‹ Le monachisme africainChapitre 10 sur 80 · Aug., ep. 60, col · texte numérisé non relu

Aug., ep. 60, col

l’église des livres qui ne figuraient point, il est vrai, au canon des Écritures. Cela suffisait-il pour en faire un lecteur, par conséquent un clerc? La question était douteuse. Mais un concile d’Hippone, confirmé par celui de Carthage (397), ayant défendu expressément de recevoir un clerc sans l’autorisation de son évêque, Augustin consulta Aurelius sur la validité de la clériçature de son postulant. La réponse ne lui était pas encore parvenue, quand lui arrivèrent les réclamations de QuintianusL

Dans la lettre qu’il écrivit à ce dernier pour expliquer sa conduite, il rappelle un décret du concile de Carthage (401) qui interdisait d'élever à la cléricature les moines fugitifs ou chassés de leur monastère 2. Cette mesure, dictée par la prudence, reçut longtemps après, dans un autre concile de Carthage (334), une forme définitive qui, tout en maintenant les droits du supérieur, mettait l’évêque à l’abri de toute surprise. 11 ne fut plus permis désormais de conférer à un religieux soit la cléricature, soit une dignité ecclésiastique, sans le consentement de son abbé, qui devait, en l’accordant, témoigner de sa bonne conduite^.

Les monastères, à cette époque, se composaient en majeure partie de simples laïcs. Les supérieurs eux-mêmes n’étaient pas toujours dans les ordres sacrés'^. Les prêtres et les autres ministres des autels ne formaient donc qu’une exception. Or la vie commune organisée pour la majorité devait avoir pour eux beaucoup d’inconvénients. La prudence des supérieurs accordait, sans nul doute, les dispenses que nécessitaient leurs fonctions saintes. Mais elle ne, pouvait supprimer tous les obstacles. D’autre part, ils se rencontraient au service de la même église avec des clercs qui continuaient à vivre dans le siècle. Ce frottement continuel entraînait forcément des conflits. La bonté et la sagesse d’un évêque animé de l’esprit de Dieu et respecté par tous ses auxiliaires étaient de nature à les prévenir ou tout au moins à les apaiser. Mais l’expé-

Page 1