Ibid., col
4. Vita S. Fulgentii, XIV, col. 131. — 3. Ibid., XV, 132. — 6. Ibid.
7. Miilto quippe minori impudentia servi Del, qui manuiim suarum honestis operibus vendais vivunt, damnant istos a quibus nibil accipiunt, quant isii qui propter aliquam infirmiiatem non valantes manibus operari, damnant eos ipsos de quorum facultatibus vivunt. (Aug., cp. 157, col. 692.)
de la journée pour la lecture et l’étude des lettres divines ’ . La mesure variait probablement selon les lieux, les dispositions des supérieurs et les aptitudes des individus. Les monastères épiscopaux étaient obligés, par le simple fait de leur destination, à cultiver les sciences ecclésiastiques. Les exemples et l’influence de l’évêque d’Hippone et de ses disciples stimulaient chez tous l'ardeur au travail intellectuel. « La science enfle, selon la parole de l’Apôtre, dit-il aux moines. Quoi donc ! devez-vous fuir la science, et choisir l’ignorance, afin d’échapper au péril de l’orgueil?... Aimez la science; mais placez au-dessus d’elle la charité... Car la science enfle lorsqu’elle est seule... elle enfle si la charité n’édifie point, tandis qu’elle est ferme et solide quand la charité édifie L »
Cet amour des études sacrées se perpétua dans les monastères africains. Un siècle plus tard, saint Fulgence, modèle admirable des moines et apôtre zélé de la vie monastique, ne cachait pas sa prédilection pour ceux qui font de l’étude leur occupation préférée^. 11 était le premier à donner l’exemple. Ses disciples le voyaient, en outre, s’appliquer volontiers à la transcription des manuscrits^. Les moines africains cultivaient cet art, qui leur permettait d’enrichir peu à peu leur bibliothèque. Chaque monastère avait la sienne. 11 y en avait une chez les moniales d’Hippone ; une religieuse était chargée de conserver les volumes et de les distribuer à chacune, aux heures de la journée consacrées à la lecture 5. Possidius parlait avec admiration de la riche bibliothèque que saint Augustin avait réunie^. 11 suffit de parcourir la volumineuse correspondance de l’incomparable docteur pour constater son désir de posséder les ouvrages qui lui manquaient et le soin qu’il mettait à se les procurer.
Mais revenons au traité De opéré monachorum et aux moines paresseux, qu’il cherche à réfuter. Ceux qui s’étaient laissé entraîner de bonne foi ouvrirent les yeux sur le caractère de ces dangereuses théories. Combien cependant persévérèrent dans cette erreur et dans les pratiques faciles qu’elle préconisait ! La suite de ce travail le montrera bientôt.
1 . In hene moderatis monasteriis constitutum est aliquid operibus operari manibus, et ceteras boras habere ad legendum et orandum, aut aliquid de divinis litteris agen- ■dum libéras. {De opéré monachorum, col. 576.)