‹ Le monachisme africainChapitre 46 sur 80 · Vita S. Fulg., 4, col · texte numérisé non relu

Vita S. Fulg., 4, col

renseignement sur le détail des habits monastiques. Mais un témoin du sixième siècle, le biographe de l’évêque de Ruspe, mentionne chacun des vêterhents dont usaient les moines ses contemporains. C’était une tunique très pauvre, que retenait la ceinture de cuir traditionnelle h Saint Fulgence portait encore, dans l’intérieur du monastère, un pallium en laine et de couleur noire ^ En hiver, et toutes les fois qu’il devait sortir, il prenait la casula, ample manteau qui couvrait l’homme depuis les épaules jusqu’aux pieds^. 11 couchait toujours revêtu; ses disciples ne se souvenaient pas de l’avoir vu quitter sa ceinture, même la nuit. Ni lui ni les siens ne se revêtirent jamais d’étoffes riches et aux couleurs éclatantes. Sa chaussure était fort simple ; durant l’hiver, il prenait des caliges, et, en été, il la simplifiait encore Dans l’intérieur du monastère, il se contentait de sandales, si même il n’allait pas pieds nus.

Mais revenons à la Règle de saint Augustin. Elle est d’une discrétion admirable. Ce caractère, qui convient si bien à une Règle monastique, marque surtout les prescriptions relatives au régime alimentaire. La mortification et la pénitence sont une partie essentielle de toute vie monastique, qui doit toujours être une vie de privations. Néanmoins, le jeûne et l’abstinence sont proportionnés aux forces de chacune 'ï. Les soeurs qui ne pouvaient attendre le repas du soir mangeaient à midi. Les aliments étaient pauvres et simples ; Possidius l’affirme de la table de saint Augustin dans son monastère épiscopal^. Saint Fulgence, plus tard, se contentait de légumes et de fruits, qu’il prenait sans condiment. Croyant, sur ses vieux jours, qu’un peu d’huile contribuerait à lui conserver la vue assez forte pour lire longtemps sans éprouver de fatigue, il se résigna à en répandre une petite quantité sur ce qu’il devait manger. 11 n’usait de vin qu’en cas de maladie; et alors l’eau qu’il y ajoutait lui enlevait toute saveur^. Le vin était permis au clergé monastique d’Hippone'^. Par égard

1 . Una tanium vilissima tunica indutus, pelHceo cingulo, tanquam monachits, utebatur. (Ibid., i8, col. 136.)

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