‹ Le monachisme africainChapitre 78 sur 80 · l^ita Fulgentii, ibid · texte numérisé non relu

l^ita Fulgentii, ibid

de recevoir leurs enseignements et leurs conseils. Le saint profitait de la confiance qu’on lui témoignait pour conquérir à la vie religieuse le plus d’âmes possible*.

Thrasamond continuait toujours à faire du prosélytisme. 11 provoquait volontiers des discussions entre les évêques ariens et les catholiques, dans l’espoir que ces derniers’ seraient convaincus d’erreur. Ayant appris la renommée de saint Fulgence, il le fit venir à Carthage pour prendre part à ces conférences. Mais l’ardeur de sa foi, l’étendue de ses connaissances et la force de sa dialectique, rehaussées par l’éclat de sa sainteté et par ses miracles, réduisirent les hérétiques au silence, de sorte que le tyran s’empressa de le renvoyer en Sardaigne ^

Le monastère qu’il avait occupé jusqu’alors était devenu insuffisant. L’évêque de Cagliari, Brumasius, lui permit d’en bâtir un autre, en dehors de la ville, auprès de la basilique de Saint- Saturnin. Grâce aux aumônes qu’il recevait, il put le terminer promptement. Les vocations affluèrent, et il eut bientôt à conduire quarante religieux 3.

Les exilés faisaient ainsi servir la persécution à la gloire de Dieu et à l’extension du monachisme, ce qui leur permettait d’attendre patiemment l’heure où ils pourraient revenir en Afrique. A la mort de Thrasamond (523), son successeur Hildéric, fils d’Hunéric et d’Eudoxie, s’empressa d’accorder la paix à l’Église, de rappeler tous les évêques exilés et d’autoriser les élections épiscopales partout où elles étaient nécessaires.

Saint Fulgence regagna promptement la ville de Ruspe, où moines et fidèles l’attendaient avec une légitime impatience. 11 employa tous ses soins à remédier aux maux nombreux qu’avait causés cette longue persécution, sans cesser jamais de mener la vie religieuse 11 habitait toujours dans son monastère, suivant les exercices communs et soumis en tout au vénérable abbé Félix. Ce n’était pas cependant un monastère épiscopal. 11 ne pouvait, par conséquent, y vivre comme un évêque dans sa maison, au milieu de son clergé. 11 avait bien choisi parmi les frères le plus grand nombre de ses prêtres et de ses diacres, mais l’ensemble de la communauté se composait de religieux placés en

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