‹ Le monachisme africainChapitre 19 sur 80 · Aug., ep. 22. P. L., xxxiii, col · texte numérisé non relu

Aug., ep. 22. P. L., xxxiii, col

2. Le traité De opéré monachorum de saint Augustin, dont il sera question plus tard, fournit la preuve manifeste de cet intérêt.

3. Benedictos Sanctiiatis hue comités et cemulatores, in Domino fraires , si dignantur, nostros iam ecclesiis quant in monasieriis Carthagini, Tagastœ et Hippone Regio et Mis parochiis tuis atque omnibus cognitis tibi per Âfricam locis, Domino catholice sermentes, multo affectu et obsequio salutari rogamus. P. L., xxxm,

4. Fratres... qui nobiscum habitant et qui ubilibet habitantes pariter serviunt. Aug., ep. 27, col. 111.

5. Aug., Retractationum, 1. Il, c. xxi. P. L., xxxii, col. 386.

une place assez importante Ils ne se cantonnèrent certainement pas dans cette seule partie de l’Afrique. Quelques paroles de saint Augustin, qui jettent sur ce développement une vive lumière, méritent d’être rapportées ici. 11 expliquait devant son peuple le beau psaume cent troisième. Arrivé à ce verset où le Prophète chante « les cèdres du Liban, plantés par la main du Seigneur, et à l’ombre desquels nichent les passereaux », il cherche, suivant son habitude, sous l’écorce du sens littéral, une explication allégorique. « Les cèdres du Liban, dit-il, ce sont les hommes que le siècle estime nobles, ceux que la naissance, la richesse ou la dignité élèvent au-dessus de leurs semblables... C’est sur ces cèdres que les passereaux font leurs nids. Mais que sont les passereaux^? Ce sont les serviteurs de Dieu qui ont entendu le Seigneur dire dans son Evangile : Abandonne tout ce que tu possèdes; ou encore ; 'Va vendre tous tes biens, distribues-en le prix aux pauvres et viens à ma suite... Beaucoup font cela, faciunt hocmulH... Ils viennent, et les voilà devenus passereaux utiles... Ils nichent dans les cèdres du Liban; c’est-à-dire, les hommes qui possèdent la noblesse, la fortune et les honneurs de cette vie, écoutent avec déférence ces paroles : Bienheureux celui qui ouvre son intelligence sur les besoins du pauvre et de l’indigent^. Ils considèrent leurs propriétés, leurs villas, tous les biens superflus dont la possession les fait paraître grands aux yeux du monde, et ils les offrent aux serviteurs de Dieu. Ils donnent des champs, ils donnent des maisons, ils bâtissent des églises et des monastères, ils y réunissent des passereaux. De la sorte, les passereaux font leurs nids sur les cèdres du Liban... Considérez le monde entier pour voir s’il n’en est pas ainsi »

11 n’entrait pas dans la pensée de l’orateur d’exclure de ce tableau les provinces de l’Afrique romaine. 11 le dit clairement, lorsqu’il affirme avoir vu de ses propres yeux ce qu’il vient de raconter, ajoutant qu’il en a lui-même fait l’expérience s. Et c’est dans son propre diocèse qu’il lui a été donné de la faire.

Un certain Eleusinus, qu’il appelle son fils cher et honorable,

1. Cet ouvrage sera étudié longuement dans la suite de ce travail. Cela me dispense d’insister sur ce point.

Page 1