Id., serm. 132, xxxviii, col
Dieui. Elle consacre le corps au Seigneur et elle veut maintenir le cœur dans une pureté céleste. Elle doit éviter même un regard inoffensif, s’il peut en résulter pour elle le moindre trouble^. Mais laissons parler Augustin ; il s’adresse à ses religieuses d’Hippone ; -;< Dans votre démarche, dans votre tenue, dans votre extérieur, dans vos mouvements, que rien ne provoque chez qui que ce soit la moindre pensée impure ; que tout, au contraire, soit en harmonie avec la sainteté de votre profession. Que vos yeux ne se fixent sur personne... N’alléz point dire que votre âme est pure si votre regard ne l’est points. » 11 les exhorte à se faciliter, par une surveillance fraternelle, la pratique de ses conseils. 11 ajoute à cette modestie des yeux une importance telle qu’il ordonne de punir sévèrement et, au besoin, de congédier la moniale qui s’obstine à la violer, « dans la crainte que cette contagion ne cause la mort d’un grand nombre ^ ». 11 avait ses raisons pour tenir ce langage.
Cette insistance explique certaines prescriptions du troisième concile de Carthage s, qui interdit aux moines et aux clercs de visiter les vierges et les veuves sans la permission de l’évêque ou du prêtre qui en était chargé, et encore devaient-ils être accompagnés de clercs ou de personnes désignées à cet effet. Les évêques et les prêtres eux-mêmes ne devaient se présenter chez eHes qu’en la compagnie de clercs ou de chrétiens recommandables par leur gravité. L’évêque d’Hippone lui-même donnait l’exemple en ne visitant les monastères de femmes que bien rarement et lorsqu’une nécessité réelle lui imposait ce devoir^.
11 n’était pas moins sévère quand il s’agissait de tenir les femmes à l’écart des monastères d’hommes. « 11 ne doit jamais y avoir de femmes, disait-il, dans la demeure des serviteurs de Dieu, même les plus chastes, de peur de scandaliser les fidèles et d’autoriser des cœurs faibles à prendre une liberté périlleuse pour eux’^. C’est