CHAPITRE XXIV
clos el son jardin, qui frappât les yeux, entourée d'une rauj;ée de sombres sycomores! ; on ne voyait pas dans la vallée d'éylise avec son clocher rustique, ni sur les montagnes des troupeaux de moutons, ni des bestiaux dans la prairie; rien enfin qui indiquât la moindre trace des arts , de la paix et de l'mdustrie, ne s'offrait à la vue dans ces lieux. Il était évident que les habitans, soit qu'ils fussent nombreux ou non, devaient être considérés comme faisant partie de la garnison du château , vivant dans ses remparts , et par des moyens qui n'étaient rien moins que pacifiques.
Probablement ce fut, persuadé de cette vérité, que le vieillard, observant le château se dit à \ui-mème: (^ Lapis off ensionis etpetrascandali^;ri et se tournant vers Halbert Glendinning, d ajouta : «Nous pouvons dire de ce fort comme le roi Jacques l'a dit en parlant d'un autre château fort de cette province, que celui qui l'éleva était un bandit au fond de l'ame.»
«Mais il n'en fut pas ainsi, répondit Glendinning; ce château a été bâti par les anciens seigneurs d'Avenel, hommes qui étaient autant aimés en temps de paix que respectés en temps de guerre. Ils étaient le boulevard des frontières contre l'étranger, et les protecteurs des habkans contre l'oppression domestique. L'usurpateur actuel de leur héritage ne leur ressemble pas plus que le hibou au faucon , quoique tous deux aient leur nid dans le même roc.
«Ce Julien Avenel a une bien petite place dans l'estime et dans l'amitié de ses voisins,» dit Warden.
«II en a si peu, rqjondit Halbert, qu'excepté ses soldats et \^,& Jacks avec lesquels il est associé et dont il peut disposer, je ne connais pas un homme qui voulut vivre auprès de lui. Il a été plus d'une fois proscrit d'Angleterre et d'Ecosse; ses terres ont été confisquées et sa tète mise à prix. Mais dans ces temps de discorde , un homme aussi téméraire (jue Julien Avenel rencontre toujours quelques amis qui veulent bien le protéger contre les peines prononcées par la loi , à condition qu'il leur prêtera secrètement son aide.»
«Vous faites ici la peinture d'un homme bien dangereux ,» répliqua Warden.
' Details omis par le premier traducteur. - ^ ..La pierre de l'offense et le rocher du scandale, a. m.
«Vous pourrez eu faire l'expérience, répliqua le jeune homme, si vous n'agissez pas avec plus de précaution, quoique peut-'étre il ait abandonné la communion de l'Eglise pour s'égarer dans le senlier de l'hérésie.»
«Ce que votre aveuglement nomme le senlier de l'hérésie, répondit le réformateur, est le chemin droit et étroit dans lequel on marche sans se détourner vers les richesses, vers le jjouffre des passions de ce monde. Plaise à Dieu que cet homme ne soit mû par nul autre esprit plus pernicieux que celui qui m'inspira, tout impuissant que je suis, le désir d'étendre le royaume du ciel'! Ce baron d'Avenel m'est personnellement inconnu , il n'est pas de notre congrégation ou de notre conseil; cependant je lui porte des recommandations touchant ma sûreté de la part de personnes qu'il doit craindre s'il ne les respecte pas; et ])lein de cette assurance, je m'aventure d'aller auprès de lui. Je suis maintenant suffisamment rafraîchi par cet instant de repos 2.»
« Recevez donc cet avis pour votre sûreté, dit Halbert, et croyez qu'il est fondé sur rex])énence du pays et de ses habilans : si vous pouvez trouver un asile plus sûr, n'allez pas au château d'Avenel ; si vous voulez risquer d'y aller, tâchez s'il est possible, qu'il vous donne un sauf-conduit, et faites-le jurer par la Croix-Noire, et surtout observez s'il mange à la même table que vous , ou s'il vous engage à boire , car s'il ne vous donne pas ces signes de bienveillance , ses arrière - pensées vous seront funestes.»
«Hélas, dit le prédicateur, je n'ai pas de meilleur refuge sur terre que ces terribles tours , et j'y vais me fiant à une aide , à une puissance qui ne sort point de ce monde. Mais toi, bon jeune homme, tu n'as pas besoin de te hasarder dans cet antre terrible.»
«Moi, répondit Halbert, je ne serai point en danger. Je suis connu de Christie de Clinthill, le Heachman de ce Julien Avenel ; et ce qui est encore une meilleure protection , est que je n'ai rien qui puisse provoquer la méchanceté ou l'avidité. »
Le pas d'un cheval qui galopait sur le bord du lac se fit en-
' l*lirasc omise par M. Defauconprct , i)age 2()'J ' l'brasc omise par le
inéinc. A. M.