NEUVAINE eo
Le Sang de Jésus dans l'Eglise et dans les Sacrements,
Qle Jour. — Baptismo qua ego baptizor, baptisabimini (Marc., x, 39).
Vous serez baptisés du baptême dont je serai baptisé.
Ea mère de Jacques et de Jean demande à Jésus pour ses deux fils les deux premières places. Jésus adresse aux deux frères cette question ;: Pouvez-vous boire le calice que je boirai, et être baptisés du baptême dont je serai baptisé ? Il s'agissait de la passion qui devait être et un calice et un baptême. Or la passion est la mesure dela g'oire. Sans hésiter, Jacques et Jean répondent: Nous le pouvons. N’ingistons ici que surle baptême. Contemplez Jésus couvertd'une sueur de sang, flagellé, couronné d’épines, crucifié, et par suite de ce triple supplice, tout inondé de son propresang: voilà son baptême, Or, ce n’est pas seulement Jacques et Jean qui doivent participer à ce baptêmesanglant et terrible, saint Paul étend cette obligation à tous les chrétiens. Tout chrétien est baptisé dans le sang de Jésus, baptisé en Jésus-Christ, baptisé dans la mort de Jésus-Christ, en-
seveli avec Jésus-Christ par le Baptême pour mourir au péché. (Cf, Paul., Zom., vi, Set suivants), Le baptême en Jésus- Christ est la condition de notre résurrec-.
tion à la vie. Consepulti ei in baptismo in uo et resurrexistise (Col. 11, 12). Par le Baptême nous avons comme revêtu Jésus- Christ : Quicumque enim in Christo baptizatieslis, Christum induistis (Gal., nr, 27).
Revêtir Jésus-Christ, c’est, ce me semble, prendre la forme de Jésus-Christ, c’est devenir semblable à Jésus-Cluist, et cette ressemblance nous sauve en nous rendant agréables au Père céleste qui se plait à voir en nous autant de frères de son divin Fils:
Quos et vos nunc similis formæ salvos. facit baptisma (1 Petr., 1,21). Mais pour que la ressemblance soit parfaite, il faut que, au sang de Jésus, nous mêlions notre sang, le sang de nos larmes, le sang de notre péuitence, le sang de notre contrition, le sang de la mortification continuelle par l’acceptation de la croix de chaque jour.
22e Jour.—Qui autem confirmat nos vobiscum in Ohristo, et qui unxit nos Deus, qui et signavit nos et dedit pignus Spiritus in cordibus nostris (IT Cor., 1, 21, 22).
Dieu qui nous confirme avec vous en Jésus-Christ et qui nous a sacrés, qui nous
tême om., ésus-
rrec-.
oin ar le ésusbtiza-
, 24), mble,
c’est cette dant voir Fils :
Jacit ‘que que, ang, otre 1, le par
bis- S,