‹ Le monachisme africainChapitre 14 sur 80 · Id., ep. 213, ibid., col · texte numérisé non relu

Id., ep. 213, ibid., col

vait d’établir juridiquement la culpabilité de Spes, il eut recours à un moyen surnaturel. Les hommes se taisant, les saints pourraient parler. 11 envoya donc l’accusateur et l’accusé en pèlerinage au tombeau de saint Félix de Noie, dans l’espoir qu’une intervention miraculeuse manifesterait la vérité, jusque-là rien n’avait transpiré. Mais alors, on ne sait par qui, le peuple fut mis au courant de l’affaire. Le scandale fut grand, on le devine, d’autant plus que les catholiques d’Hippone étaient fiers de la vertu de leur clergé et voyaient le parti que les schismatiques allaient tirer contre eux de ce malheur. Leur colère éclata surtout contre Boniface, et ils réclamèrent avec instance que son nom disparût de la liste sacerdotale. Saint Augustin, qui était absent, envoya sans retard à son clergé et à son peuple la relation fidèle de tout ce qui était arrivé. Puis, dans le but de fortifier les faibles, que troublait ce triste épisode, il ajoute : « je vous avoue, le Seigneur Dieu qui voit le fond de mon coeur sait la vérité de ce que je vous affirme : depuis que je me suis consacré à son service, je n’ai pas trouvé d’hommes meilleurs que ceux qui vivent saintement dans les monastères, je n’ai rien trouvé non plus de pire que ceux qui s’y sont corrompus. Aussi je crois qu’on peut appliquer aux monastères ces paroles de l’Apocalypse : Le juste s’y sanctifie de plus en plus, le pécheur s’y souille davantage. Si nous avons parfois le chagrin de rencontrer des ordures (purgamenta), nous éprouvons néanmoins une vive consolation, parce que nous y trouvons plus souvent des joyaux pour l’Eglise. Gardez-vous de prendre en aversion les pressoirs d’où sort une huile si propre à éclairer l’Église, parce que vos yeux y aperçoivent du marc*. » Cela se passait en 404.

Peu de temps après, il eut à déplorer la conduite indigne de Paul, évêque de Cataque, que Tillemont met au nombre de ses disciples et de ses moines 2. Augustin « l’avait engendré par le Christ jésus dans l’Évangile 3 ». Cè lui était un titre suffisant pour lui donner de sages conseils et, au besoin, des réprimandes sévères. Malgré cela, Paul devint par sa vie mondaine la honte de l’église d’Hippone sa mère, et l'occasion de la perte de beaucoup d’âmes faibles, à tel point que son maître et son père fut obligé de le priver de. sa communion.

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