‹ Le monachisme africainChapitre 32 sur 80 · Aug., ep. 215. Ibid., col · texte numérisé non relu

Aug., ep. 215. Ibid., col

4. Aug., De correptione et gratta, c. 1, P. L., xuv, 916-917.

5. Séd usque ad ea profecit in nialitm, ut deserta nionasterii societate fier et canis reversas ad suum vomitum. Aug., De Bono perseverantiœ, c. 13. P. L., xlv, 1017.

commander, donner des ordres et à prier Dieu de nous les faire exécuter? De quel droit nos supérieurs viennent-ils nous reprendre et châtier nos désobéissances, puisque la volonté et la force d’obéir ne viennent pas de nousb » Saint Augustin en fut informé par Florus probablement’. Le danger que de pareilles maximes feraient courir aux communautés religieuses, si elles venaient à se répandre, l'impressionna vivement et, pour le conjurer, il leur opposa les enseignements de la foi catholique et du simple bon sens, dans son Vwve De Correpiîoiie et gratia^. L’homme a besoin, écrit-il, delà grâce pour pratiquer le bien et éviter le mal. Mais s’il lui arrive de ne pas correspondre à cette grâce, c’est uniquement sa faute, il mérite donc le châtiment qui lui est infligé. « Le supérieur te donne un ordre, ajouta-t-il, afin que l’obéissance te mène à la charité; il te corrige parce que tu ne possèdes pas cette charité; il prie pour qu’elle abonde dans ton cœur. O -homme, dans le commandement vois ce que tu dois posséder; dans la correction, reconnais que tu ne le possèdes pas par ta faute ; dans la prière, apprends d’où tu peux obtenir et ce que tu veux avoir 'î. »

Laissons les moines d’Hadrumète méditer en paix la doctrine de l’évêque d'Hippone pour prêter l’oreille au récit de la mort d’un jeune religieux d’Uzala. C’est Evodius lui-même qui la raconte à saint Augustin, son maître et son ami.

Tout jeune encore, presque un enfant, ce moine, fils du prêtre Armenus, courait après les joies et les espérances du monde, lorsque le Seigneur l’en détourna par le ministère d’Evodius et le fit s’enrôler parnai ses serviteurs^. 11 correspondit généreusement aux grâces divines et bientôt sa vivacité naturelle et son caractère turbulent firent place à une douce gravité. Ses vertus aimables lui conciliaient l’affection universelle.

Comme il était ardent au travail et qu'il écrivait fort bien,

1 . Ergo, inquiunt, prœcipiant taiituminodo nobis quid facere debeamus qui nobis prœsuni ut faciamns, orent pro nobis, non autem nos corripiant et arguant, si non fecerimus. Aug., De correptione et gratià. c. 3, xuv, 918,

2. Tillemont, XIII, 877. Le passage suivant de la lettre de Valentin pourrait bien avoir trait à cela : « Si quid autem famulus tuce sanctitatis frater suggesserit Florus, pro régula monasterii, digneris, Pater, petimus, libenter accipere et per oninia nos infirmos instruere. » Ep. 216, col. 378.

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