‹ Le monachisme africainChapitre 42 sur 80 · Cf. Tillemont, XIII, p · texte numérisé non relu

Cf. Tillemont, XIII, p

tirée de répître qu’il écrivit, en 423, aux moniales d’Hippone pour rétablir la paix parmi elles'. 11 était alors dans la plénitude de son expérience.

Après avoir traité la question qui motivait sa lettre, il passe sans transition à un sujet nouveau. « Voici, dit-il, ce que nous vous ordonnons d’observer dans le monastère ^ » C’est un législateur qui parle. 11 promulgue des lois. Et, pour inculquer l’obligation, il dit en terminant : « De peur que l’oubli ne vous fasse négliger quelque point, on vous lira cet opuscule une fois la semaine. Quand vous verrez que votre conduite est conforme à ses prescriptions, rendez grâces au Seigneur, qui distribue tous les biens; lorsque vous remarquerez des infidélités j affligez-vous du passé, prenez vos précautions en vue de l’avenir; demandez à Dieu de vous pardonner cette faute et d’éloigner de vous toute nouvelle chute 3. »

La pauvreté est le fondement sur lequel il appuie tout l’édifice de la vie religieuse. Vient ensuite la charité fraternelle. On ne saurait être surpris de l’importance que l’évêque d’Hippone accorde à cette reine des vertus : « Vivez toutes dans l’unanimité et la concorde; honorez mutuellement en vous le Dieu dont vous êtes devenues les temples"^. » La supérieure est plus que personne tenue de la mettre en pratique. « Elle s’estimera heureuse non de commander, mais de servir ses sœurs dans la charité... Elle cherchera plus à se concilier l’affection qu’à inspirer de la crainte^. » Les inférieures, à leur tour, lui doivent une grande fidélité, persuadées que, par l’obéissance, elles exercent la miséricorde à son endroit non moins qu’au leur^. La charité bannit les divisions, les disputes, les actes et les paroles qui sont de nature à blesser le prochain. Si par hasard une sœur en afflige une autre, elle doit lui demander pardon ; c’est un devoir sur lequel le saint législateur

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