‹ Le monachisme africainChapitre 77 sur 80 · yUa Fulgeiiiü, c. xv, col · texte numérisé non relu

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complices et tous les évêques nouvellement ordonnés. Fulgence n’avait donc plus rien à craindre ; il sortit de sa retraite et reprit le gouvernement de ses moines*.

Il ne se doutait guère de ce qui allait arriver. Les intrigues d’un diacre ambitieux avaient rendu toute élection impossible jusque-là dans l’église de Ruspe. Les fidèles, ayant appris le retour du saint abbé, crurent qu’il leur avait été réservé par le Seigneur, et ils l’élurent d’un commun accord. Le primat ne pouvait venir lui conférer la consécration, car déjà les émissaires royaux l’entraînaient à Carthage. On lui écrivit pour le prier de déléguer des évêques voisins. Puis les chrétiens de Ruspe coururent au monastère de Fulgence, où ils le trouvèrent dans sa cellule retenu par un mal d’yeux. Sans prendre la peine de lui demander son consentement, ils l’emmenèrent et le contraignirent de se laisser ordonner-.

La dignité épiscopale avait trouvé Fulgence moine fidèle à tous ses devoirs ; il voulut rester moine, tout en remplissant les obligations de sa nouvelle charge. Il conserva son habit religieux et ne changea rien à sa manière de vivre. Mais cela ne lui suffisait pas. Ses diocésains comprirent parfaitement les pensées de sa grande âme. 11 n’eut qu’à leur manifester un désir, et sur-le-champ ils mirent à sa disposition tout ce qu’il fallait pour bâtir un monastère. Postumianus, chrétien riche et fervent, lui donna une terre plantée d’arbres. Le saint manda aussitôt l’abbé Félix, qui vint à Ruspe avec la plupart de ses moines, et on se mit à construire l’édifice. Mais il n’était pas encore terminé, lorsque Fulgence se trouva compris dans un décret de bannissement. Le roi Thrasamond venait en effet de condamner à l’exil cent vingt évêques, et il leur ordonnait de se rendre en Sardaigne 3.

L’évêque de Ruspe, qui ne voulait jamais vivre sans avoir des moines en sa compagnie^, en emmena pinceurs avec lui. Mais comme leur petit nombre ne suffisait pas pour constituer une communauté régulière, il pria les deux évêques, lllustris et Januarius, de se joindre à eux ; et ils purent fonder ainsi un monastère dont Fulgence fut la tête et le cœur. Plusieurs clercs vinrent solliciter la faveur d’y être admis. On vit bientôt l’élite de la société chrétienne de Cagliari accourir à la demeure des serviteurs de Dieu, afin

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