‹ Le monachisme africainChapitre 45 sur 80 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

6. On voit dans la Vie de saint Fulgence l’abbé Félix partager son autorité avec lui pour le meilleur gouvernement du monastère. 11 y est question aussi du prieur {preepositus) ou vicaire de l’abbé. {Vita, 27, col. 144.) Le saint, pour maintenir tout dans l’obéissance et sous l’action d’une seule autorité, ne voulait pas

Les sœurs reçoivent les vêtements dont elles ont un besoin immédiat. Les autres sont déposés au vestiaire commun, pour être distribués à chacune indifféremment. Augustin fait allusion à la tunique, au voile et à la ceinture*. Les sœurs les confectionnent de leurs propres mains. L’étoffe du voile est assez épaisse pour cacher complètement la chevelure. Elles évitent par-dessus tout la recherche dans leur manière de se vêtir

11 est possible de compléter ces quelques renseignements avec l’aide des écrits de l’évêque d’Hippone et des écrivains ses compatriotes. L’habit des moines se distinguait de l’habit des laïcs, puisque des hypocrites s’en revêtaient pour affecter les dehors de la sainteté monastique^. Les Carthaginois les reconnaissaient au grand manteau {pallium) dans lequel ils s’enveloppaient'^. Saint Augustin voulait que ces habits fussent d’une étoffe commune. Son remarquable bon sens lui faisait éviter la recherche qui se porte aussi bien sur une grossièreté excessive que sur le luxe et la beauté 5. Une fois évêque, il refusa la moindre distinction extérieure, voulant user de la même étoffe que ses prêtres, ses diacres et ses sous-diacres. Des personnes charitables lui offrirent parfois un drap plus précieux, croyant par ce moyen rendre hommage à sa dignité. Mais Augustin mettait ailleurs la dignité épiscopale : « J’aurais honte, disait-il, de porter un habit précieux. Cela ne saurait convenir ni à ma profession, ni à mes membres, ni à mes cheveux blancs^. » La pauvreté de ces vêtements pouvait inspirer quelque répugnance aux Africains, qui avaient pour la parure un goût si prononcé. Aussi Faustus demandait-il à saint Fulgence s’il aurait la force de s’en contenter'*'.

Saint Augustin, ni dans sa Règle ni ailleurs, ne fournit aucun

que son prieur fît quoi que ce soit sans son consentement (ibid., 27, col. 144). En 525, nous trouvons dans le’ monastère de l’abbé Pierre quelques religieux qualifiés seniores monasterii. (Labbe, t. V, col. 586.)

1. Sive tmde indiiatur... sive wide cingatur, vel caput contegat. (Ibid., 12, col. 963.)

2. Ibid., 12, col. 961. Ils y avait des habits d’hiver et des habits d’été : Pro iemporis congrueniia.

3. MiiJtos bypocritas sub hahiiu monachortim. {kwg., De opéré monach., 28; P. L., XL, 573.

4. Salvien, De Guhernaiione Dei, 1. Vlll, 4; P. L., LUI, col. 156. Mais il ne dit rien de la forme de ce manteau.

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