CHAPITRE XXVIII
avait attiré l'attention d'Edouard, qui courul aussitôt à une meurtrière pour demander ce qui se passait.
Mysie répondit avec empressement qu'elle faisait sortir les vaches , qui dépériraient si on ne les soignait pas,
«Je te remercie, aimable fille, dit Edouard; et qui est cette demoiselle qui t'accompagne ?»
Mysie se disposait à répondre, quand sir Piercy Shafton, qui désirait sûrement contribuer à sa délivrance par son adresse, s'écria : «Je suis, ô jeune homme bucolique, je suis celle à qui est confié le soin des mères laitières du troupeau^ »
«Enfer et ténèbres ! s'écria Edouard transporté de furie et de surprise, c'est Piercy Shafton. Trahison, trahison! holà ! Dan, Jasper, Martin, le scéléx^at s'échappe!»
«A cheval ! à cheval!» s'écria Mysie; et en un clin d'œil elle fut en croupe derrière le chevalier , qui était déjà en selle.
Edouard saisit une ai^balète, et lança un trait qui siffla si près des oreilles de Mysie, qu'elle cria à son compagnon -.«En avant, en avant i une autre ne nous manquerait pas. Si Halbert, au Heu d'Edouard, eût lancé cette flèche, nous serions morts maintenant.»
Le chevalier pressa les flancs de son cheval, qui partit au galop en passant à côté des vaches, et descendit la colline sur laquelle était située la tour. Ensuite, prenant la route qui conduisait dans la vallée , le noble animal, sans s'inquiéter de son double fardeau , conduisit bientôt Shafton et Mysie loin du tumulte et de l'alarme que leur fuite causait à la tour de Glendearg.
C'est ainsi que, par une bizarrerie étrange, deux hommes fuyaient de différens côtés , chacun d'eux accusé du meurtre de l'autre.
' M. Dcfauconprct met ici des los qui ne sont pas dans le texte, a. m.
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