Ibid., 39, col
contraire, à suivre ses enseignements et ses exemples, en distribuant le pain de la parole divine et en vaquant à la prière. Ne sont-ce point là des travaux véritables ? — Tout cela est fort bien ; mais les préceptes de l’Apôtre ne sauraient s’exclure les uns les autres. 11 suffit de s’y conformer avec sagesse et mesure, comme il le faisait si bien lui-même. Certes, il priait longuement et avec une ferveur qu’il est difficile d'égaler ; il se donnait tout entier au service des âmes ; pour^tendre le règne de l’Evangile, il a parcouru le monde romain. Qui donc aurait pu trouver étrange qu’il s’autorisât de la permission accordée par le Sauveur et de la conduite de ses frères dans l’apostolat pour vivre, lui aussi, de la charité des fidèles ? 11 ne l’a point fait cependant ; son grand cœur refusa d’être à charge à qui que ce soit. Lui, qui savait si bien quêter- pour les besoins des églises pauvres, il se fit un honneur de gagner sa vie. Au milieu de ses nombreuses occupations, il trouva le moyen de consacrer au travail des heures entières. Les moines n’ont aucune de ses excuses ; rien ne trouble leur existence paisible. Pourquoi se dispenseraient-ils de la loi du travail, qui oblige tous les hommes’?
Les paresseux veulent prier constamment. Sur quelle autorité appuient-ils leur opinion ? Les textes qu’ils allèguent recommandent, suivant l’interprétation généralement admise, de prier tous les jours, à certaines heures, et non d’une manière ininterrompue. Ils ne devraient pas ignorer que le mérite de la prière consiste moins dans sa longueur que dans les dispositions de celui qui la fait. L’oraison courte d’un homme qui obéit à Dieu en acceptant la loi du travail vaut plus que les prières interminables de celui qui s’y soustrait. Qui leur interdit, au reste, de prier durant leur travail? Combien d’ouvriers répètent les chansons entendues au théâtre, pendant que leurs mains sont occupées! Ne peuvent-ils, eux, accompagner et consoler leur labeur par le chant des divins cantiques-? Ne peuvent-ils pas distribuer à ceux qui les demandent les secours de la vie spirituelle, sans sacrifier l’obligation du travail ? 11 est inutile de déranger une communauté entière pour accomplir cet acte de charité; et cela, à n’importe quelle heure. Un religieux instruit peut facilement s’acquitter de cette tâche, surtout s’il a soin de le faire à des heures déterminées 3.