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CHAPITRE XXV

Aussi Halbert Glendlaning, qui était en opposition au prédicateur, dont il re])Oussait et rejetait les arguniens, était irrésistiblement frappé de sa fermeté et de sa conduite dans sa dispute avec Julien Avenel. Sans doute il lui paraissait inconvenant, mais surtout imprudent, de choisir un pareil endroit, et un pareil auditeur que le baron qu'il bravait ouvertement, et dont le caractère et la situation rendaient l'indé|)endance redoutable. Cependant la conduite du prédicateur était |)ure, ferme, courageuse et basée sur les principes et les devoirs les plus inébranlables, et surtout sur la conviction la plus grande. Glendinning, (|ui avait vu avec mie piol'onde horreur la conduite d'Avenel , sentait croître d'autant plus l'intérêt qu'il portait déjà à cet estimable vieillard, (|ui avait ris(jué sa vie ])lutôt (jue de faire une concession au crime. Cette sublimité de vertu et de perfection lui semblait «"'tre en religion ce qu'en chevalerie étaient les cœurs dévoués à l'honneur militaire, un sacrifice absolu de soi-même et de ses volontés, et une combinaison de toutes les facultés de res[)rit humain pour s'acquitter de la tâche que le devoir commande.

Halbert touchait à cette époque de la vie où le cœur s'ouvre aux émotions généreuses, et sait mieux les apprécier dans les autres, et il sentait quoiqu'il s'en rendît à ])eine raison, que le salut de cet homme hérétique, ou catholique l'intéressait au plus haut degré. La curiosité se mêlait chez lui au sentiment, et chacune de ces sensations l'entraînait à admirer cette doctrine, et à se rendre compte d'une croyance qui faisait renoncer ses ministres à eux-mêmes, et se dévouer aux chaînes et à la mort, comme un champion déterminé. A la vérité, il avait pris exemple sur les saints et les martyrs des premiers âges, qui avalent bravé j)our la fol toutes les horreurs de la torture et de la mort, mais cet esprit d'enthousiasme et de dévotion s'était long - temps endormi dans les cœurs indolens et lâches de leurs successeurs, et leurs aventures, comme celles des chevaliers errans, se lisaient plutôt comme un sujet d'amusement que d'édification. Une nouvelle impulsion était nécessaire ])our ranimer les feux mourans du z.cle religieux, et cette im|)u1sion s'opérait maintenant en faveur d'une religion plus pure, dont pour la première fois ce

jeune homme avait rencontré un des plus vrais et des plus

dévoués zélateur.

La pensée qu'il était lui-même prisonnier et au pouvoir de ce tyran farouche ne diminuait nullement l'intérêt d'Halbert pour le sort de son compagnon d'infortune; bien plus, il résolut en même temps d'imiter son courage, et fit serment que jamais menaces ni tortures ne le forceraient à servir un pareil maître. La possibilité de s'évader s'offrit bientôt à son esprit, et quoique avec bien peu d'espérance de réaliser cette idée, Glendinning se mit à examiner avec plus d'attention la fenêtre de sa chambre ; elle était située au premier étage du château, et n'était pas assez loin du roc, sur lequel il était bâti, pour qu'un homme hardi et adroit ne pût sans beaucoiq) de difficulté descendre sur une pointe du roc, qui s'avance justement sous la fenêtre , et de là s'élancer dans le lac qui s'offre devant lui, au bas du château , et dont les eaux, bleues et claires comme un miroir uni, réfléchissaient la pleine lune d'une belle nuit d'été. «Si seulement j'avais lui pied sur cette pointe, se disait en lui-même Glendinning, Julien Avenel et Christie m'auraient vu pour la dernière fois.»

La grandeur de la fenêtre était assez favorable à son dessein, mais les barreaux de fer qui se croisaient sur elle semblaient former un obstacle insurmontable.

Pendant qu'Halbert Glendinning visitait la fenêtre avec la vivacité d'espoir qui jaillissait de l'énergie de son caractère et de sa détermination de ne point céder aux circonstances, son oreille entendit quelques sons qui venaient d'en bas, et écoutant avec plus d'attention, il distingua la voix du prédicateur qui s'acquittait dans son cachot de ses actes de dévotion. Communiquer avec lui fut l'unique objet de sa pensée. Aussi bas qu'il le put, il se hasarda de l'appeler, et on lui répondit.— «Est-ce toi, mon fils? cette fois la voix du prisoniîier était plus distincte que lorsqu'elle se fit d'abord entendre, car Warden s'était approché de l'étroite ouverture qui servait de fenêtre à sa prison, ouverte précisément entre le mur et le roc, de manière qu'elle recevait à peine le jour à travers une muraille d'une énorme épaisseur. Ce soupirail ' était placé j)récisément sous la fenêtre d'Halbert, le voisinage permettaii

' Ce mot français se trouve dans le texte anglais, a. m.

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