Tillemont, xiii, p
8. Cinn iis qui eidem adhœrebant, Deo vivebat, jejuniis, orationibus, bonisque operibus, in lege Domini meditans die ac nocte. (Possidius, ibid.)
donne point le nom de moines. Mais l’expression Deo servientibus ' ou servi Dei dont il se sert pour les désigner équivaut sous sa plume et sous celle de l’évêque d’Hippone à celle de monachi. Dieu se plaisait à inonder l’âme d’Augustin, père et chef de cette communauté, des rayons de sa lumière céleste pendant ses méditations prolongées-». 11 se faisait une joie de la communiquer à ses amis par la parole ou par la plume 2. Ses disciples, présents à ses côtés, étaient les premiers à recueillir ses enseignements. Disposait-il d’un instant, il les voyait se réunir autour de lui et lui soumettre les difficultés que leur présentaient l’étude des Écritures et la méditation des choses célestes, sans négliger les secrets de la philosophie chrétienne. Quelques-unes de ses réponses furent rédigées par lui ou par ses auditeurs. Quand il fut évêque, il les revit soigneusement et les publia sous le titre de De diversis qucestionibus ocioginta tribus^. 11 continuait ainsi avec ses disciples l’existence d’un intérêt intellectuel si élevé qu’il avait jadis menée à Cassiacum et dont la vivante image nous est conservée dans ses livres contre les Académiciens et dans ses traités sur l^.viebienheureiisetisur'V ordre.
Augustin, qui avançait rapidement dans le chemin de la perfection, aimait de toutes les forces de son cœur le genre de vie qu’il venait d’embrasser. 11 cherchait à procurer aux autres le bonheur qui remplissait son âme. Pour cela, il ne manquait aucune occasion de les exhorter à suivre son exemple'^. Sévère, son concitoyen,
1. Cum aliis civibus et amicis suis Deo pariter servientibiis (ibid.). Cf. c. x, xi, XIV, col. 37, 42, 45. Saint Augustin appelle la vie monastique servitutem Dei in qtia servi Dei monachi viviint, ep. 220. P. L. xxxiii, col. 993. Cf. ep. 145, col. 592; ep. 137» col. 692 ; ep. 158, col. 694 ; ep. 159, col. 698 ; ep. 186, col. 816 ; ep. 213, col. 966 ; ep. 220, col. 993 ; ep. 60, col. 227 ; ep. 7 1 , col. 241 . Serm. 11. P. L. XXXVIII, 198, Enarr. in Ps. 103, xxxvi, c. 1371. Aussi Tillemont traduit-il généralement servus Dei par moine. Ce qui autorise à croire que saint Augustin, aussitôt après son baptême, se proposait de mener la vie monastique. Voici comment s’exprime son biographe : De suscepto ejus proposito serviendi Deo ampliiis quant de carnis nepotibus exsul tante (Monica)... Renuntiavit etiam scholasticis quos rbetoricam docebat, ut sibi magistrumalium provider eut, eo quod servir e Deo ipse decrevisset. (C. ii, col. 36.)