‹ Le monastèreChapitre 138 sur 247 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

core un reste de la recherche, de ^l'affectation et de la générosité de son caractère.

«Très rustique jeune homme, dit-il, la fortune a été pins forte que la science de la chevalerie, et l'Audace a renversé la Condescendance, de même que l'épervier, qui a parfois poursuivi et vaincu le gentil faucon. Fuis et sauve-toi! Prends ma bourse, elle est dans la poche de mon haut-de-chausses de soie de covdeur incarnai, et elle mérite d'être acceptée par un paysan : aie soin que mes malles et mes habits soient envoyés au monastère de Sainte-Marie.» En cet instant sa voix s'affaiblit, et son esprit et sa mémoire semblèrent sur le point de l'abandonner'. Je donne, continua-t-il , mon justaucorps de velours, avec les culottes pareilles... pour... oh !.., le bien de mon ame. »

«Reprenez courage, sire chevalier, ditHalbert, que la pitié et le remords avaient presque mis hors de lui; j'espère qu'avant peu vous serez bien portant. Oh! que n'avons -nous lui chirurgien!»

«Y en eût-il vingt, ô très généreux Audace, ce qui serait un très beau spectacle, je ne pourrais survivre, ma vie est à son dernier période. Salue de ma ])art la rustique nymphe que j'appelais ma Discrétion. O Claridiana! véritable impératrice des cœurs ulcérés, qui maintenant éprouves la plus grande tristesse-! Place-moi tout de mon long sur la terre, très rustique vainqueur, né pour éteindre l'orgueil de la lumière brûlante de la très heureuse cour de Feliciana. O saints et anges! dames et chevaliers! masques et théâtres! gentilles devises! joyaux et broderies! amour, honneur et beauté !... » Tandis que, murmurant ces derniers mots, qui lui échai)paient, comme par mégarde, il se rappelait sans doute la gloire de la cour d'Angleterre, le galant sir Piercy Shafton, raidit ses membres, poussa un profond soupir, ferma les yeux, et demeura sans mouvement.

Le vainqueiM-, dans son désespoir, s'arracha les cheveux en regardant la pâle figure de sa victime; la vie, pensa-t-il, ne l'a pas entièrement abandonné, mais sans d'autre secours que le sien, il ne voyait pas commenJ il ferait pour la lui conserver.

' Rt-dcxioii (imiso par M. Dclam'onprct. — ^ Phrase omise par le nicine. a. m.

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