Victor de Vite (ibid., 1. 1, xvii, col
3. Passio Liberati, n. 4. Acta Sanctorum, t. III. Aug., p. 456.
4. Victor de Vite, ibid., 1. II, 8 et seq., col. 209; I. V, xix, col. 257. Victoris Tunonensis, Chronicon. Migne, P. L., LXVIII, col. 946.
eus, Rogatus, Septimus et Maximus. On les conduisit à Carthage. Ni les discours, ni les séduisantes promesses des hérétiques, ni les coups, ni les horreurs de la prison, ne purent ébranler leur courage. Le plus jeune, Maximus, mérita surtout l’admiration des catholiques par son énergie et la fierté de son attitude. Pendant qu’on le menait au lieu du supplice avec ses frères et son abbé, les ariens firent un dernier effort pour le séduire : « Pourquoi courir à la mort? Tu n’es qu’un enfant. Abandonne tes compagnons, ce sont des insensés. Suis nos conseils, et tu conserveras la vie, notre roi t’admettra dans son palais. — Je veux partager leurs souffrances, répondit-il, dans l’espoir de conquérir avec eux la vie éternelle. N’allez point croire que vous séduirez mon jeune âge ; Dieu, qui nous a réunis tous sept dans une même famille, daignera nous accorder la couronne d’un même martyre L » 11 fut fait suivant son désir.
Saint Fulgence
La mort du cruel Hunéric mit un terme aux souffrances de l’Église, sans ouvrir toutefois l’ère d’une complète liberté. Son successeur Gontamond (485-496) traita les catholiques avec plus de douceur. Grâce à ce répit, les moines purent rentrer dans leurs monastères et même en établir de nouveaux, où affluèrent de nombreuses vocations. La vue de ces jeunes gens qui trouvaient dans leur foi la force de dominer les appétits de la chair exerçait sur les cœurs élevés un attrait irrésistible. Nul ne le ressentit plus que saint Fulgence. 11 était originaire de Thélepte, ville importante de la Byzacène méridionale. Sa science et son habileté lui avaient obtenu, malgré sa jeunesse, les fonctions de receveur général des domaines royaux dans cette province. Mais les honneurs et la fortune ne souriaient guère à son esprit élevé. 11 préférait à tous les plaisirs mondains la conversation des serviteurs de Dieu. 11 leur faisait des visites fréquentes. La charité fraternelle, qui les unissait dans les liens d’une même famille religieuse, les joies célestes que leur procuraient le détachement des biens de la terre, l’austérité de
I. Victor de Vite (ibid., I. V, c. x, col. 249). Passio Liberati et sociorum ejus (ibid., col. 261-266).
leur vie et l’assiduité au travail, les aumônes qu’ils versaient dans le sein des pauvres, captivaient son cœur et brisaient peu à peu les chaînes qui le retenaient. La belle Énarration de saint Augustin sur le psaume trente-sixième lui tomba un jour sous les yeux. Cette lecture l’impressionna si fortement qu’il prit aussitôt la résolution d’embrasser la vie monastique.
11 y avait, non loin du lieu qu’il habitait, un monastère fondé par l’évêque Faustus, que Hunéric avait chassé de son église. Gontamond n’avait pas encore permis aux évêques, exilés par son prédécesseur, de reprendre le gouvernement de leurs troupeaux. Fulgence vint frapper à sa porte et lui demander la faveur de servir Dieu en sa compagnie. H n’avait alors que vingt-deux ans. Les difficultés que lui opposa le prudent Faustus, et les instances désespérées de Mariana, sa mère, ne servirent qu’à manifester l’énergie de sa volonté. Son exemple entraîna plusieurs de ses amis, qui se firent religieux dans divers monastères de la région'-.
Mais un orage troubla bientôt la paix dont jouissait Fulgence. Le roi Gontamond était mort, et son successeur Trasamond (496- 523), voulant assurer le triomphe de l’arianisme, commença par employer les douceurs de la séduction. Comme ces procédés n’obtenaient aucun résultat, il eut recours à la violence. 11 sévit principalement contre les évêques. Faustus fut l’objet de nombreuses vexations, au point que, son monastère ne lui offrant plus de sécurité, il se vit contraint d’errer de cachette en cachette.
Ce fut durant cette persécution que saint Eugène, évêque de Carthage, exilé dans la Gaule méridionale, chercha un asile jusque dans le diocèse d’Albi. 11 se fixa auprès du tombeau de saint Amarand, au lieu nommé Viance, où il fonda un monastère. C’est là qu’il mourut en l’année 305 2. Vers la même époque probablement, un autre évêque, Rufinianus, quittant son diocèse pour échapper à la violence du persécuteur, se retira dans un îlot voisin de la Sicile, où il mena la vie religieuse^. Ils n’étaient pas les'premiers Africains qui établirent des monastères à l’étranger. Plu-
1. yita s. Fulgentii, c. i-viii. Migne, P. L, LXV, 1 18-124. Ces monastères étaient assez nombreux pour que son biographe écrivît ; Monasieriorum suavissimos greges visitans... et se monasteriorum gregibus... Jimxei'unt. Capsa était dans cette région.
2. Grégoire de Tours, Hisioria Francorum, 1. III, c. m. Migne, P. L. LXXI, col. 192-196. Cf. Tillemont, XVI, 605. Acta Sanctorum, t. III Julii, 493. Ruinait, In Historiam pesecutionis vandalicce commentarius historicus, c. viii, Migne, P. L. LVIII, c. 111, 99-401 .