‹ Le monastèreChapitre 137 sur 247 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

mon ^c 61)afton.

« Oui, la vie l'a quitté. Chaque pensée, chaque pétu- « lantc passion, chaque énergique affeclion, le senti- « ment «lu mal extérieur et du chagrin intérieur, ont « abandonné à la fois ce pâle cadavre qui est devant «moi; et je suis cause que ce qui parlait , se mouvait, «pensait, agissait, souffrait ainsi qu'un être vivant, « n'est plus que la forme effrayante d'un peu d'argile « ensanglantée, qui sera bientôt la vile pâture des vers.» Ancienne comédie.

Je crois qu'un petit nombre d'heureux duellistes, si l'on peut donner le titre d'heureux à une supériorité si fatale, ont vu leur mortel ennemi à leurs pieds, étendu sur la terre, sans désirer qu'il leur fût permis de racheter de leur pro|)re sang celui que leur mauvaise fortune leur avait fait répandre. Bien moins qu'à aucun d'eux cette indifférence était le lot d'FIalbert Glendlnning, qui , inaccoutumé à la vue du sang humain , fut non seulement accablé de chagrin , mais frappé de terreur, lorsqu'il vit sir Piercy Shafton gisant devant lui sur le gazon, et vomissant le sang comme s'il était chassé par une pompe aspirante-. Il jeta à terre son épée toute sanglante et se hâta de s'agenouiller pour soutenir sa victime, essayant en même temps, mais en vain, d'étancher le sang de sa blessure, qui semblait plutôt couler intérieurement qu'à l'extérieur'^.

L'infortuné chevalier, lorsque son état de faiblesse le lui |.>ermit, fit entendre des mots entrecoupés, qui avaient en-

1 Cette fin de paragraphe n'a été rendue cpi'à moitié par M. Defaticonpret. — ^ Le premier traducteur n'a point rendu cette image. — 3 Rj'.flçxion omise par le même.' A. M.

Page 1