‹ Le monachisme africainChapitre 36 sur 80 · Ibid., col · texte numérisé non relu

Ibid., col

2. Evodius, Ep. ad Âugustiniim, P. L., xxxiii, col. 698. Qui dixit qiiod nos per raiiomm laboremtis tendere ad iniellectum, se autem ei taies in ipsa delectatione contemplationis manere.

Peut-on, dès lors, attribuer à saint Augustin l’honneur de les avoir, le premier, groupées en communautés monastiques ? Tillemont est porté à le dire, sans vouloir néanmoins se prononcer d’une manière absolue T Les Bénédictins de Saint-Maur partagent sa réserve 8. De fait, on ne trouve aucun vestige de cette institution avant l’époque de son arrivée. Elle apparaît pour la première fois au troisième concile de Carthage, c’est-à-dire en 397. 11 y est prescrit aux évêques et aux prêtres de placer dans les monastères de femmes les vierges consacrées privées de leurs parents^. Cela suppose des monastères assez nombreux. Or, comment pareille diffusion aurait-elle pu se faire en si peu d’années, sans laisser de trace dans la correspondance et dans les écrits de saint Augustin? Comment s’expliquer le silence de son biographe sur une chose si honorable pour lui?

Les moniales, qu’elles aient devancé ou non les religieux, ont subi promptement leur influence. Là comme partout ailleurs, les femmes rivalisèrent de zèle avec les hommes. L’historien ne peut, à la vérité, suivre leur développement ; il en est réduit à constater le seul fait de la présence en Afrique, à la fin du quatrième siècle et au commencement du cinquième, de monastères nombreux, sans pouvoir dire même où ils étaient établis. L’église d’Hippone en possédait plusieurs 'i. L’un d’entre eux, situé dans la ville, était, de la part d’Augustin, l’objet de la plus grande sollicitude. 11 l’avait planté pour être le jardin du Seigneur. Sa nièce et sa cousine germaine y embrassèrent la vie monastique, et sa soeur, qui s’était consacrée au service de Dieu après la mort de son mari, l’avait gouverné jusqu’à son trépas. L’évêque prenait grand soin d’y entretenir le zèle et la ferveur. Les âmes saintes et pures qu’il y avait réunies et en qui Dieu répandait ses grâces les plus abondantes, donnaient à son cœur une consolation qui lui faisait oublier plus facilement les peines dont l’abreuvaient les ennemis de l’Eglise et de la foi.

Malheureusement, cet asile de paix fut bientôt troublé par la dissension. La sœur d’Augustin avait eu pour lui succéder après sa mort une religieuse des plus anciennes de la maison, qui jouissait de l’estime et de l’affection de ses sœurs. C’est proba-

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