Âdmitti ad societatem fratrum. (Aug., ep. 83., col
donne la grâce de vouloir à celui qui ne voulait pas, peut bien accorder la force à celui qui veut. Permettcz-moi de marcher sur vos traces, ouvrez-moi la porte du monastère; faites-moi l’un de vos disciples. Dieu saura me délivrer de mes péchés. » Le bienheureux vieillard se laissa fléchir et lui répondit : « Restez donc parmi nous, mon fils, puisque telle est votre volonté. Expérimentons durant quelques jours si vos actes correspondent à vos paroles. Plaise à Dieu que mes craintes soient vaines et que vous soyez fidèle à votre promesse L »
Saint Augustin et saint Alypius avaient résolu de n’admettre personne qui ne se fût au préalable débarrassé de tous ses biens 2. Ils croyaient qu’un homme capable d’un pareil acte de générosité aurait généralement la grâce et la force de persévérer au milieu des sacrifices de la vie religieuse.
La profession était pour le religieux le commencement d’une existence nouvelle. Aussi, quels que fussent son âge ou son rang dans le siècle, il occupait partout la place qu’elle lui assignait^.
Les moines d’Hadrumète et d’Uzala
Hadrumète (aujourd’hui Soussa) était l’une des villes les plus importantes de l’Afrique romaine. Sa situation, son port et surtout la merveilleuse fertilité de son territoire, qui lui avait valu le nom defrugifera, lui donnèrent, immédiatement après Carthage, le rang qu’Utique avait jadis occupé. Elle fut d’abord la seconde ville delà province en attendant de devenir la métropole de la Byzacène'^.
Nous y trouvons d’assez bonne heure un monastère qui a pu laisser un souvenir dans l’histoire de cette époque, grâce aux discussions sur la grâce qui s’élevèrent dans son sein et à l’ouvrage que saint Augustin publia pour les apaiser.
Un religieux d’Hadrumète, nommé Florus, qui s’était rendu à Uzala, sa ville natale, eut occasion de lire dans le monastère de cette lille plusieurs écrits de saint Augustin qu’il ne connaissait