‹ Le monastèreChapitre 159 sur 247 · CHANT ÉCOSSAIS · texte numérisé non relu

CHANT ÉCOSSAIS

<> Marchez, enfans d'Ettric et de Teviotdale 2 ;

Pourquoi donc n'avancez-vous pas?

Marclicz, marchez, enfans d'Eskdale et Liddcsdale 5. Des bonnets Meus la troupe martiale Vers la frontière a dirigé ses pas.

Les bannières toutes prêtes Déjà flottent sur vos têtes; Mille casques vantés dans nos fastes guerriers Vous sont rendus par vos comjiagnes.

Levez-vous, enfans des montagnes :

Pour la reine et l'Ecosse amassez des lauriers.

" Descendez des coteaux où vos troupeaux bondissent ; Du vallon où les daims avix pieds légers grandissent

Sur le roc où le phare a lui.

Armé de l'arc et de la lance,

Que pour la patrie aujourd'hui Chacun de vous vers les combats s'élance. Le fier coursier hennit, la trompette a sonné : Aux armes! et marchez en bon ordre à la gloii'c! Et de votre courage, à vaincre destiné, L'Angleterre long-temps gardera la mémoire. "

Le chant, tout grossier qu'il était, avait en soi un caraclère belliqueux qui, dans toute autre circonstance, eût exalté l'ame d'Halberl ;niais, pour le momcnl , le charme de la chan-

' Passage dénaturé par M, Defaurouprit, page jij. — ' Districts d'Ecosse. — ^ ^ Autres districts d'Ecosse, a. .m.

son du ménestrel n'avait point eu d'effet sur lui. 11 pria Christie de lui permettre de se retirer pour prendre du repos, prière à laquelle ce digne personnage, ne voyant pas le moyen de faire une impression favorable sur son prosélyte, d'une humeur peu docile pour le moment, n'était point du tout fâché d'obtempérer; quoique jamais un sergent recruteur dans sa profession ne fût plus attentif à ne pas laisser échapper sa proie que ne l'était Christie de Clinthill : il conduisit cependant Halbert Glendinning à une petite chambre qui avait vue sur le lac, et où était dressé un lit à roulettes ; mais avant de le quitter Christie prit un soin particulier de donner un coup d'œil sur les barreaux qui se croisaient à l'extérieur de la fenêtre, et quand il sortit il se garda bien d'oublier de ne pas fermer la porte à double tour, circonstance (|ui ne manqua pas de convaincre le jeune Glendinning qu'il ne sortirait })as du château d'Âvenel le jour qu'il voudrait, ni à son bon jjlaisir. Quoi t[u'il en soit, il jugea plus prudent de se taire sur ces remarques alarmantes.

Sitôt qu'il se trouva seul, il se recueillit et repassa rapidement dans son esprit tous les événemens de la journée, et il fut fort étonné que sa destinée précaire, et même jusqu'à la mort de Piercy Shafton, frappait moins son imagination que la conduite hardie, déterminée, et surtout singidière de son compagnon Henri Warden. La providence qui poursuit ses desseins jusqu'au bout, et jusqu'à leur parfait complément avait suscité, pour la réformation en Ecosse, une masse de prédicateurs, qui avaient plus d'énergie et de chaleur que d'instruction, forts seulement de leur ame, fermes dans leur croyance, dédaignant tout ce qui s'interposait entre eux et leur but principal, et cherchant les progrès de la grande cause dans laquelle ils s'étalent jetés par la route la plus difficile, persuadés qu'elle était encore la plus courte. Le doux souffle de la brise peut balancer les branches du saule, mais il faut l'impétuosité et les sifflemens de la tempête pour agiter seulement les vastes rameaux du chêne, et la méthode de ces prédicateurs devant un plus doux auditoire et dans un siècle moins grossier aurait été mal choisie; mais elle avait un merveilleux succès chez le peuple sauvage auquel elle était adaptée.

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