‹ Le monastèreChapitre 110 sur 247 · CHAPITRE XVIf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIf

La dame blanche répondit :

« Regarde ce fil d'or composant ma ceinture.

Il est aussi léger que le fil le plus fin ' ,

Sur lui s'étend un charme invisible et certain ;

Car autrement les plis de ma robe de liu

Ne défiraient point l'art et même la nature.

Chaîne massive alors qu'elle m'échut en don,

Et telle qu'elle eût pu résister à Samson ,

De force et de longueur elle décroît sans cesse,

A mesure que d'Avenel

Dépérit la haute noblesse Et son éclat brillant qu'on disait immortel.

Si tôt que ce lien fragile

Va se briser, aux élémcns

Je rendrai, d'une ame docile

Tous ces ])rincipes animans

Prêtés à ma formé stérile.

Ne m'interroge plus : ces astres éclata us Défendent à tes vœux, aiusi qu'à mes instans, De prolonger ce discours inutile.

«Encore un mot, dame blanche : peux-tu donc hre dans es astres, demanda le jeune homme, et peux-tu m'apprendre le sort de mon amour, ne peux-tu pas me protéger?,,

La dame blanche répondit encore :

« Elle n'a plus qu'une clarté mourante, L'étoile d'Avenel, jadis étincelante; Elle ne jette plus qu'une pâle lueur, Telle que le fanal quand le jour se déclare, Et que, lassé, le garde abandonne le phare'. Dont le vaisseau cherchait le rayon bienfaiteur. Un funeste pouvoir, dont j'ignore la source. De cet astre aujourd'hui précipite la course.

De désastreuses passions,

Des haines cncor plus terribles.

Des rivalités invincibles Eteignent sa splendeur et ses illusions. ..

« Des rivaUtés? répliqua Glendinning; c'est ce queje crains' et ce ver a soie, ce fat anglais, pense-t-il m'insulter dans la maison de mou père et en présence de Marie Avenel ? fais que je puisse le rencontrer, esprit ! fais que je délruise la ridicule d.stmction de rang sur laquelle il appuie son refus de se battre avec mo. ; fais qu'il n'y ait plus de différence entre

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