Ibid., 13 et 9, col
5. Non prohibeo religiosos vel religiosas mittere eis quod eis videtur ut mittant. (Id., serm. 356, col. 1580.)
esprit un aliment .supérieur en prêtant une oreille attentive à la lecture qui se faisait durant le repas^ Toutes observaient un silence profond. On ne leur accordait pas de discuter sur ce qui était lu ni sur aucun autre sujet. Les moines clercs jouissaient d’une liberté plus grande. La lecture cédait parfois la place à des entretiens sérieux. Ces conversations auraient pu néanmoins franchir les limites de la charité chrétienne. Mais la vigilance avec laquelle saint Augustin prévenait les excès de la langue est assez connue pour qu’il soit inutile d’en parler iciC
Voilà, dans ses lignes principales et complétées par quelques renseignements empruntés aux écrits de l’évêque d’Hippone et à la vie de saint Fulgence, cette Règle, qui est, au jugement de Tillemont, tout à fait digne de son vénérable auteur^. Sa rare discrétion et la largeur de vue avec laquelle Augustin apprécie la vie monastique et organise ses diverses observances font que cette oeuvre, destinée à des femmes, s'adapte très facilement aux besoins d'une communauté composée d’hommes. Il suffit pour cela de substituer le genre masculin au genre féminin et de faire un petit nombre de suppressions. La Règle de saint Augustin, modifiée dans ce sens à une époque reculée, est devenue la Régula ad serves Del, que saint Benoît d’Aniane a connue et citée^. Rien cependant ne permet de faire remonter ces modifications jusqu’au cinquième siècle, ni de dire qu’elles aient été introduites pour faciliter la pratique de cette Règle dans les monastères africains. Plus tard, les chanoines réguliers, si nombreux et si fervents au douzième siècle, et les ermites de Saint-Augustin, la mirent en grand honneur, et elle devint l’une des quatre grandes Règles approuvées par la sainte Église. Elle est actuellement suivie par une foule de Congrégations d’hommes et de femmes, qui réussissent, moyennant la précision de leurs Constitutions particulières, à l’adapter aux fins les plus diverses.
Mais plusieurs siècles avant l’apparition des chanoines réguliers