‹ Le monachisme africainChapitre 79 sur 80 · Victor Tun., col · texte numérisé non relu

Victor Tun., col

dehors de la hiérarchie. Cette situation offrait de sérieux avantages tant que vivrait saint Fulgence. Mais sa mort pouvait tout changer. Quel serait son successeur? Aurait-il son esprit ? Ne considérerait-il pas ce monastère comme sa propriété et les moines comme des hôtes gênants ? Cette perspective était d’autant plus à craindre, que l’église de Ruspe n’avait pas de maison épiscopale. Le sage évêque prit toutes les précautions que lui suggérait la prudence. 11 laissa des témoignages écrits, établissant les droits des moines et leur indépendance vis-à-vis de ses successeurs. De plus, afin de supprimer tout prétexte de discussion, il fit bâtir, à côté de l’égliSe, une demeure pour les évêques '.

Quelque temps après, saint Fulgence fonda un nouveau monastère à Cercina. Avait-il alors l’arrière-pensée de se préparer une retraite où il pourrait passer ses derniers jours loin du monde et de ses occupations multiples? Son biographe n’en dit rien. Toujours est-il que, un an avant sa mort, il quitta brusquement son monastère de Ruspe et vint dans cette solitude, accompagné de quelques religieux, ses disciples les plus dévoués, disposer son âme par la prière et par la pénitence à paraître devant Dieu. 11 y mourut saintement le janvier 533.

L’exemption monastique au VI® siècle

Après leur retour de l’exil, les évêques africains s’occupèrent activement de restaurer la discipline ecclésiastique, fortement ébranlée par la persécution vandale. Ils ne pouvaient négliger les intérêts du monachisme. La situation des moines vis-à-vis de l’épiscopat attira plus particulièrement leur attention ; et ils établirent des règles qui ont exercé sur le droit monastique et sur son développement une influence considérable.

A cette époque les monastères n’étaient pas forcément placés sous la juridiction de l’évêque diocésain. Celui de Precisu relevait d’un évêque qui en était assez éloigné ; celui de Bacca dépendait du primat de la Byzacène. On ne sait qui avait autorité sur celui d’Hadrumet; ce monastère devait jouir d’une grande indé-

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