Ps
4. Aug., Enarratio in Ps. 3, serm. 3. P. L., xxxvi, col. 1371.
5. Ut toquer er ista, non solmt credidi, sed et vidi, dédit mihi intellectum ipsum experimentum. Ibid.
qui voulait fonder un monastère, remit une villa au moine Barnabas, qui exécuta fidèlement son intention’. Le moine prêtre Leporius en établit un autre avec ce qui lui restait de sa fortune personnelle^. Cela faisait le troisième monastère de l’église d’Hippone, sans parler de celui qui occupait la maison épiscopale. Aussi Possidius pouvait-il dire qu’Augustin laissait en mourant plusieurs monastères, et il ajoute, qu’ils étaient pleins de religieux^.
Cependant les moines avaient en Afrique de nombreux adversaires. Les païens n’étaient pas toujours les plus redoutables, bien que leur haine soit allée parfois jusqu’à l’effusion du sang. A Calame, par exemple, ils livrèrent le monastère au pillage et aux flammes, tuèrent un religieux, le seul qui leur tomba dans les mains, les autres ayant pu se cacher ou prendre la fuite (408)^.
La foule des chrétiens indifférents, voués à la recherche du plaisir et de la fortune, était certainement plus à craindre. L’existence sainte et mortifiée des serviteurs de Dieu contrastait trop avec la leur pour ne pas leur inspirer une vive répulsion. Écoutons Salvien : « Ce n’est pas sans motif que les Africains haïssaient les moines, car tout ce qu’ils apercevaient dans leur vie était pour eux un reproche et un ennemi. Ils se livraient constamment aux inspirations du mal, tandis que les serviteurs de Dieu vivaient dans l’innocence. Ils se plongeaient dans la débauche, et les moines mettaient leur joie dans la chasteté. Ils passaient leur vie dans les lieux de plaisir, et les moines dans la retraite des monastères. Ils vivaient presque toujours en la compagnie du démon, et les moines ne quittaient pas la société du Christ^. » Ces mondains apprenaient-ils qu’un de leurs amis ou de leurs parents songeait à embrasser la vie religieuse : ils venaient à lui pour tâcher de dissiper ce qu’ils appelaient ses illusions. « Vous aussi, lui disaient-ils, vous songez à entreprendre ce que nul autre ne fait? Êtes-vous donc le seul à comprendre la vie chrétienne ? » Maintes fois Augustin signale aux fidèles d’Hippone ces dangereuses séductions en commentant le psaume cent dix-neuvième. Ces faux amis devenaient, à ses yeux, les lèvres iniques et la langue perfide qui distillent le venin de l’erreur dans les âmes, et contre lesquelles il