Labbe, Collectio conciliomm. t. II, col
4. Monasieria virorun ac feminarum contineiitiiius cum suis prœpositis plena, Ecclesice dimisii. Possidius, c. xxvii et xxxi, col. 56 et 64. Tillemont, xiu, p. 1^0.
blement cette Félicité que l’évêque d’Hippone encourage, dans une de ses lettres, à supporter avec patience la tribulation et à ne pas craindre de . reprendre les coupables F L’arrivée d’un nouveau prêtre provoqua, on ne sait comment, un changement de dispositions à son endroit chez plusieurs de ses filles. 11 en résulta des contentions, des jalousies, des animosités, des murmures et des médisances. Les mécontentes réclamaient une autre supérieure. Le saint évêque ne pouvait condescendre à une pareille exigence, qu eût compromis la discipline et les intérêts du monastère. Craignant que sa présence n’excitât encore des troubles et qu’il ne fût obligé de sévir contre les coupables, il refusa même de les visiter et leur écrivit une lettre pour leur montrer la gravité de leur faute et les exhorter au repentir’^ (423)-
Ces moniales rendaient à l’Église un service appréciable en se chargeant de l’éducation des jeunes orphelines confiées à la vigilance des évêques 3. Elles admettaient encore des enfants présentées par leurs père et mère. La fille du prêtre januarius était élevée dans un de ces monastères^.
L’enthousiasme de saint Augustin pour la chasteté chrétienne, qui a inspiré ses livres De sancta Virginate'^ etDe Bono vidiiitatis^ et qui éclate si souvent dans ses lettres et dans ses sermons, se communiquait autour de lui et ne contribuait pas peu à remplir les monastères de vierges et de veuves. Elles trouvaient là des secours inappréciables pour conserver intacte une vertu qui les rendait la partie la plus noble du corps mystique de Jésus-Chrisf^.
Elles avaient à mener sur terre la vie que les anges mènent au ciel et à inaugurer dès ici-bas ce qu’elles seront durant toute l’éternité L’Église ne leur proposait pas la chasteté folle et orgueilleuse du manichéen, qui condamne et méprise le mariage, ni la continence égoïste de celui qui ne veut point supporter les charges d'une famille. La chasteté religieuse est une vertu à la fois humble et pleine de noblesse ; elle est surtout un grand acte d’amour de