‹ Le monachisme africainChapitre 30 sur 80 · Aug., ep. 194. P. L., XXXII · texte numérisé non relu

Aug., ep. 194. P. L., XXXII

2. Dom Germain Morin, Lettre inédite de V évêque Evodius aux moines ÆHadrum'ete {Revue Bénédictine, xiii, 1 896, 482-486).

3. Ep. de Valentin à saint Augustin, 216. P. L., xxxviii, col. 974-978.

4. Les clercs ne voyageaient pas sans porter avec eux une lettre de recommandation de leur évêque (conc. de Milève, 416, can. 20. Labbe, t. 111, c. 385. Conc. Marazanense, ibid., 463). Le même usage existait pour les moines.

cérité de leur langage et leur tenue modeste lui ayant inspiré confiance, il écouta leurs plaintes et crut que le monastère d’Hadrumète était partagé en deux camps, que les uns exaltaient la grâce et son action dans l'âme au point de nier la liberté des actes humains et d’affirmer que, au dernier jour, nous ne serions point jugés selon le mérite de nos œuvres, tandis que les autres pensaient avec l’Eglise et avec Augustin que la grâce aide la liberté sans la détruire et que Dieu traitera les hommes suivant leurs mérites.

La pureté de la foi, surtout dans le cœur des moines, l'intéressait trop pour qu’il ne cherchât pas à les éclairer. 11 aurait voulu envoyer à "Valentin une copie des documents qui concernaient le pélagianisme et son histoire. Mais Cresconius et Félix, qui désiraient célébrer la Pâque avec leurs frères, ne lui en laissèrent pas le temps. 11 lui adressa donc une lettre qui lui donnait la véritable interprétation de son épître à Xystus’.

Mais il réussit enfin à garder ses hôtes jusqu’après les solennités pascales. Son but était de les instruire plus à fond; et peut-être aussi d’attendre l’arrivée de Félix, qui lui donnerait sans doute des renseignements plus précis et plus complets®.

Pendant ce temps, il leur lut et commenta l’épître à Xystus, les lettres du concile de Carthage et de Numidie à Innocènt, celle que lui écrivirent encore cinq évêques, la réponse du Pape, l’épître du concile d’Afrique à Zozyme, celle qu’il répondit à tous les évêques et les canons du concile plénier d’Afrique contre le pélagianisme. 11 lut avec eux le traité de saint Cyprien sur l’Oraison dominicale, où est si nettement exposée la vérité catholique sur la’ grâce divine’^. Comme ce livre se trouvait déjà dans la bibliothèque d’Hadrumète, il lui suffit de mettre à leur disposition une copie des autres documents. Ce ne fut pas tout. Saint Augustin utilisa le temps que ces moines passèrent auprès de lui pour composer son traité De la grâce et du libre arbitre, qu’il adressa à « Valentin et à ceux qui servent Dieu ensemble dans la congrégation du monastère d’Hadrumète^ ». Dans le but d’éviter toute fausse interprétation, il tint à leur en donner lecture et à leur expliquer les passages difficiles ou obscurs. Cresconius et les deux Félix le portèrent à

Page 1