‹ Le monastèreChapitre 132 sur 247 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

X Indifférent , seulement indiffèrent!... lion! il

« n'agit pas comme quelqu'un qui est l'arbitre de

«son savoir; cependant j'ai vu un paysan défier

<i un petit-maître qui passait pour un ferrailleur. »

^Incicnne comédie

DÈS l'aube du jour, Halbert Glendinning se leva et se hâta de s'habiller, ceijjnit son épée et prit son arc, comme si le )>laisir de la chasse eût été son unique but. Il descendit à talons l'escalier tournant , et ouvrit, avec le moins de bruit qu'il ])ut, la porte de l'intérieur et ensuite la grille extérieure. Enfin se trouvant libre dans la cour, il regarda la tour et vit que d'une croisée on lui faisait un signal avec un mouchoir. Ne doutant pas que ce ne fiJt son adversaire, il s'arrêta pour l'attendre. Mais c'était Marie Avenel, qui , comme un esprit, sortit de dessous le bas et rustique portail '.

Halbert fut bien étonné^ et se sentit, sans deviner pourquoi, comme un homme surpris à faire une mauvaise action. Jusqu'alors la présence de Marie Avenel ne lui avait jamais causé un sentiment pénible. Elle lui parla d'un ton où le chagrin semblait mêlé au reproche, tandis qu'elle lui demandait avec sévérité, «qu'est-ce qu'il allait fai^e?»

11 montra son arc, et était prêt à mettre en avant le prétexte qu'il avait imaginé, quand Marie l'interrompit.

«Non, Halbert, non; ce mensonge n'est pas digne d'un homme qui jusqu'ici n'a dit que la vérité. Vous ne pensez pas à aller tuer le daim, votre main et votre cœur visent à une autre chasse'-^ ; vous voulez vous battre avec cet étranger.»

«Et quel sujet de querelle aurais-je avec notre hôte?» répondit Halbert en rougissant.

«Vous avez, certes, beaucoup de raison pour n'en point avoir, reprit la jeune fille, et pas une pour en chercher. Ce-

' Incidente omise par M. Defauconpret, page 263.— ^ Omis par le niênie , page 2G4. A. M.

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pendant vous. courez dans ce moment a|>rès une (juerelle.»

«Oui peut vous faire penser semblable chose, Marie? dit Halberl s'efforçant de cacher sou dessein; c'est l'hôte de ma mère , il est proté^jé par nos maîtres, l'abbé et la communauté; il est aussi de haute naissance ; c'est pourquoi vous devez penser que je ne puis ni ne dois oser me fâcher pour un mol violent qu'il m'a peut-être adressé plutôt pour faire briller son esprit que pour m'offenser. »

«Hélas! repartit la jeune fille, ce que vous venez de me dire ne me permet plus d'avoir de doute au sujet de votre résolution. Dès votre enfance vous avez toujours été auda- «'ieux, toujours vous avez cherché le danger plutôt que de l'éviter. Vous vous êtes plu dans tout ce qui avait un air d'aventure ou de courage, et ce n'est pas la crainte (pii vous fera abandonner votre projet. Oh! que ce soit donc la pitié, la pitié, Halbert, pour votre mère, à qui votre mort ou votre victoire ôtera le bonheur et l'appui de sa vieillesse.»

«Elle a mon frère Edouard,» dit Halbert en se détournant.

«Sans doute, dit Marie Aveuel, elle a le calme, le sajje, le noble Edouard, qui a ton courage, Halbert, sans avoir ton im])étueuse témérité, et ton esprit généreux, avec plus de raison pour le diriger. Il ne pourrait, sans se laisser toucher, entendre sa mère et sa sœur adoptive le conjurer de ne point aller chercher sa ruine, et de ne leur point enlever leur futur espoir de pro.tection et de bonheur.»

Le cœur d'Halbert s'irrita à ce roproche, et il répondit: «Hé bien! que signifie ce discours? 11 vous reste celui <|ui est meilleur que moi, plus sage, plus discret, plus brave que tout ce qui existe, vous possédez un protecteur et n'avez plus besoin de moi.»

Il se détourna une seconde fois pour la quitter, mais Marie Avenel posa sa main sur son bras d'une manière si douce, qu'à peine l'eut-elle touché qu'il lui fut impossible de la repousser. Il s'arrêta un pied avancé pour sortir de la cour, mais si peu résolu à partir qu'il avait l'air d'un voyageur que retiennent les charmes d'un magicien, et qui ne peut quitter l'attitude que lui donnait sa marche, ni poursuivre sa course.

Marie Avenel mil à profit son état d'indécision et dit : « Ecoulez-moi, Halbert, écoutez- moi; je suis orpheline, et le ciel

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