‹ Le monachisme africainChapitre 76 sur 80 · yUa S. Fulgeniii, c. viii-xi, col · texte numérisé non relu

yUa S. Fulgeniii, c. viii-xi, col

de l’abbé gagnèrent à la vie religieuse un grand nombre de vocations, de sorte qu’il s’y trouva bientôt à la tête d’une importante communauté.

La supériorité lui devint une charge trop absorbante, qui ne lui permettait plus de savourer les joies de la prière et de l’étude; il tenta de s’en débarrasser par la fuite. 11 vint, sans dire qui il était, demander à deux saints prêtres qui gouvernaient un monastère situé dans un îlot de la Petite Syrte, voisin du territoire de junca et de BenefeseL la faveur d’être admis au nombre de leurs disciples.

Fulgence avait compté sans l’affection de ses religieux et de l’abbé Félix, qui découvrirent le lieu de sa retraite et le conjurèrent de ne pas les abandonner ainsi. Mais comme leurs instances étaient vaines, ils s’adressèrent à l’évêque Faustus, qui avait reçu sa profession. Celui-ci, s’autorisant de ce fait, lui ordonna de revenir dans son monastère et menaça de l’excommunication quiconque essaierait de s’opposer à son retour. Et, pour créer un lien de plus entre sa personne et ses religieux, il lui conféra le sacerdoce, avec l’obligation de l’exercer dans leur église \

Pendant ce temps, Thrasamond ne cessait pas de persécuter les évêques. Quand il vit l’inutilité des ménagements hypocrites et des mesures violentes, il voulut prendre un moyen radical. 11 interdit donc de faire, à l’avenir, de nouvelles élections épiscopales. C’était priver peu à peu l’Église des têtes sans lesquelles la vie lui est impossible, et, par le fait, la condamner à mort. Aussi les membres de l’épiscopat africain se concertèrent-ils dans le but de prévenir un pareil malheur. Sachant que l’Esprit-Saint n’a pas besoin de la permission du roi pour imprimer le caractère sacré, le primat Victor parcourut à la hâte les diocèses de la Byzacène et donna des évêques à tous ceux qui n’en avaient pas.

Fulgence pressentait qu’en cette circonstance il échapperait difficilement au redoutable honneur de l’épiscopat. La fuite lui parut le seul moyen de l’éviter ; il quitta donc son monastère et réussit à se cacher si bien qu’il fut impossible de le trouver lorsque les suffrages du clergé et du peuple se furent arrêtés sur lui en plusieurs endroits. Comme le temps pressait, on dut passer outre et en nommer un autre à sa place. La plupart des églises étaient déjà pourvues de pasteurs, quand Thrasamond, informé de la chose, entra dans une violente colère et condamna à l’exil le primat, ses

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