Cf. Tillemont, xm
Développement du monachisme africain
Mais que sont ces chutes, si on les compare à la sainteté qui s’épanouit autour de saint Augustin et au développement rapide que sa vigoureuse impulsion sut donner au monachisme africain? Elles forment une ombr^ à peine perceptible dans un paysage merveilleux.
Au témoignage de Possidius lui-même, il ne sortit des monastères d’Hippone pas m<|ins de dix évêques, qu’il appelle « des hommes saints, vénérab'ïes, chastes et très instruits ». Quelquesuns occupèrent des sièges fort importants b Augustin n’était pas encore évêque d’Hippone, lorsque son fidèle Alypius reçut le gouvernement de l’église de Tagaste^. La même année 939, les suffrages du clergé et des chrétiens de Cirta (Constantine), métropole de la Numidie, se portèrent sur Profuturus^. Fortunatus lui succéda trois ans après^. Severus était évêque de Milève en 396, et Possidius de Calama (Guelma) l’année suivante^. Dans la suite, l’église d’Uzala élut pour premier pasteur Evodius (vers 404)^; celle de Cataque, Boniface (408)'^, et celle de Sicca, Urbanus (413)®.
Ces moines évêques furent les plus actifs propagateurs du monachisme. On les vit en effet doter leurs diocèses d’institutions analogues à celles d’Hippone. Et bientôt, d’autres églises vinrent, à leur tour, choisir des évêques et des clercs parmi les religieux qu’ils avaient pu former^.
Alypius trouva un monastère à Tagaste. En fonda-t-il un dans sa ville épiscopale ? On est porté à le croire en lisant l’épître que lui
1 . Nam ferme decem quos ipse tiovi, sanctos ac veneraMles viras, continentes et doctissimos, heatus Augusiinus diversis EccJesiis nonnullis quoque eminentioribus rogatus dédit. (Possidius, c. ii, col. 42.)