‹ Le monachisme africainChapitre 3 sur 80 · Ibid., 1. VIII, c. 6, col · texte numérisé non relu

Ibid., 1. VIII, c. 6, col

5. Vidi ego diversorium sanctorum Mediolani, non paucorum hominnm, quitus umts prœerat vir opiimus et doctissimiis. (Augustinus, De Moribus Ecclesxce catholicce, c. 33.) P. L., xxxii, col. 1339. Ce qu’il a dit précédemment des moines orientaux ne permet pas de voir ici autre chose que des religieux. Au cas où le mot diversorium ferait naître quelque doute, il suffirait de se rapporter à ce qu’il dit dans ses Confessions : Et erat monasterium Mediolani plénum bonis fratrihus, extra urbis menia, sut Ambrosio nutritore (1. viii, c. 6, ibid., col. 755). Ce qui oblige à voir encore des monastères dans les diversoria sanctorum romains, dont il va être question tout à l’heure.

autrui; mais, conformément aux usages monastiques de l'Orient et aux préceptes de l'Apôtre Paul, tous vivaient du travail de leurs mains'. » Quelques-uns de ces moines pratiquaient des jeûnes incroyables, passant trois jours et plus sans prendre ni boisson ni aliment '2.

Augustin parle encore des monastères de femmes, où vivaient un grand nombre de vierges et de veuves. « Elles gagnaient leur vie en travaillant la laine et la toile. Leurs supérieures excellaient à les instruire et à les former à la pratique de la vertu 3. »

Saint Augustin contempla ainsi, de ses propres yeux et sans sortir de l’Italie, la réalisation des merveilles que lui avait racontées Pontitianus. Le souvenir en resta profondément gravé dans son esprit et dans son cœur.

Lorsqu’il fut de retour à Tagaste, vers la fin de l'année 388, il s’empressa de vendre les champs que lui avait légués son père et il en distribua le prix aux pauvres. Après cet acte de renoncement absolu, son âme pouvait s’abandonner aux douces consolations de la confiance évangélique, car il établissait, par ce moyen, son œuvre et sa vie sur l’indestructible fondement de la foi^. 11 ne vendit point sa maison paternelle, située aux portes de la ville H s’y installa avec les amis qui l’accompagnaient et la transforma en monastère 6. Augustin, Alypius et Evodiusy menèrent « ensemble une vie vraiment monastique’^ », mortifiant leurs corps par les rigueurs du jeûne, consacrant de longues heures à l’oraison et partageant le reste de leurs journées entre la pratique des bonnes œuvres et l’étude de la loi divine s. Possidius, il est vrai, ne leur

1 . Romce etiam plura diversoria sanctorum, seu nionasteria cognovi in quitus singuli gravitate atque prudentia et divina scientia præpolhntes, ceteris secum habitauiihus prœsunt, cbristianacaritate, sanctitate et libertateviventibus. {Ihid., col. 1340.)

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