Aug., ep. 83, col
3. Tempus inter se conversionis ordinemque servarei. (Vita S. Fulgentii, c. 19, col. 137.)
4. Tissot, Géographie comparée de la province romaine d’Afrique, t. II, p. 159
pas, et, en particulier, sa lettre au prêtre omain Xystus, où il le prémunit contre les arguments des pélagiens*. Avec l’autorisation des moines d’Uzala, il s’empressa de la transcrire, sous la dictée de Félix, son compagnon de route. 11 partit ensuite pour Carthage, pendant que son confrère reprenait le chemin d’Hadrumète, emportant avec lui la lettre de l’évêque d’Hippone. 11 la communiqua à plusieurs moines. Mais quelques-uns, jeunes encore, sans expérience et d’une instruction médiocre, lui donnèrent une interprétation fausse et firent soutenir au saint docteur le contraire de sa pensée. Ils n’étaient que cinq ; néanmoins leur obstination à soutenir leur manière de voir suffit pour jeter le trouble dans la communauté. Tout cela se passait à l’insu de Valentin, le supérieur de la maison. Mais à son retour, Florus, s’étant rendu compte de l’état 4es esprits, s’empressa de le mettre au courant. Pour les calmer, Valentin écrivit à Evodius et lui demanda des explications sur le sens de cette lettre.
La réponse de l’évêque d’Uzala® ne parvint pas à satisfaire ces turbulents. Ils ne voyaient qu’un moyen de résoudre cette difficulté : c’était d’aller à saint Augustin lui-même. Valentin croyait que la chose ne valait pas la peine d’entreprendre un voyage aussi long. 11 fit une nouvelle tentative pour les apaiser et il pria Sabinus, prêtre de grande vertu et d’une doctrine très sûre, de leur fournir des éclaircissements dont ils avaient besoin. Ce fut encore inutile. Force fut donc de les laisser partir. Leur supérieur leur donna l’argent nécessaire, sans appuyer toutefois leur démarche par une lettre qui aurait pu faire croire à saint Augustin qu’il doutait de la pureté de son enseignement ou de l’authenticité d’une oeuvre dont le style reflétait l’âme et en quelque sorte la présence même de son auteur'^.
Aussitôt après leur départ, le monastère recouvra son calme habituel. Cresconius et Félix arrivèrent les premiers. Un autre Félix, celui qui avait dicté la lettre à Florus, les rejoignit plus tard. Le saint docteur les accueillit avec sa charité ordinaire, bien qu’ils ne présentassent aucune lettre de recorhmandation^. La sin-