Ps. XXII
Trois jours durant, clercs et fidèles chantèrent la louange du Seigneur autour de son tombeau, puis l’évêque offrit à son intention le sacrifice du Rédempteur.
Quantité de grâces extraordinaires vinrent former autour de ce trépas une auréole céleste. Une veuve très honorable aperçut, dans un songe mystérieux, un diacre mort depuis quatre ans et qui s’occupait d’orner un palais. Des serviteurs et des servantes lui. prêtaient leur concours. Telles étaient la beauté et la richesse de ce palais qu’il semblait bâti en argent. Urbica, c’était le nom de la veuve, ayant demandé à qui était destinée cette demeure, il lui fut répondu : « Au fils de prêtre qui est mort hier. » 11 y avait dans le palais un vieillard blanc comme la neige. Sur son ordre, deux serviteurs allèrent chercher le corps. Puis il poussa sur son tombeau, quand on l’en eut retiré, des tiges de rosier qui se couvrirent de boutons. Quelques jours plus tôt, l’un de ses amis et condisciples, attaché jadis comme lui à la personne d’Evodius et mort depuis huit mois, apparut à quelqu’un. Celui-ci ayant demandé ce qu’il venait faire ; « Je suis venu chercher mon ami », répondit-il. De fait, il l’emmena avec lui.
Quand il eut perdu son fils, le prêtre Armenus se rendit au monastère avec le vénérable évêque Theasius, dans Pespoir d’y trouver un soulagement à sa douleur. Trois jours après, un religieux vit durant son sommeil le défunt entrer, lui aussi, au monastère, et il lui demanda si Dieu l’avait admis en sa présence. 11 lui répondit affirmativement. « Pourquoi donc êtes-vous venu ici? lui dit le frère. — Le Seigneur m’a envoyé chercher mon père. » Après son réveil, il raconta la vision qu’il avait eue. Mais Theasius le pria de garder le silence, dans la crainte que ce récit n’affligeât Armenus.
L’événement se chargea de prouver la vérité de cette apparition. Au bout de quatre jours, le prêtre fut atteint d’une fièvre qui n’inspirait aucune inquiétude. Le malade, néanmoins, se mit au lit, et presque aussitôt son âme quitta son corps.
Le jour même de son décès, son fils semblait avoir voulu le disposer à une fin prochaine. 11 lui demanda de l’embrasser à trois reprises différentes, et à chaque fois il disait : « Père, rendons grâces à Dieu », en l’invitant à prononcer lui-même ces paroles.
Il l’exhortait de la sorte à quitter la vie avec lui. Par le fait, il n’y eut que sept jours d’intervalle entre ces deux morts L