LA CONDUITE A TENIR. LES OPINIONS
Quelle conclusion devons-nous tirer de l'exposé que nous venons de faire? C’est que le post-partum est une période dangereuse pour une femme atteinte de tumeur ovarienne.
De nombreuses complications peuvent se produire et
souvent elles sont mortelles. Les statistiques les plus optimistes, celle de Mc. Kerron et celle de Puech et Vanverts, indiquent encore une mortalité de 12,5 p. 100 pour la première et de 9 p. 100 pour la seconde. * I est d'ailleurs très difficile d'établir un pronostic ferme au moment de l'accouchement : une tumeur qui n’a donné lieu à aucun symptôme grave pendant la grossesse ou le travail, peut causer les accidents les plus dangereux pendant les suites de couches.
Pour éviter ces redoutables éventualités, les gynécologues proposent l'intervention au cours de la grossesse.
FERRAND j 2
Hurel, dans sa thèse de Lyon, 1899, signalant la gra-
vité du post-partum compliqué de kyste de l'ovaire,
insiste sur la nécessité de pratiquer l’ovariotomie avant
l'accouchement. Il n’est cependant pas toujours possible al . . Ü US r k L , S
de faire ainsi; on peut se trouver en présence d’une
femme qui ne s'est pas fait examiner au cours de sa
grossesse; où bien chez laquelle la tumeur, quoique reconnue, n'a pas été ‘enlevée pour différentes raisons. Que conviendra-t-il de faire, l’accouchement terminé?
Si la tumeur donne lieu à des accidents, la question est toute résolue : il faut opérer le plus tôt possible; tous les gynécologues sont d'accord, pour proclamer la nécessité d'une intervention rapide. Que l’on soit en présence d’une FhpRaAauos du kyste, d’une hémor-. ragie, d'une rupture ou d'une torsion du pédicule, l’expéctative n'est pas de mise, et seule une ovariotomie précoce peut sauver la malade.
Mais la question est loin d’être toujours aussi simple, nombreux sont en effet les cas où le kyste de l'ovaire n est encore le siège d'aucune complication. Dans cette hypothèse, les avis sont partagés.
Les uns préfèrent attendre la fin de la période puerpérale, pour opérer dans les meilleures conditions.
Les autres, désirant débarrasser la femme de sa tumeur si dangereuse, interviennent sans retard.
Chacune de ces deux Écoles a ses arguments, que nous allons à présent examiner.